Ménages et PME pénalisés?
Le PLR lance une campagne contre la «fraude à la TVA»

Le PLR lance sa campagne contre la hausse prévue de la TVA destinée à financer la 13e rente AVS. Une étude montre que cela pourrait entraîner une perte de 3,6 milliards de francs en termes de croissance économique.
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Le financement de la 13e AVS reste un sujet controversé.
Photo: imago/Westend61
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ATS Agence télégraphique suisse

Une fois les votations terminées, c’est déjà reparti pour un tour: le PLR lance lundi sa campagne contre la hausse de la TVA soumise au vote le 29 novembre. Le parti estime que cette augmentation pénaliserait lourdement les ménages et les PME.

La hausse de 0,4 point (à 8,5%) du taux normal de TVA a été validée par le Parlement afin de financer la 13e rente AVS. Lors d'une conférence de presse à Berne, les libéraux-radicaux jugent cette mesure néfaste pour le pouvoir d'achat et l'économie.

Si le versement de la 13e rente AVS n'est pas remis en question, son mode de financement est jugé inacceptable. Le parti estime que cette charge supplémentaire pèserait lourdement sur le budget des ménages, déjà grevé par l'augmentation des primes d'assurance-maladie, des loyers et des dépenses courantes. L'accumulation de ces surcoûts quotidiens pourrait représenter plusieurs centaines, voire milliers de francs par an.

Le parti juge par ailleurs que le projet, «qui retire 1,5 milliard de francs de la poche des citoyens», ne permet même pas de financer la 13e rente AVS. «Moins de la moitié est financée par ce projet bâclé», critique la coprésidente du PLR et conseillère nationale st-galloise Susanne Vincenz-Stauffacher.

Une économie affaiblie

Au-delà des particuliers, cette hausse serait néfaste pour l'ensemble de l'économie suisse, selon le PLR. Il s'appuie sur une étude de BAK Economics qui chiffre à près de 3,6 milliards de francs les pertes de croissance sur une période de dix ans. Les PME, le commerce de détail et la restauration seraient les plus durement touchés.

«Tout ce qui manque dans le portefeuille de la population manque peu après dans les caisses de nos entreprises», souligne la conseillère nationale de Bâle-Campagne Daniela Schneeberger. Une baisse de la consommation entraîne une diminution du chiffre d'affaires et des investissements. Le parti met également en garde contre une augmentation du tourisme d'achat, qui représentait déjà plus de 9 milliards de francs de dépenses à l'étranger en 2025.

Les agriculteurs paieraient aussi un lourd tribut à cette hausse. De nombreuses exploitations agricoles ne décomptent en effet pas la TVA et ne peuvent donc pas compenser l'augmentation des coûts par la déduction de l'impôt préalable.

«Tactique du salami»

Le PLR dénonce en outre une «tactique du salami», arguant que d'autres projets de taxation sont déjà à l'étude. Avec une telle politique, le taux de TVA pourrait bientôt frôler la barre des 10%, ce qui coûterait 16,4 milliards de francs à l'économie en une décennie.

Face à ce constat, le PLR appelle à un changement de paradigme. Plutôt que d'augmenter la charge fiscale, «solution de facilité de la politique fédérale», la Confédération devrait fixer des priorités budgétaires et mener des réformes structurelles durables.

«C'est à l'Etat de se serrer la ceinture, pas à la population», résument les libéraux-radicaux. La solution ne doit pas être de puiser systématiquement dans le portefeuille des contribuables.

Le PLR pourra compter sur un allié inhabituel. Pour des raisons différentes, le Syndicat des services publics, recommande lui aussi le rejet de cet objet le 29 novembre. Ses délégués ont décidé samedi par 22 voix contre 6 de refuser la hausse d'un impôt qu'ils jugent antisocial (TVA), d'autant plus que l'AVS présente des finances et des résultats qui ne nécessitent de loin pas, dans l'immédiat, un financement supplémentaire pour la 13e rente, selon le SSP.

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