Un nouveau procès contre Boeing lié à l'accident d'un 737 MAX 8 en 2019 a commencé lundi à Chicago. Il porte sur le décès d'un ingénieur irlandais du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, ayant effectué des missions au Liberia pendant une épidémie d'Ebola ou auprès de réfugiés rohingyas.
L'ingénieur fait partie des 21 employés de l'ONU, dont sept du PAM, ayant trouvé la mort fait partie des 21 employés de l'ONU, dont sept du PAM, ayant trouvé la mort le 10 mars 2019, lorsque le vol ET302 d'Ethiopian Airlines s'est écrasé dans le désert quelques minutes après son décollage d'Addis Abeba.
L'avion, un 737 MAX 8 livré quelques mois auparavant, se rendait à Nairobi où de nombreuses victimes allaient assister à l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE).
«Il était un humanitaire dans tous les sens du terme», avait relevé sa veuve, Naoise Ryan, en acceptant le Prix de l'humanitaire de l'année remis à titre posthume par la Croix-Rouge irlandaise en 2020. Le Premier ministre irlandais de l'époque, Leo Varadkar, avait rendu hommage à celui qui devait célébrer ses 40 ans le 28 mars 2019, soulignant sur X qu'«il effectuait un travail crucial qui changeait des vies en Afrique».
Une page in memoriam sur le site des Nations unies rappelle qu'il avait «porté assistance à des peuples vulnérables en Afghanistan, au Sri Lanka, au Népal, en Ethiopie».
Pendant l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 au Liberia, il a construit des centres médicaux pour les malades. Au Bangladesh, il a notamment organisé la construction d'abris et planifié des évacuations «qui ont sauvé des dizaines de milliers de réfugiés rohingyas», détaille l'hommage onusien.
C'est la plainte de sa veuve, déposée aussi au nom de leurs fille – âgés respectivement de 3 ans et six mois au moment de l'accident –, que le jury populaire d'un tribunal fédéral civil de Chicago (Illinois) doit examiner pendant une dizaine de jours.
Réparation du préjudice
Un procès au civil n'a pas vocation à attribuer des responsabilités mais à déterminer la compensation financière des proches des victimes.
«Notre cliente est déterminée à rechercher une prise de responsabilité et à obtenir justice, et non à accepter de l'argent directement de Boeing», a expliqué à l'AFP Steven Marks, avocat principal de Naoise Ryan, écartant toute idée d'accord à l'amiable.
«Elle a été très claire sur ce point lorsqu'elle m'a engagé. Elle veut un procès», a-t-il poursuivi, précisant que Naoise Ryan avait fait don à une fondation sur la sécurité aérienne d'une somme déjà versée par Boeing aux ayant-droits des victimes il y a plusieurs années. «Elle considère que c'est de l'argent tâché de sang», a-t-il relevé.
Dizaines de plaintes au civil
L'accident d'Ethiopian Airlines, qui a fait 157 morts, s'est produit quelques mois après celui d'un 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air, qui a fait 189 morts le 29 octobre 2018. Boeing a admis, dès 2019, que le logiciel anti-décrochage MCAS avait contribué à ces accidents.
Ils ont entraîné des dizaines de plaintes au civil, dont la quasi-totalité a été réglée par des accords à l'amiable, dont les détails restent confidentiels.
Le tout premier procès civil contre Boeing lié aux deux accidents s'est déroulé en novembre 2025. Le jury a octroyé 28,45 millions de dollars au veuf d'une victime. En mai, la famille d'une jeune Américaine de 24 ans a obtenu une indemnisation de 49,5 millions de dollars.
Après ce procès, il ne restera plus que deux plaintes encore ouvertes liées à cet accident. Concernant celui de Lion Air, la dernière a abouti à un accord fin février. Après moult rebondissements, toutes les poursuites pénales contre Boeing pour les deux accidents ont été abandonnées en novembre 2025.