Ce pompier actif dans la région lausannoise est dubitatif, jeudi 29 février, à l’heure du café. «Trois incendies suspects dans le canton de Vaud puis un quatrième dans le canton de Genève en l’espace de quelques jours… Je suis comme beaucoup et je m’interroge: un pyromane sévit-il en Suisse romande ou s’agit-il d’un étonnant hasard? À la justice de faire son travail rapidement…»
Les sinistres évoqués par le soldat du feu ont fait couler beaucoup d’encre. Prenons-les dans l’ordre chronologique:
- Le 21 février, vers 4h55, la salle de gymnastique du collège de Bière s’embrase. La piste criminelle est privilégiée par les enquêteurs.
- Le 25 février, peu avant 4h15, la façade d’un petit immeuble à Yverdon-les-Bains est la proie des flammes. Plus de 50 personnes ainsi que des animaux domestiques sont évacués et, là encore, un acte délibéré est sérieusement envisagé.
- Le même jour, à 30 kilomètres de là, à Cheseaux-sur-Lausanne, aux environs de 22h15, c’est au tour d’une ferme inhabitée de partir en fumée. Aucune cause n’est avancée par la police cantonale.
- Le lendemain, soit le 26 février, un feu dans un manège de Corsier (GE) à l’origine inconnue coûte la vie à deux chevaux et blesse plusieurs autres bêtes.
La question mérite d’être posée. Les autorités envisagent-elles que ces sinistres — dont deux au moins seraient d’origine criminelle — soient liés entre eux?
Pas de lien à ce stade
Les premières réponses (formulées avec toutes les pincettes qui s’imposent) sont rassurantes. «Le Ministère public vaudois confirme qu’il ne dispose pour l’heure d’aucun élément laissant présager un quelconque lien entre les incendies de Bière et d’Yverdon-les-Bains — dont l’origine criminelle est privilégiée — et celui de Cheseaux, dont les causes n’ont pas été établies à ce stade de l’enquête», écrit dans un courriel daté du 29 février son porte-parole, Vincent Derouand. Ce dernier ajoute: «Le parquet vaudois ne saurait se prononcer à la place des autorités genevoises sur le cas de Corsier.»
Au bout du Léman, on est malheureusement moins loquace. Impossible de glaner la moindre information concernant le cas de Corsier: «Dans la mesure où une procédure est en cours (l’enquête ne fait que commencer), le Ministère public ne fait aucun commentaire», lâche à Blick ce vendredi Olivier Francey, chargé de relations médias.
Les polices sur la même ligne
De son côté, la police cantonale genevoise n’est pas plus diserte. «Nous ne pouvons donner aucune autre information que celles indiquées dans l’appel à témoins», souffle son service communication et relations publiques.
Retour en terres vaudoises. Les forces de l’ordre corroborent les déclarations du Ministère public (ouf!): «Pour les cas qui nous occupent (ndlr: Bière, Yverdon-les-Bains et Cheseaux-sur-Lausanne), la typologie des incendies ne nous permet pas de lier ces cas entre eux, assure Florence Frei, chargée de communication. À ce stade, les investigations policières se poursuivent pour déterminer leurs causes et leurs circonstances.»