L'ONU inquiète
Deux tiers des enfants migrants arrivés en Europe étaient seuls

En 2025, 67% des mineurs migrants arrivés en Europe étaient seuls, selon l'ONU. Plus de 20'000 enfants non accompagnés ont affronté violences et exploitation sur des routes migratoires dangereuses.
1/2
Plus de 20'000 mineurs isolés ont rejoint l'Europe en 2025 selon plusieurs agences de l'ONU.
Photo: ABDULLAH DOMA
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Les enfants migrants arrivés seuls en Europe représentaient les deux tiers des arrivées de mineurs en 2025, ont rapporté plusieurs organisations onusiennes, alertant sur l'exploitation de ces derniers par les passeurs et les violences subies sur les routes d'immigration.

«Plus de 20'000 des 31'100 enfants ayant rejoint l'Europe l'année dernière via des itinéraires migratoires mixtes sont arrivés sans parent ni tuteur», ont indiqué l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et l'Unicef dans un communiqué accompagnant la publication d'un rapport.

«Ce rapport montre à quel point ils sont exposés à la violence et à l'exploitation lorsque les voies de passage sûres sont limitées et qu'ils sont contraints de recourir à des passeurs. Aucun enfant ne devrait avoir à affronter ces risques seul», a déclaré Amy Pope, directrice générale de l'OIM, citée dans le communiqué.

Violences physiques

Si le nombre total d'enfants arrivés par voie maritime et terrestre en Bulgarie, à Chypre, en Grèce, en Italie, à Malte et en Espagne a diminué de 25% par rapport à 2024, la proportion d'enfants enregistrés comme non accompagnés a atteint 67%, contre 51% l'année précédente.

Parmi tous les enfants arrivés, 78% étaient des garçons et 22% des filles. En Italie, la plupart des plus de 14'000 mineurs arrivés étaient originaires d'Afrique de l'est et du Bangladesh, alors que la Grèce a compté des Afghans et des Syriens et l'Espagne une majorité d'Algériens, Marocains et ouest-africains.

L'OIM, qui a interrogé plus de 4600 adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans le long des routes de la Méditerranée, de l'Atlantique (Afrique de l'Ouest) et des Balkans occidentaux, indique que près de la moitié d'entre eux ont fait état de violences physiques. La Libye demeure selon l'organisation le pays le plus souvent cité comme lieu où ces abus se sont produits.

Agir au-delà des frontières

Et selon le document, la réduction des possibilités de déplacement sûr le long de ces itinéraires pourrait pousser les jeunes vers des trajets plus risqués, «les rendant davantage dépendants des passeurs et les exposant davantage à la violence, à l'exploitation et aux abus».

Les trois organisations ont «salué» l'entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration en juin «et son potentiel pour renforcer la protection des enfants migrants, réfugiés et apatrides», mais elles ont insisté sur «la nécessité de toujours privilégier l'intérêt supérieur de l'enfant dans toutes les décisions».

«Il est de notre responsabilité commune d'agir au-delà des frontières pour les protéger, faire respecter leurs droits et leur fournir les soins et le soutien dont ils ont besoin», a exhorté Amy Pope.

Articles les plus lus