Après des semaines de tergiversations et de manifestations, le budget vaudois 2026 est à bout touchant! Ce mercredi 17 décembre, peu avant midi, les députés vaudois sont arrivés au bout du marathon des amendements et des décrets. Ne reste plus, pour cet après-midi, que quelques prises de parole – notamment celle de la présidente du Conseil d'Etat Christelle Luisier – avant le vote final…
Refusé ou accepté, cela pourrait se jouer à pas grand chose. En fin de matinée, les présidents des groupes politiques au Grand Conseil ont pris la parole pour résumer les débats houleux, profondément marqués par la colère exprimée dans la rue. Une manière, aussi, de clarifier – ou non – les intentions de vote.
Dissensions à droite
«Chacun a sa couleuvre à avaler», estime Nicolas Suter, chef du groupe libéral-radical (PLR) au Grand Conseil. «Le budget 2026 présente une augmentation de dépenses de 12,7 milliards, en augmentation de plus de 400 millions par rapport au budget 2025, calcule le député. On est loin d'un saccage du service public.» A la tribune, le PLR conclut en invitant «les groupes qui refuseraient le budget à prendre leurs responsabilités».
Fort de ses 50 élus, le PLR devrait peser de tout son poids sur le vote. Sans donner de consigne claire, Nicolas Suter assure simplement que «le groupe PLR va faire sa part et aura au moins la moitié de ses députés plus un pour accepter le budget».
Mais au sein de la majorité de centre-droit, la tension est à son comble au vu des déclarations de l'UDC à la tribune. «Le groupe UDC sera partagé: entre celles et ceux qui ont encore au travers de la gorge le coup de poignard de vendredi dernier, alors que d'autres feront passer les institutions pour retrouver le calme et la sérénité que l'on n'aurait jamais dû perdre», laisse ouvert Cédric Weissert, chef de file UDC.
Cet exercice budgétaire a laissé des traces. «Si la critique de l'UDC s'adresse d'abord au Conseil d'Etat, elle s'étend également aux pompiers-pyromanes qui ont oeuvré tant dans notre plénum que devant les portes de notre parlement vaudois», développe le député. En vue des élections à venir au Conseil d'Etat, l'Alliance vaudoise (UDC, PLR, Le Centre) pourrait y laisser des plumes.
Quid de l'alliance rose-verte?
D'autant plus qu'à gauche, les socialistes et la gauche radicale (POP, EàG) ont tous appelé au refus de ce budget lors du vote final. Pour le Parti socialiste et ses 31 membres, Sébastien Cala a qualifié ce débat sur le budget du «plus complexe» et du «plus disputé depuis plus de 20 ans», ou encore de «symbole de l'absence de dialogue». Le chef du groupe socialiste s'en prend principalement à la réaction du Conseil d'Etat face à la mobilisation des fonctionnaires: «Cette approche n'est pas acceptable et nous la refusons, tout comme nous refuserons, dans une très grande majorité, ce budget.»
La décision s'avère plus disputée du côté des Vert-e-s (25 députés). Lors de sa prise de parole, leur chef de file Killian Duggan assène que son groupe est «extrêmement partagé sur le vote final» et qualifie de «mauvais» le budget tel que présenté. «Mais la vraie question est: est-il supportable comme point de départ d'une culture politique du compromis renouvelée, plus prévisible, concertée et respectueuse? Les conséquences d'un refus du budget seraient mauvaises pour passablement de services à notre population (la protection de l'enfance, l'enseignement)», résume le député.
Un choix raisonnable?
Ainsi, ni la gauche ni la droite ne seront unanimes. Au centre, les Vert'libéraux (14 membres) ont assuré qu'ils valideront le budget. Et ce même s'«il manque un milliard de francs pour équilibrer le budget que nous avons sur notre table», selon Jérôme de Benedictis. Ce dernier appelant les groupes gouvernementaux à «être raisonnables au moment d'appuyer sur les boutons».
Au moment des calculs, rien n'est sûr. Mais le vote final est proche. Restons-en sur cette tirade du député UDC Fabrice Moscheni, pour qui «la rue a gagné et l'Etat a perdu»: «Ce budget 2026, je me réserve le droit de le refuser, mais je vais tout faire pour qu'il passe.» Réponse dans l'après-midi.