La codirigeante du parti d'extrême droite allemand AfD a estimé lundi que la victoire électorale sans appel la veille dans la région orientale de Saxe-Anhalt démontrait que le chancelier conservateur Friedrich Merz est un «fardeau» pour l'Allemagne.
«Jamais un chancelier n'a été aussi impopulaire que Friedrich Merz, qui est devenu un lourd handicap pour le développement prospère de l'Allemagne», a dit Alice Weidel devant la presse, assurant que son parti antimigrants et prorusse visait au moins 40% lors des prochaines législatives prévues en 2029.
Le leader du parti pour la Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, a dit qu'après son score «historique» de 44%, des négociations étaient en cours pour trouver dans d'autres camps les trois élus qui lui manquent pour avoir la majorité absolue nécessaire à la formation d'un gouvernement régional stable.
«Nous allons bien entendu engager des discussions et voir s'il y aura soit (...) des groupes parlementaires, soit des députés qui voudront assumer avec nous cette tâche historique», a-t-il dit.
«Je me réjouis maintenant des entretiens qui ont été lancés, qui ont déjà été amorcés cette nuit», a ajouté Ulrich Siegmund, qui pourrait vouloir débaucher des élus du parti conservateur (CDU) du chancelier et compter sur le soutien, au moins tacite, du BSW, formation prorusse de gauche.
Lui-aussi a affiché les ambitions de l'AfD au niveau national, après avoir infligé une défaite historique au camp de Friedrich Merz, estimant avoir besoin pour diriger sa région «d'une chancelière Alice Weidel ici».
Soutien outre-atlantique d'Elon Musk
La co-cheffe de l'AfD a repris ses thèmes favoris: lutte contre l'immigration, la transition énergétique et l'insécurité.
Les Allemands ne veulent plus du statu quo. Ils ne veulent plus de l'immigration illégale, des frontières ouvertes, de l'explosion de la criminalité liée aux étrangers, du refus d'expulser les personnes en situation irrégulière et d'une politique énergétique catastrophique qui entraîne des prix de l'énergie parmi les plus élevés du monde. «Ils ne veulent plus non plus d'une désindustrialisation galopante», a-t-elle martelé.
A ses côtés, son co-dirigeant Tino Chrupalla a dénoncé le soutien financier à l'Ukraine, accusant Berlin de «transférer les recettes fiscales à l'étranger plutôt que de les consacrer à notre propre population».
Ulrich Siegmund s'est lui félicité de soutiens à l'étranger, citant un message sur X de l'entrepreneur Elon Musk, y voyant un signe que les investisseurs ne s'enfuiront pas de son Land après sa victoire.
«Elon Musk s'est concrètement exprimé, cela veut dire qu'à l'international il y a un grand intérêt pour le succès électoral de l'AfD en Saxe-Anhalt», a-t-il dit.