«Courage!»
En Colombie, un stand «câlins» pour réconforter les sinistrés du séisme

Après le puissant séisme en Colombie, un musicien de Cali offre des câlins aux sinistrés pour les aider à surmonter le traumatisme. Le bilan s'élève à 273 morts, plus de 3800 blessés et au moins 377 disparus. Les habitants organisent aussi des élans de solidarité.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Les victimes du puissant séisme de lundi en Colombie ont parfois tout perdu, proches, logement, projets d'avenir. A Cali, un musicien tente de les réconforter à travers une initiative originale: un stand où il leur offre une étreinte amicale. Dans le quartier Capri, dévasté par le tremblement de terre, les gravats et barres de fer tordues rendent le paysage urbain méconnaissable.

C'est là qu'Andrés Solomon, 46 ans, cherche à remonter le moral de ses compatriotes. A l'ombre de deux arbres, entouré de pancartes clamant «Ici, câlins», ou «Courage!», cet habitant de Cali, troisième ville du pays, manifeste sa solidarité par des étreintes à ceux qui n'ont plus rien. «Nous traversons un traumatisme collectif et je pense que la meilleure façon d'aider pour moi, c'est de donner de mon énergie», confie-t-il aux journalistes de l'AFP.

Soutien moral

Au-delà de l'aide matérielle, il est essentiel d'apporter un soutien «en écoutant les gens, en les étreignant (...) et en les invitant aussi à se libérer de toute cette douleur refoulée», affirme-t-il. Plusieurs personnes s'approchent du stand, pour un câlin ou un mot d'espoir, alors que la fenêtre critique de 72 heures pour trouver des survivants s'est refermée jeudi matin.

«Je suis née à Cali et voir cette souffrance me touche au plus profond de moi, penser que des personnes sont encore ensevelies vivantes...», dit Lyda Arias, 72 ans, présidente de la Confédération évangélique de Colombie. Les sinistrés ne sont pas les seuls à avoir besoin d'une étreinte. C'est aussi le cas de ceux venus aider, qu'ils soient secouristes professionnels, bénévoles ou fonctionnaires locaux.

«Les gens répriment leurs émotions parce qu'ils pensent devoir se montrer forts pour pouvoir aider», dit M. Solomon. Oriana Ordoñez, une étudiante en droit de 21 ans, explique avoir beaucoup de camarades de l'université qui se «retrouvent sans logement et traversent un moment très difficile. Beaucoup veulent faire bonne figure mais au fond, ils sont très tristes».

Selon l'autorité de gestion des catastrophes, le bilan des victimes est pour l'heure de 273 morts, plus de 3800 blessés et au moins 377 disparus. La solidarité des Colombiens dans les zones les plus touchées s'est traduite par plusieurs initiatives, allant des cuisines communautaires pour préparer et distribuer des repas, aux dons de vivres ou de sang, en passant par les refuges temporaires et l'aide physique ou matérielle à la recherche de rescapés.

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