Le directeur de l'Hôpital du Valais dénonce
«Le système de santé suisse est contre-productif»

Eric Bonvin, actuel directeur de l'Hôpital du Valais, critique le système de santé suisse. Il dénonce une logique de surproduction, où les finances priment sur les soins.
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Les hôpitaux suisses font face à un problème systémique.
Photo: KEYSTONE
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Olalla Piñeiro TrigoJournaliste Blick

«Le système est contre-productif.» Au micro de la RTS, Eric Bonvin, directeur général de l'Hôpital du Valais depuis quatorze ans, a fustigé le système de santé suisse. Celui qui partira à la retraite en fin d'année déplore un modèle économique, où le business a pris le dessus. «La question financière passe avant la finalité de l'institution, qui est de soigner», déplore-t-il dans La Matinale de ce mercredi.

Il explique que les tarifs pris en charge par les assurances sont loin des coûts réels des hôpitaux, qui font non seulement face à des frais de personnel et des charges élevées, mais aussi à des coûts liés à l'innovation technologique. Il regrette aussi que la rénovation des hôpitaux ne soient plus pris en charge par l'Etat. Une situation qui entraîne des dettes faramineuses. 

«De la marchandise»

Mais il n'y a pas que les prix qui inquiètent le médecin psychiatre. Il dénonce la logique capitaliste qui prévaut dans le milieu des soins, où la relation humaine est sacrifiée sur l'autel de la productivité.

Eric Bonvin observe un système de santé à double vitesse: tandis que les traitements et spécialisations se multiplient, le temps consacré aux consultations est, lui, fortement réduit. «Les patients nous disent qu'ils sont traités comme des objets, comme de la marchandise. On n'oublie ce qu'ils éprouvent.» 

Le directeur de l'Hôpital du Valais milite pour un changement de système, où l'aspect humain et la prévention priment sur la rationalité. Cela passe notamment par la valorisation du métier des soins. 

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