Le groupe de presse fribourgeois St-Paul Médias (SPM) se restructure et supprime 18 postes en équivalents plein temps (EPT). Ses trois titres, «La Liberté», «La Gruyère» et «La Broye Hebdo», ne formeront désormais plus qu'une rédaction commune sur trois sites.
La rédaction unique sera répartie entre Fribourg, Bulle et Payerne (VD). «St-Paul Médias SA (SPM) doit prendre des mesures douloureuses, mais nécessaires pour garantir la viabilité de ses trois titres», a indiqué jeudi Martial Pasquier, président du conseil d’administration de l'éditeur, sur le site de «La Liberté».
Le personnel de SPM a été informé en matinée de la restructuration, qualifiée d'«inédite dans l'histoire des journaux du groupe». Les décisions, présentées par Martial Pasquier et la direction, doivent prendre effet au début de l'an prochain. Elles concernent tant le personnel que l’offre et l’organisation des équipes. La réorganisation devrait conduire à la suppression de 18 EPT, à savoir 13 dans les rédactions et 5 au marketing.
Le personnel inquiet
La restructuration répond à l'érosion des revenus traditionnels (abonnements et publicité). Elle devrait conduire à la suppression de 18 EPT, soit 13 dans les rédactions et 5 au marketing. Elle impliquera par ailleurs une adaptation de l'offre éditoriale aux nouveaux horaires avancés d’impression, celle-ci s'opérant à Berne.
Les sociétés des rédactions de «La Liberté», «La Gruyère» et «La Broye Hebdo» demandent que le «dialogue social qui s’amorcera entre les représentants des rédactions, du département marketing et la direction soit à la hauteur du coût humain de ces annonces». En particulier pour limiter les licenciements, précise leur communiqué.
Une lente dégradation
Ces annonces «douloureuses» s’inscrivent dans un processus de restructuration qui met les équipes à l’épreuve depuis plus d’une année, relèvent encore les sociétés des rédactions. Au printemps 2025, des mesures d’économies les avaient lourdement impactées, est-il rappelé.
Au-delà, la stratégie du groupe laisse les sociétés des rédactions «perplexes, puisqu’elle donne l’impression que nous produirons davantage de contenus... avec moins de personnel». Surtout que les journalistes sont «déjà mis sous pression par une baisse constante des effectifs depuis plusieurs années».
Au-delà, le portefeuille des titres de SPM a perdu l'une de ces entités il y a quelques mois à peine. L’hebdomadaire veveysan «Le Messager», fondé en 1916 et basé à Châtel-St-Denis, a en effet paru pour la dernière fois le 19 décembre 2025.
Craintes d'un licenciement collectif
Impressum craint qu’un licenciement collectif ne se profile dans le cadre de la restructuration. «Après le gel des embauches et la restructuration de l'an dernier, celle annoncée aujourd'hui est un nouveau coup dur pour la profession», a réagi jeudi Alain Bucher, coprésident de l’Association fribourgeoise des journalistes, cité dans un communiqué. «Le planning laisse planer le flou dans les équipes sur près de deux mois», déplore-t-il.
«La période de consultation permettra de développer un dialogue constructif avec la direction pour trouver les meilleures alternatives aux licenciements», espère néanmoins Alain Bucher. «Les difficultés dans les médias en Suisse pèsent toujours plus lourdement sur les journalistes», relève pour sa part Etienne Coquoz, codirecteur d’impressum.
«St-Paul Médias coupe malheureusement désormais lui aussi fortement dans ses effectifs, alors que ses titres ont longtemps fait exception en termes de santé financière en Suisse romande», explique encore Etienne Coquoz. L’Association des journalistes suisses réitère son appel à l’Etat de Fribourg pour débloquer rapidement les fonds alloués au soutien à la presse. «Il est bien plus profitable de soutenir aujourd’hui ce qui existe que de devoir demain tout rebâtir de zéro!», constate le codirecteur d'impressum.