Accusés de liens terroristes
Deux militants de la «Flottille pour Gaza» devant la justice israélienne

Saif Abu Keshek et Thiago Ávila, arrêtés jeudi par Israël en eaux internationales, sont accusés de liens terroristes. Leur arrestation a été dénoncée par le Brésil et l'Espagne comme «illégale» et «brutale».
Quelque 175 militants de nombreuses nationalités ont été arrêtés jeudi dans les eaux internationales au large de la Crète.
Photo: Anadolu via Getty Images
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ATS Agence télégraphique suisse

Les deux militants espagnol et brésilien de la «Flottille pour Gaza», arrêtés par Israël au large de la Grèce, doivent être présentés dimanche à un juge en vue d'une prolongation de leur détention, selon une ONG israélienne.

«Ils ne sont pas encore arrivés» au tribunal d'Ashkelon, ville côtière où ils sont détenus, a indiqué à l'AFP Miriam Azem Adalah, de l'ONG de défense des droits humains israélienne Adalah. Les avocats de l'ONG ont pu voir l'Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Ávila dans leur prison de Shikma.

D'après Mme Adalah, les militants, qui ont décrit une arrestation d'une «extrême brutalité», ont été informés qu'ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens pour soupçons d'"affiliation à une organisation terroriste».

Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, Saif Abu Keshek est «l'un des dirigeants» de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l'étranger (PCPA), association caritative accusée par les Etats-Unis et Israël d'être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza. Quant à Thiago Ávila, il «travaille avec PCPA et est soupçonné d'activités illégales», selon le ministère.

«Aucune preuve»

Le Brésil et l'Espagne ont dénoncé leur arrestation, et la diplomatie espagnole a démenti tout lien entre son ressortissant et le Hamas. 

Israël «n'a apporté aucun élément de preuve pour appuyer cette accusation», a déclaré samedi le chef de la diplomatie espagnol José Manuel Albares, et même si c'était le cas, «il existe des voies judiciaires en démocratie, en Etat de droit», pour les relayer. Il a qualifié l'arrestation du ressortissant espagnol dans les eaux internationales «en dehors de toute juridiction», et son transfert vers Israël, de «complètement illégale» et «inacceptable».

Quelque 175 militants de nombreuses nationalités ont été arrêtés jeudi, sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant, selon ses organisateurs, à briser le blocus israélien de la bande de Gaza, où l'accès à l'aide humanitaire reste fortement restreint.

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L'arrestation, «menée pacifiquement» selon Israël, a eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que les précédentes interceptions de flottilles. Plusieurs pays ont dénoncé une opération «illégale». Israël a relâché tous les militants en Grèce après un accord avec ses autorités, sauf Thiago Ávila et Saif Abu Keshek.

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