L'évaluation d'un deuxième système de défense antimissile pour la Suisse est terminée. La décision sur le choix du modèle revient désormais au Conseil fédéral, a indiqué dimanche l'Office fédéral de l'armement (Armasuisse). Jusqu'à l'introduction d'un système de défense sol-air de longue portée (DSA), la Suisse ne dispose d'aucune protection.
L'acquisition d'un deuxième système, désigné en interne sous le nom de «Bodluv GR 2», doit combler une lacune provoquée par les difficultés rencontrées lors d'un précédent achat. La livraison du système américain Patriot accuse en effet un retard de cinq à sept ans. «Jusqu'à l'introduction de l'un des deux systèmes de défense sol-air de longue portée, la Suisse ne dispose d'aucune protection», a indiqué à Keystone-ATS le porte-parole d'Armasuisse Kaj-Gunnar Sievert.
Des coûts qui grimpent à 3,7 milliards
Les missiles Patriot destinés à la défense aérienne, initialement attendus en Suisse d'ici fin 2028, ne seront livrés par les Etats-Unis que cinq à sept ans plus tard. Le ministre de la Défense Martin Pfister souhaite donc acquérir rapidement un deuxième système de défense. Les évaluations militaires et de politique d'armement des offres reçues sont désormais terminées, a confirmé Armasuisse à Keystone-ATS, confirmant une information du «SonntagsBlick».
Le coût prévisionnel du système Patriot est passé de deux milliards de francs initialement à 3,7 milliards. Armasuisse explique cette hausse notamment par un changement de priorité du gouvernement américain, l'inflation, le remplacement d'éléments devenus obsolètes ainsi que l'ajout de fonctionnalités.
Pour le deuxième système de défense, Armasuisse a sollicité des informations auprès de fabricants en France, en Israël et en Corée du Sud. Tous les fournisseurs contactés ont soumis des offres fermes. Armasuisse n'a fourni aucune précision sur les différents systèmes proposés.
Le système du groupe franco-italien Eurosam ferait figure de favori, selon le «SonntagsBlick». Le journal invoque notamment la volonté affichée du Conseil fédéral d'acheter davantage de matériel militaire en Europe, ainsi que le caractère politiquement délicat d'une acquisition auprès d'Israël ou de la Corée du Sud.
Un tel achat pourrait en outre contribuer à améliorer les relations avec la France, considérées comme tendues depuis le choix par la Suisse de l'avion de combat américain F-35 au détriment du Rafale français, selon le journal.
Financement assuré
Cinq milliards de francs sont prévus pour l'acquisition du deuxième système de défense aérienne, selon Armasuisse. Le financement est entièrement couvert par les 24 milliards de francs supplémentaires destinés à l'armée.
Aucun financement supplémentaire provenant du programme d'armement ordinaire ne sera nécessaire, précise Armasuisse.