Un nouveau domaine skiable suisse risque de disparaître. Cette fois, ce sont les remontées mécaniques de Télé Evolène, dans la commune valaisanne du même nom, qui sont menacées. Ce petit domaine du val d’Hérens, doté de quatre installations et de 41 kilomètres de pistes, se trouve au bord de la faillite.
Les caisses de Télé Evolène SA sont vides. L’an dernier, la société a enregistré une perte de 300'000 francs. Elle a déposé une demande de sursis concordataire auprès du tribunal compétent, rapporte «Le Nouvelliste».
L’entreprise accumule les difficultés depuis plusieurs années. En 2022, elle a notamment été durement touchée par une affaire de détournement de fonds. Un ancien membre du conseil d’administration aurait soustrait 545'000 francs en l’espace de trois ans. L’enquête pénale est toujours en cours. Télé Evolène ne s’en est jamais vraiment remise, malgré le soutien de la commune, qui lui verse chaque année plus d’un demi-million de francs de subventions.
Encore de l'espoir
Patrick Fauchère, président du conseil d’administration de Télé Evolène depuis novembre 2025, croit pourtant fermement à l’avenir de l’entreprise. «Le sursis concordataire n’est pas la fin, mais seulement un revers», déclare à Blick cet ancien pilote d’Air-Glaciers aujourd’hui à la retraite.
Il entend se battre pour sauver le domaine skiable, ses quatre employés à plein temps et sa vingtaine de collaborateurs à temps partiel. Reste à savoir si les habitants d’Evolène partagent cet avis. Ce sont eux qui auront le dernier mot. Lors d’un référendum prévu le 27 septembre 2026, la population devra se prononcer sur plusieurs plans de sauvetage.
En cas d’acceptation et si la commune maintient son soutien, l’entreprise pourra poursuivre son projet de recapitalisation. Télé Evolène avait déjà augmenté son capital-actions de 2,2 à 6,2 millions de francs en 2024 afin de lever de nouveaux fonds.
«En cas de rejet, la faillite sera prononcée»
Si les électeurs refusent les plans de sauvetage, le sort de Télé Evolène sera scellé. «En cas de rejet, la procédure de faillite sera ouverte», prévient Patrick Fauchère. Le président du conseil d’administration se montre toutefois confiant. «La disparition du domaine skiable serait une perte pour la région. Dans les petites communes, ces remontées mécaniques font en quelque sorte partie du service public. Il ne faut pas l’oublier.» Il ajoute que «le conseil d’administration actuel est convaincu que l’entreprise pourra renouer avec les bénéfices grâce à la modernisation des installations et à une gestion professionnelle».
Cette rénovation est de toute façon devenue indispensable. La concession de l’ancien télésiège biplace Lannaz-Chemeuille arrive à échéance en 2035. L’installation devra être remplacée par une télécabine moderne. Le restaurant d’altitude du même nom doit lui aussi être rénové rapidement.
Le coût des travaux avait initialement été estimé à 12 millions de francs. Patrick Fauchère indique toutefois à Blick que «le conseil d’administration travaille actuellement sur une deuxième variante, moins coûteuse. Une première estimation montre qu’elle pourrait réduire de moitié le montant nécessaire». Une télécabine moderne et une offre de restauration plus attractive doivent permettre d’attirer davantage de visiteurs à Evolène et, à terme, de remettre le domaine skiable sur la voie de la rentabilité.