Trop de followers sur Twitter
La «chasseuse de virus» craint pour son emploi et son permis de séjour

Grâce à ses recherches, Emma Hodcroft a considérablement aidé la Suisse – et le monde – à traverser la pandémie. Aujourd'hui, cette épidémiologiste de haut niveau craint pour son emploi, son logement et son permis de séjour.
Emma Hodcroft explique que l'une des raisons invoquée pour ne l'engager était sa grande communauté Twitter. La scientifique est suivie par 80'000 personnes.

Emma Hodcroft est internationalement connue. L'épidémiologiste moléculaire anglo-américaine est aussi surnommée la «chasseuse de virus». La raison: elle a largement contribué à guider la Suisse à travers la crise du Covid-19.

Elle a notamment travaillé au développement de Nextsrain, une base de données «open source» qui permet de suivre la pandémie (presque) en temps réel. Malheureusement, la trentenaire risque désormais de perdre son emploi, son logement et son permis de séjour en Suisse...

La scientifique dénonce

La jeune femme s'est récemment exprimée sur Twitter sur le sujet: «En plus du stress de la pandémie, depuis 2020, j'ai enchaîné contrats à court terme, logement précaire (pas d'emploi = pas d'appartement) et expiration de mon permis de résidence suisse (également lié à l'emploi) en novembre. Bien sûr, cela a un impact sur ma santé mentale, ma créativité et ma productivité.»

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Elle répond ainsi au tweet d’une collègue, Lily Keane, chercheuse en neuroimmunologie à Stockholm en Suède. Celle-ci évoque l’insécurité dans le domaine du travail scientifique. En effet, les contrats de recherche sont limités dans le temps. Lily Keane considère cette incertitude comme un gros problème, qu'elle qualifie d'ailleurs de «terrifiante».

Emma Hodcroft est du même avis que sa collègue et critique ce système. Sur Twitter, l’épidémiologiste de haut niveau raconte ses difficultés à trouver un emploi. En novembre 2020, elle a quitté l’université de Bâle pour Berne – son contrat était alors limité à un an, explique-t-elle à Blick. «Pour trouver un nouveau job, je devrais me mettre à demander des fonds pour la recherche, mais au vue de l'intensité de mon travail actuel, je n’ai pas du tout le temps.»

Une trop grosse communauté sur Twitter

Aujourd’hui, la recherche d’un emploi s’avère difficile, même pour une experte de renom citée au niveau international. Sur Twitter, la «chasseuse de virus», raconte qu'elle serait considérée comme un «choix risqué» au sein de la sphère académique. En cause: sa large communauté sur le réseau social.

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Au cours des deux dernières années, Emma Hodcroft a partagé son travail publiquement. Elle a notamment utilisé Twitter pour partager et vulgariser ses connaissances dans le domaine des sciences. Elle a d'ailleurs été citée dans le monde entier et a même été invitée à s'exprimer dans les médias. Le «New York Times» l'a classée parmi les dix femmes qui changent la vision du leadership...

Le fait qu’elle soit soudainement considérée comme un «choix risqué» – d'après ses dire – la choque. «Surtout que j'ai consacré beaucoup de soin et de l’énergie à mes présentations en ligne et aux médias», signale la scientifique.

La jeune femme note qu'elle fera tout de même de gros efforts pour tweeter de manière responsable, avant d'ajouter: «J’ai l’impression que cela en dit plus sur les universités et sur leur crainte que je sois au centre de toutes les attentions…»

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