Un automobiliste âgé de 35 ans écope de quatre ans et deux mois de prison ferme pour avoir happé volontairement et blessé un cycliste à Zurich en 2023. Les juges l'ont reconnu coupable de tentative de lésion corporelle grave.
Dans son jugement rendu mardi, le Tribunal de district de Zurich s'est appuyé notamment sur les images de la caméra embarquée du cycliste. Le président du tribunal a dénoncé «une manœuvre de dépassement casse-cou» par la droite, dans laquelle l'accusé s'est rabattu pour percuter latéralement le cycliste qui «obstruait» son passage sur un axe principal très fréquenté, la Rosengartenstrasse.
La Cour n'est pas allée aussi loin que le Ministère public qui réclamait une condamnation pour tentative de meurtre. Elle a balayé, en revanche, la demande de la défense d'acquitter le prévenu. Le procès s'est déroulé la semaine dernière.
Manoeuvre illégale
En avril 2023, l'automobiliste klaxonne et «colle aux fesses» d'un cycliste qui roule devant lui à moins de trois mètres, au milieu de la piste routière sur la route limitée à 50 km/h. Il finit par faire une manoeuvre interdite en le dépassant par la droite en violant la ligne de sécurité, puis il le percute violemment sur le côté en se rabattant sur la piste. Le cycliste se blesse à l'épaule et à la main en tombant, mais, par miracle, n'est pas écrasé par d'autres véhicules.
Selon la Cour, on ne peut pas établir sans le moindre doute que l'automobiliste a pris en compte le risque de tuer le cycliste, même s'il s'agissait d'une manoeuvre dangereuse, commise sans aucun scrupule. D'après les juges, le conducteur n'a pas forcément agi dans le but de tuer. Il ne peut donc pas être reconnu coupable de tentative de meurtre. Une minorité des juges y était, toutefois, favorable.
L'accusé a aussi été reconnu coupable de tentative de lésion corporelle grave pour avoir lancé, lors d'un concert au Hallenstadion en juillet 2024, un engin pyrotechnique qu'il avait ramassé par terre, alors qu'il était fortement alcoolisé. Dans la foule qui l'entourait, il a blessé ainsi un adolescent de 16 ans à la tête et à une main. Le fait que le prévenu ait déjà été condamné dans le passé pour d'autres faits a constitué un élément aggravant dans la peine infligée mardi.