L'éducation sexuelle des jeunes n'aborde généralement qu'un seul sujet: la contraception. L'état de sa propre fertilité et la vitesse à laquelle elle diminue avec l'âge est le plus souvent complètement ignoré.
C'est ce déséquilibre que met en lumière le World Infertility Awareness Month, qui place le thème de l'infertilité au centre des préoccupations en juin. Pour le Dr Mischa Schneider, président de la Société suisse de médecine de la reproduction (SGRM), le problème est omniprésent: «Pratiquement tout le monde sait exactement comment se contracepter. Mais presque personne ne parle de ce qui se passe quand on souhaite faire un enfant et que ça ne fonctionne pas.» Et d'ajouter: «Ce n'est que lorsque le désir d'enfant devient concret ou ne se réalise pas immédiatement que beaucoup réalisent que la planification de vie moderne ne suit pas toujours le rythme de la biologie humaine.»
Le Dr Mischa Schneider dirige le centre de procréation de Baden (AG) et est spécialiste en gynécologie, obstétrique, médecine de la reproduction et endocrinologie gynécologique. Il est également président de la Société suisse de médecine de la reproduction (SGRM).
Le Dr Mischa Schneider dirige le centre de procréation de Baden (AG) et est spécialiste en gynécologie, obstétrique, médecine de la reproduction et endocrinologie gynécologique. Il est également président de la Société suisse de médecine de la reproduction (SGRM).
Les femmes ont des enfants de plus en plus tard
Beaucoup de femmes supposent qu'une grossesse reste possible sans problème après 35 ans. «Dans mon cabinet, je vois des patientes à la fin de la trentaine ou au début de la quarantaine qui tombent des nues quand je leur explique que leurs chances d'avoir un enfant ont été divisées par cinq à dix par rapport à il y a dix ans», dit le Dr Schneider.
Formation, carrière, sécurité financière, recherche du bon partenaire: la planification familiale se reporte depuis des années. L'âge moyen à la première naissance est désormais de 31 ans en Suisse.
La médecine moderne rend certes beaucoup de choses possibles, mais ne peut pas abolir les limites naturelles. «À partir de 34 ou 35 ans, nous entrons dans une zone où tomber enceinte devient biologiquement nettement plus difficile», explique le Dr Schneider. La médecine de la reproduction peut soutenir de nombreux couples, mais le désir d'enfant ne se planifie pas à la demande. «Dans notre société, on peut presque tout commander en un clic et s'attendre à une livraison le lendemain. Ce principe ne fonctionne pas pour le désir d'enfant. Ici, ce sont les lois de la nature qui s'appliquent et la nature ne se pilote pas numériquement.»
Mais à partir de quand parle-t-on d'infertilité? «Par définition, lorsqu'aucune grossesse n'intervient après douze mois de rapports sexuels non protégés», explique le Dr Schneider. «À partir de 36 ans, on devrait consulter un spécialiste dès six mois et faire pratiquer les premiers examens.» L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît depuis longtemps l'infertilité comme maladie officielle.
La nouvelle roadshow «Let's talk about F*» rend la santé reproductive visible dans le quotidien suisse et sensibilise au thème de l'infertilité. Sur place, médecins et spécialistes informent et démontent les mythes répandus. À certaines étapes, des représentants politiques seront également présents.
La roadshow sera présente de 14h à 18h le 16 septembre à Bâle (Barfüsserplatz) et le 23 septembre à Lausanne (Place des Pionnières).
La nouvelle roadshow «Let's talk about F*» rend la santé reproductive visible dans le quotidien suisse et sensibilise au thème de l'infertilité. Sur place, médecins et spécialistes informent et démontent les mythes répandus. À certaines étapes, des représentants politiques seront également présents.
La roadshow sera présente de 14h à 18h le 16 septembre à Bâle (Barfüsserplatz) et le 23 septembre à Lausanne (Place des Pionnières).
