Les prochaines votations fédérales approchent à grands pas. Quatre objets seront soumis au peuple le 29 novembre, et les campagnes sur le financement additionnel de l'AVS et celle sur la révision de la loi sur le matériel de guerre battent déjà leur plein. Avec de gros moyens financiers engagés, comme le révèle le Contrôle fédéral des finances (CDF).
Le secteur privé se montre particulièrement investi concernant la nouvelle loi sur le matériel de guerre. Cette révision doit notamment assouplir les règles d’exportation d’armes vers plusieurs pays occidentaux, dont de nombreux membres de l’OTAN. Elle prévoit aussi de faciliter certaines réexportations, à l’exception notable de l’Ukraine.
Les partisans de la réforme disposent de moyens considérables. L’Alliance suisse pour la sécurité a récemment déclaré 2,19 millions de francs au Contrôle fédéral des finances. Sur cette somme, 1,25 million provient d’Economiesuisse et 200'000 francs de Swissmem. Cette dernière a par ailleurs déclaré séparément 750'000 francs, dont 250'000 financés par Economiesuisse.
Des moyens plus modestes à gauche
L’Association des officiers du canton de Saint-Gall contribue également à hauteur de 112'500 francs, notamment grâce aux fonds mis à disposition par la Fondation Winkelried du canton. Au total, le camp du oui dispose ainsi d’environ 3 millions de francs.
En face, la gauche et les milieux écologistes disposent de moyens nettement plus modestes, avec un budget actuellement estimé à 580'000 francs. Le comité référendaire prévoit 218'000 francs, tandis que le Parti socialiste consacre 362'000 francs à sa campagne du non.
Déséquilibre concernant l'AVS
Les montants engagés concernant l'arrêté fédéral sur le financement additionnel de l'AVS par le biais d'un relèvement de la TVA ne sont pas aussi importants. Dans le camp opposé au projet, le PLR se montre le plus actif avec un budget d’environ 850'000 francs. Swiss Life apporte de son côté une contribution de 75'000 francs.
L’UDC participe à hauteur de 125'000 francs, mais sans puiser dans ses propres caisses: le parti a reçu 75'000 francs de Swiss Life et 50'000 francs de Swissmem. Le Centre Patronal ajoute 60'000 francs. Au total, les opposants à la hausse de la TVA disposent actuellement d’un peu plus d’un million de francs.
Le camp du oui accuse pour l’instant un retard en matière de financement, avec 581'000 francs déclarés. A ce jour, seuls le Parti socialiste, avec 356'000 francs, et l’Union syndicale suisse, avec 225'000 francs, investissent dans la campagne. Tous deux défendent un mode de financement qui n’était pourtant pas leur premier choix, la gauche ayant préféré une solution reposant sur les cotisations salariales.
Moins d'argent pour les autres objets
La campagne autour de l’initiative sur les feux d’artifice reste, elle, sous la barre du million de francs. Le camp du oui, qui réunit notamment des organisations comme la Protection suisse des animaux, a jusqu’ici annoncé 875'000 francs. L’opposition dispose de moyens nettement plus limités. Selon les chiffres fournis, elle ne disposerait que de 100'000 francs.
Enfin, la campagne autour de l’initiative du Centre sur la fiscalité des couples mariés reste elle aussi modeste. Le parti n’a prévu que 100'000 francs pour défendre son texte. Le camp du non ne dispose guère de davantage de moyens, avec un budget annoncé de 150'000 francs. Il entend ainsi défendre le statu quo fiscal après le vote de mars dernier sur l’imposition individuelle.