Une figure néonazie qui devait être incarcérée avec des femmes, mais est soupçonnée d'avoir abusé des lois allemandes sur l'auto-identification de genre, a finalement été placée dans une prison pour hommes, ont indiqué jeudi les autorités locales. Marla-Svenja Liebich, qui avant d'enregistrer son changement de genre vivait sous le prénom masculin Sven, avait été extradée mercredi de République tchèque vers une prison pour femmes dans la ville de Chemnitz, dans l'est de l'Allemagne.
Mais la direction de l'établissement a finalement décidé que cette personne purgerait sa peine dans un établissement pénitentiaire pour hommes, a indiqué un porte-parole du ministère régional de la Justice. Elle a donc été transférée dès mercredi soir dans une prison située à Zeithain, dans la même région de Saxe.
Arrêtée en République tchèque
Marla-Svenja Liebich 55 ans, est une figure de premier plan de la scène d'extrême droite en Allemagne de l'Est depuis des décennies. Elle avait disparu en août dernier après ne pas s'être présentée dans une prison pour femmes en Allemagne, où elle devait purger une peine d'un an et demi pour des infractions comprenant l'incitation à la haine raciale et la diffamation.
Début avril, elle a été arrêtée en République tchèque, dont la justice a depuis validé la demande d'extradition vers l'Allemagne. Fin 2024, Sven Liebich avait enregistré un changement de genre en tant que femme, à la suite d'une réforme qui a facilité le changement de genre légal.
Cette démarche a été largement perçue comme visant à ridiculiser la loi allemande sur l'autodétermination, entrée en vigueur en novembre 2024, et a suscité un débat sur le risque d'abus de la nouvelle législation. En 2022, Sven Liebich avait perturbé une marche des fiertés LGBT+ dans l'est du pays, bastion de la mouvance néonazie comme de l'extrême droite allemande, qualifiant les participants de «parasites de la société», selon des militants.
Après son arrivée au pouvoir l'an dernier, le gouvernement actuel d'Allemagne, dirigé par le chancelier conservateur Friedrich Merz, a annoncé qu'il réexaminerait cette loi.