Procès en cours au Tessin
«Je ne suis pas un mafioso» clame l'accusé à Bellinzone

Un homme de 59 ans a nié être membre de la mafia calabraise 'Ndrangheta devant le tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Il a toutefois admis connaître le chef présumé du clan et l'avoir hébergé chez lui en Argovie.
Un homme a nié être membre de la 'Ndrangheta devant le tribunal pénal fédéral de Bellinzone. (Image d'illustration)
Photo: imago images/blickwinkel
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ATS Agence télégraphique suisse

Devant les juges de Bellinzone, l'homme accusé d'être un relais financier et logistique de la 'Ndrangheta en Suisse a nié être membre de la mafia calabraise. Il a toutefois reconnu être ami avec le chef présumé du clan mafieux.

«Je ne suis pas un mafioso», a déclaré mardi l'accusé lors de la suite de son interrogatoire devant le TPF. Contrairement au premier jour du procès, l'homme de 59 ans résidant dans le canton d'Argovie a répondu aux questions de la juge, du moins partiellement.

Il a ainsi admis qu'il connaissait l'homme désigné par l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération (MPC) comme le chef d'un clan de la 'Ndrangheta. Il l'a connu sur les bancs d'une école de Calabre, où ils étaient camarades de classe. L'accusé a également reconnu avoir hébergé cet homme chez lui. Il a toutefois insisté sur le fait qu'il n'avait rien à voir avec la vie de cet homme et que cela ne l'«intéressait» pas.

Déclaration sur les repentis

La juge a également confronté l'accusé à des extraits de l'acte d'accusation retranscrivant des enregistrements faits à son insu. Elle a ainsi lu un passage dans lequel l'accusé parlait de «sales repentis». L'accusé a d'abord répondu ne pas se souvenir d'avoir tenu cette conversation. La juge a insisté à plusieurs reprises, lui demandant sans cesse pourquoi il avait dit cela. «Mais ils mentent!», s'est alors exclamé l'accusé avant de se reprendre et d'ajouter rapidement que lui-même partage l'opinion des «repentis» si ces derniers disent la vérité.

Le thème des voyages a également été abordé mardi lors de l'interrogatoire de l'accusé. La juge a voulu savoir pourquoi, depuis 2020, il ne s'était plus rendu ni en Allemagne chez son frère, ni en Italie. Etait-ce par crainte de la justice italienne, a voulu savoir la juge. L'accusé s'est contenté de répondre laconiquement qu'il ne savait rien de l'Italie. La juge a insisté, lui demandant à nouveau s'il craignait d'être arrêté en se rendant à l'étranger. L'accusé, qui marmonne beaucoup, parle souvent à côté du micro et s'exprime dans un dialecte prononcé, s'est alors fendu d'une remarque inaudible pour l'assistance. La juge a alors réagi en déclarant: «je savais bien que vous aviez peur d'une arrestation!»

Des menaces oui, des meurtres non

Lors de son interrogatoire, l'homme a également admis avoir proféré certaines menaces, notamment lorsqu'il a dit qu'un tiers devait le respecter, faute de quoi il le tuerait «comme un cochon». Il a toutefois expliqué que le tiers en question lui avait lancé bien pire, notamment à propos de sa mère, aujourd'hui décédée.

L'accusé a conclu en insistant mardi sur le fait qu'il n'avait jamais tué personne. Il était parfois colérique, mais sous le coup du stress. Le MPC lui reproche d'avoir agi en tant qu'intermédiaire dans le trafic de drogue et d'armes illégales. Ces trafics auraient généré pas moins de 1,3 million de francs, qu'il aurait fait passer en Italie par avion et en voiture, selon l'acte d'accusation. Le procès doit durer encore sept jours.

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