Cette perception concerne aussi bien l'avenir proche de la Suisse (22% d'opinion pessimistes, soit une hausse de neuf points), que l'évolution de la situation géopolitique mondiale (76% de pessimistes, soit une hausse de huit points).
Le sondage des deux institutions, rattachées toutes deux à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), montre également qu'une majorité de la population helvétique (58%) estime que les conflits armés seront désormais plus fréquents en Europe. De plus, un Suisse sur trois rapporte être devenu plus angoissé en raison de la guerre en Ukraine.
Critique de la neutralité
Pour la première fois en 20 ans, le soutien du peuple suisse pour le principe de neutralité est en baisse. Le sondage montre un recul de huit points, même si le taux d'approbation reste très élevé (89%).
Dans l'ensemble, la neutralité est perçue de manière nettement plus critique par la population qu'au cours des années précédentes. Cela se traduit, par exemple, avec seulement 58% des Suisses qui demeurent convaincus que la neutralité protège le pays des conflits internationaux, contre 69% en janvier 2022.
Les affaires internationales s'invitent également dans la réflexion des Suisses sur la neutralité. L'implication de notre pays dans ces dernières est de plus en plus perçue comme un obstacle à la neutralité. Près de 39%, soit une hausse de dix points, de la population estiment que la mise en œuvre de la neutralité est difficile dans le contexte actuel.
Opinion favorable de l'armée
Dans ce contexte de guerre en Ukraine, les Suisses ont une opinion plus que favorable de l'armée. Sur les personnes interrogées, 80% d'entre elles jugent qu'il est nécessaire de l'entretenir. La part de la population en faveur d’une armée dotée d’un équipement complet a aussi pris de l’ampleur pour atteindre une valeur record de 74%.
La manière d'appréhender les dépenses de l'armée risque également de changer, d'après le sondage. Le nombre de personnes estimant que ces dernières étaient trop faibles a fait un bon de douze points pour représenter désormais 19% de la population. Depuis le début de l’enquête dans les années 1980, ce taux n’a jamais été aussi élevé.
En revanche, l’opinion selon laquelle la Suisse dépense trop pour sa défense est à présent partagée par 30% de la population, soit un recul de douze points et la valeur la plus basse jamais enregistrée.
L'OTAN a meilleure presse qu'avant
Avec 52% d'opinion, la question du rapprochement de la Suisse avec l’OTAN connaît un taux d’approbation inédit. Si le souhait de voir la Suisse adhérer à l’OTAN (27% d’opinions favorables) gagne du terrain par rapport aux années précédentes, une nette majorité de la population reste opposée à une adhésion.
La guerre en Ukraine fait penser à 35% des Suisses que l’adhésion à une alliance défensive européenne accroîtrait davantage la sécurité de la Suisse que le maintien de la neutralité.
Pour mener ce sondage complémentaire «Sécurité 2022», un échantillon représentatif de 1003 personnes ayant le droit de vote et résidant en Suisse alémanique, en Suisse romande et au Tessin a été interrogé par téléphone par l’institut de sondage LINK entre le 30 mai et le 17 juin.
Avec un niveau de fiabilité de 95%, l’erreur d’échantillonnage est de ± 3,2% dans le pire des cas.
(ATS)