Violences domestiques
In extremis, Berne renonce à couper 300'000 francs pour l’aide aux victimes

Le Conseil national a finalement refusé mercredi de supprimer le financement fédéral de la formation des centres d’aide aux victimes. Une économie de 300’000 francs par an qui a provoqué une vive bataille politique.
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Tamara Funiciello et Jessica Jaccoud étaient opposées à cette coupe de 300'000 francs dans la formation des intervenants LAVI.
Photo: KEYSTONE
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

A Berne, l’économie semblait minuscule. Trois cent mille francs par an. Une goutte d’eau dans un budget fédéral de près de 90 milliards. Mais la bataille politique qu’elle a déclenchée aura été tout sauf anecdotique.

Mercredi, le Conseil national devait décider si la Confédération continuerait ou non à financer la formation du personnel des centres LAVI, qui accompagne les victimes de violences domestiques et sexuelles. La mesure faisait partie du programme d’allégement budgétaire 2027.

Au final, le Parlement a choisi de maintenir ce financement, par 100 voix contre 88. Une décision saluée par la gauche, qui dénonçait un mauvais signal dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Une coupe contestée

Le projet initial du Conseil fédéral prévoyait de supprimer la base légale permettant à la Confédération de soutenir financièrement la formation spécialisée du personnel des centres d’aide aux victimes. Objectif: économiser environ 300'000 francs par an.

Si la mesure avait été acceptée, les cantons auraient dû assumer seuls ces coûts. Avec le risque, selon les opposants, de créer des disparités dans la formation du personnel chargé d’accompagner les victimes. Les cantons auraient ainsi pu choisir de ne pas payer la différence.

La majorité de la Commission des finances du Conseil national s’était alignée sur le Conseil fédéral et le Conseil des Etats. Mais une minorité menée par la conseillère nationale socialiste Tamara Funiciello demandait de maintenir le financement.

«Même pour 300’000 francs, il faut se battre»

Pour la conseillère nationale vaudoise Jessica Jaccoud, la décision constitue une première victoire. «On doit sans doute cette victoire d'étape à l’incroyable mobilisation de notre pétition de décembre qui a récolté 500’000 signatures», réagit la socialiste auprès de Blick.

Cette pétition demandait davantage de moyens pour lutter contre les violences faites aux femmes. Le débat parlementaire autour des 300’000 francs a montré, selon elle, que rien n’est acquis. «Ça montre aussi l’importance de l’aide aux victimes et ça nous rappelle que même pour des montants faibles, on doit se battre.»

Une bataille politique loin d’être terminée

La socialiste estime que le vote confirme l’importance de maintenir une implication fédérale dans la formation des spécialistes qui accompagnent les victimes. Car ces formations permettent aujourd’hui d’éviter que la situation d’une victime dépende du canton dans lequel elle réside et du fait que le personnel spécialisé soit suffisamment formé ou non.

Mais le combat politique ne s’arrête pas là. «Rien n’est acquis, prévient Jessica Jaccoud. Cela nous renforce dans le fait que nous devons lancer une initiative populaire.» Le conseil des Etats devra désormais se rallier à ce vote du Conseil national, soit maintenir sa première version, soit de couper dans ce budget.

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