Une recherche du FNS
Le temps partiel masculin en Suisse a doublé depuis 2000

La proportion d’hommes travaillant à temps partiel a a subi une forte hausse depuis 2000. Malgré les normes sociales et certaines cultures professionnelles continuent de freiner cette évolution.
En Suisse, 40% de la population active travaille à temps partiel (photo prétexte).
Photo: GABRIEL MONNET
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ATS Agence télégraphique suisse

La proportion d’hommes travaillant à temps partiel a doublé en Suisse depuis 2000, selon une étude de l’Université de Zurich, soutenue par le Fonds national suisse (FNS). Pourtant, seule une minorité d’hommes franchissent le pas, notamment en raison des normes sociales et des facteurs institutionnels.

En Suisse, 40% de la population active travaille à temps partiel, un taux qui place le pays au deuxième rang des 38 Etats de l’OCDE, juste derrière les Pays-Bas. Selon l’Office fédéral de la statistique, 60% des femmes actives travaillaient à temps partiel en 2025, contre 18% des hommes.

Une étude du sociologue Jan Müller, de l’Université de Zurich, et de Youngjoo Cha, professeure à l’Université de l’Indiana à Bloomington, aux Etats-Unis, s’est penchée sur les facteurs qui influencent ce choix chez les hommes. Les chercheurs ont analysé des données récoltées entre 2004 et 2020, détaille lundi le FNS, qui a soutenu l’étude.

Freins culturels persistants

L’étude révèle que, dans les professions fortement marquées par la «norme de l’homme pourvoyeur» et une culture de «dévotion au travail», peu d’hommes développent une préférence pour le temps partiel ou l’adoptent volontairement. A l’inverse, ils sont plus nombreux à franchir le pas dans les secteurs où le soutien à l’équilibre entre vie professionnelle et privée est plus marqué.

Cette évolution est particulièrement visible chez les médecins. Dans cette profession, les chercheurs ont observé une hausse des transitions des hommes vers le temps partiel.

La proportion d’hommes travaillant à temps partiel en Suisse a doublé depuis 2000, passant d’environ 10% à plus de 20%. A titre de comparaison, la moyenne des pays de l’OCDE a peu progressé sur la même période, passant de 8% à moins de 13%.

Particularité suisse

Selon l’étude, le contexte et la culture helvétiques sont particulièrement favorables au temps partiel. En effet, les près de 42 heures de travail hebdomadaire habituelles pour un 100% en Suisse dépassent les moyennes de l’OCDE. La réduction du taux de travail y est ainsi attrayante et, vu les salaires élevés, souvent plus réaliste financièrement qu’ailleurs, estime Jan Müller. De plus, les contrats à temps plein sont «aussi solides» que ceux à temps partiel.

Dans les pays scandinaves, la société est «organisée afin que les deux parents puissent travailler à temps partiel», souligne Jan Müller. «En Suisse, on tend plutôt vers un système où les femmes restent à temps partiel, mais les hommes commencent à s’y mettre.»

Le chercheur met en avant les angles morts de cette recherche: elle se focalise uniquement sur les hommes travaillant initialement à plein temps, favorisés par rapport à ceux en sous-emploi ou sans emploi. Et elle reste limitée par les données disponibles de façon fiable sur les 16 années considérées.

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