Une famille des Balkans
Début d'un procès pour traite d'être humains à Berne

La Cour suprême bernoise examine une affaire de famille des Balkans accusée de traite d'êtres humains. Cinq hommes sont jugés en appel suite au recours de deux ex-épouses, qui dénoncent des mariages forcés et des abus.
Un procès pour traite d'être humains s'ouvre à la Cour suprême bernoise. (image d'illustration)
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ATS Agence télégraphique suisse

La Cour suprême bernoise a entamé mercredi l'examen d'une affaire qui avait eu un grand retentissement en 2022. Cinq hommes d'une famille des Balkans avaient dû notamment répondre de traite d'êtres humains. En première instance, le Tribunal régional Jura bernois-Seeland à Moutier avait abandonné les accusations les plus graves contre un père et ses quatre fils. Il avait prononcé des peines avec sursis contre trois prévenus et acquitté les deux autres.

Le patriarche était accusé d'avoir arrangé le mariage de ses fils en faisant venir des Balkans des jeunes filles mineures. Les faits se seraient déroulés dans le Jura bernois durant une quinzaine d'années. Lors du procès, il a été question du droit coutumier médiéval albanais.

Recours des parties plaignantes

Si la 2e Chambre pénale de la Cour suprême se penche sur ce dossier, c'est en raison de l'appel déposé par deux des parties plaignantes à l'encontre de trois des cinq hommes. Le Parquet général ne participe lui plus à cette procédure. Les deux femmes n'ont pas voulu être confrontées avec les prévenus.

«Je ne suis pas d'accord avec la décision de première instance», a dit l'une des deux ex-épouses pour expliquer son recours. Elle a affirmé que son ex-mari lui imposait des relations sexuelles et lui interdisait de sortir seule. «Je n'étais pas considérée comme une personne, mais comme un objet».

«Il m'a frappée à coups de ceinture», a affirmé l'autre femme en parlant de son ex-mari. «Je n'étais pas libre». Elle a ajouté que son ex-beau-père l'avait fait venir illégalement en Suisse. Le président de la Cour Rainier Geiser a relevé les différentes versions avancées par les parties plaignantes au long de la procédure.

Pour que la traite d'êtres humains soit réalisée, la victime ne doit plus être en mesure de se déterminer librement et doit subir une perte de son libre arbitre, étant incapable de se défendre dans une situation d'exploitation sexuelle ou de recherche d'un revenu.

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