Et ordonne des enquêtes pour lutter contre le trafic
Le Liberia limoge 12 responsables après d'importantes saisies de cocaïne

Après des saisies historiques de cocaïne au Liberia, le président Joseph Boakai a renvoyé 12 responsables, dont des cadres de la police et de la sécurité, et ordonné des enquêtes pour lutter contre le trafic de drogue.
Joseph Bokai a licencié «tous les fonctionnaires et agents des forces de l'ordre mis en examen» dans le cadre de ces deux saisies massives de drogue, selon un communiqué.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Le président du Liberia, Joseph Boakai, a limogé jeudi soir une douzaine de responsables gouvernementaux et ordonné l'ouverture d'enquêtes contre certains d'entre eux, après d'importantes saisies de drogue ces derniers mois ayant suscité une vague d'indignation et des demandes de mesures plus strictes.

M. Boakai a limogé 12 fonctionnaires, allant d'un responsable des opérations aéroportuaires à des membres des forces de l'ordre, selon un communiqué publié tard jeudi soir.

Une cargaison estimée à 19 millions de dollars

Mi-juillet, les autorités avaient annoncé la plus grande saisie de drogue de l'histoire de ce pays d'Afrique de l'Ouest, près de quatre tonnes de cocaïne estimées à plus de 317 millions de dollars (276 millions d'euros.

Plus tôt dans le mois, le Liberia avait annoncé l'inculpation de cinq personnes, après la saisie le 7 juin de 237,6 kilogrammes de cocaïne estimés à 19 millions de dollars (16,6 millions d'euros). La drogue était dissimulée comme une cargaison commerciale ordinaire destinée à l'exportation à l'aéroport international Roberts de Monrovia, la capitale.

A la suite de la saisie de juin, le président s'était dit «déterminé à détruire les réseaux» de trafiquants dans le pays.

«Ouverture d'une enquête à l'encontre de plusieurs responsables»

L'Afrique de l'Ouest est «une région qui sert de relais pour le trafic international de cocaïne entre les pays cultivateurs d'Amérique latine et les pays consommateurs en Europe», selon l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC), une ONG suisse.

Dans son communiqué publié jeudi, M. Boakai a annoncé avoir ordonné «immédiatement le licenciement, la suspension et l'ouverture d'une enquête à l'encontre de plusieurs responsables gouvernementaux et agents des forces de l'ordre après avoir examiné les rapports sur les enquêtes en cours concernant d'importantes affaires de trafic de stupéfiants».

Parmi les personnes licenciées figurent le directeur adjoint des opérations de l'aéroport, le commissaire de police chargé des enquêtes criminelles, du renseignement et d'Interpol, ainsi que le directeur adjoint chargé de l'administration au sein de l'Agence nationale de sécurité (NSA).

Un vaste appel à s'attaquer au trafic de drogue dans le pays

Le communiqué précise également que M. Bokai a licencié «tous les fonctionnaires et agents des forces de l'ordre mis en examen» dans le cadre de ces deux saisies massives de drogue, soit le directeur de la sécurité de l'aéroport et le commandant adjoint de l'Agence libérienne de lutte contre le trafic de stupéfiants.

Il a en outre démis de leurs fonctions quatre employés de la NSA et du ministère de l'Égalité des sexes, de l'Enfance et de la Protection sociale, et a transmis leurs dossiers au ministère de la Justice en vue de poursuites judiciaires.

Les récentes saisies de drogues au Liberia ont déclenché une vague d'appels sur les réseaux sociaux et dans les médias à s'attaquer au trafic de drogue dans le pays.

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