Le sujet tabou au travail
Si beaucoup de couples planifient leur famille de plus en plus tard, c'est aussi lié aux tabous profondément ancrés dans la vie professionnelle. Par crainte d'un frein à leur carrière ou d'être ignorées lors de promotions, beaucoup de femmes gardent pour elles leur désir d'enfant, voire démissionnent par avance pour l'aborder sereinement. Le Dr Schneider, qui emploie dans son centre presque exclusivement des femmes, réclame une remise en question radicale.
Pour lui, une approche ouverte du sujet fait tout simplement partie de la fidélisation moderne des collaborateurs. «Perdre une collaboratrice qualifiée à cause d'un désir d'enfant est une vision à court terme et économiquement erronée: remplacer et former un nouveau collaborateur coûte bien plus de ressources qu'une flexibilité temporaire.»
La congélation sociale en plein boom
Pour contourner le conflit entre carrière et horloge biologique, une procédure médicale cartonne: le social freezing, c'est-à-dire la congélation préventive d'ovocytes non fécondés. L'objectif: conserver sa fertilité à un moment biologiquement optimal pour réaliser son désir d'enfant plus tard, via fécondation artificielle.
«Après des examens complets, nous stimulons les ovaires par hormones pour que plusieurs ovocytes mûrissent simultanément», explique le Dr Schneider. «Peu avant l'ovulation, nous les prélevons lors d'une intervention d'environ dix minutes sous légère sédation. Les ovocytes sont ensuite congelés instantanément en laboratoire et conservés.»
Il met toutefois en garde contre une vision trop idyllique de la méthode. «Le social freezing est un excellent filet de sécurité médical, mais absolument pas une assurance-vie biologique.» Il incite à reporter des décisions importantes au sein du couple. Pour une femme célibataire de 34 ans, il peut être idéal pour ôter la pression de la planification de vie. Mais qui vit dans un couple stable ne devrait pas, selon l'expert, reporter le désir d'enfant pour de pures raisons tactiques.
Si des couples se retrouvent soudainement à cours de temps, c'est souvent aussi dû à la partie masculine. «La fertilité est encore faussement perçue comme un sujet purement féminin», critique le Dr Schneider. Certes, les hommes sont biologiquement aptes à procréer jusqu'à un âge avancé, mais c'est précisément cette certitude qui engendre une dangereuse passivité. «Dans ma pratique, je vois souvent que l'homme veut des enfants, mais pas maintenant. On ne peut pourtant pas retenir sa partenaire pendant des années. Si c'est la femme de sa vie, il faut prendre une décision.»
Lorsque les années s'écoulent sans qu'on en profite, les personnes concernées se heurtent non seulement à des limites biologiques, mais aussi à des obstacles financiers. Depuis la révision de la loi en 2017, les conditions juridiques sont pionnières en Suisse, et sur le plan médical, le pays figure parmi les meilleurs d'Europe pour la fécondation artificielle (FIV). Mais bien que l'infertilité soit reconnue officiellement comme maladie, les couples doivent payer la totalité des frais de social freezing de leur propre poche. «Je voudrais que les traitements FIV soient pris en charge par l'assurance maladie. Que ce ne soit toujours pas le cas, je le trouve hautement problématique», critique le président de la SGRM. «À l'exception de l'Albanie, il n'existe pratiquement aucun pays en Europe qui laisse les couples dans cette situation aussi totalement seuls sur le plan financier.»
Roadshow «Let's talk about F»*
Pour sensibiliser au thème de l'infertilité et de la planification familiale, la roadshow «Let's talk about F*» parcourt la Suisse. Prochain arrêt: le xx septembre de 14h à 18h, place de la gare à Lausanne. «Nous voulons faire comprendre que certaines décisions biologiques sont irréversibles», dit le médecin. «Femmes et hommes ne doivent pas repousser indéfiniment le désir d'enfant par commodité ou pour de prétendues raisons de carrière. Il faut prendre le slogan de la campagne au pied de la lettre et parler ouvertement de ces sujets.»
Cet article a été réalisé par le Ringier Brand Studio à la demande d'un client. Les contenus ont été préparés de manière rédactionnelle et répondent aux exigences de qualité de Ringier.
Contact: E-mail à Brand Studio
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