Pendant des années, les propriétaires de résidences secondaires de Fiescheralp, dans le canton du Valais, se sont battus contre la commune et le commerce touristique. En raison du décompte des taxes de séjour, ils sont allés jusqu'au Tribunal fédéral – et ont partiellement obtenu gain de cause en 2022.
Mais aujourd'hui, un fossé se creuse dans les rangs des propriétaires de résidences secondaires. Et c'est encore une fois une question d'argent.
D'un côté, il y a les propriétaires de logements qui utilisent eux-mêmes leur bien immobilier. De l'autre, ceux qui louent leur bien pour en tirer profit. Or, dans le système actuel de taxe de séjour, les loueurs de type Airbnb et assimilés bénéficient d’un avantage considérable.
«Ça me met très en colère»
Au milieu de tout cela se trouve Peter Koch. Ce dernier est depuis 24 ans le président d'IG Fiescheralp, une association qui défend les intérêts des propriétaires de résidences secondaires. «Cette situation me met très en colère», déclare l'Argovien d'origine. La faute revient selon lui à la commune de Fiesch. «Depuis trois ans, elle n'est pas en mesure d'encaisser correctement les taxes de séjour, affirme-t-il. Actuellement, tous les propriétaires de résidences secondaires paient les mêmes forfaits, qu'ils louent à titre professionnel ou non.»
Au cours des derniers mois, de nombreux membres ont quitté IG Fiescheralp. Si le président n'a pas le chiffre exact en tête, la cohésion d'autrefois semble bien avoir disparu.
Le vote tenu lors de la dernière assemblée de l'association illustre à quel point l'application de la taxe de séjour divise les propriétaires de résidences secondaires. A une très courte majorité, les membres ont approuvé le projet de Peter Koch visant à adresser une lettre à la commune — une décision allant à l’encontre des intérêts financiers des loueurs Airbnb présents au sein de l’association.
Face à l'injustice
Selon la loi, pour les propriétaires de résidences secondaires qui ne louent pas à des tiers, le montant forfaitaire de la taxe de séjour dépend du nombre de lits et de la taille des chambres de leur logement. En revanche, dès lors qu'ils accueillent principalement des visiteurs, ils devraient, à l'instar des hôtels, percevoir la taxe par nuitée et par personne, puis la reverser à la commune.
«Or, ce système n'est pas appliqué chez nous, alors même que le Tribunal fédéral s'est prononcé en ce sens à deux reprises depuis 2022, souligne Peter Koch. Ce n'est ni juste ni conforme. D'où notre démarche.»
Les conséquences financières de cette situation sont importantes. L'Argovien fait référence à un exemple fictif: un propriétaire de résidence secondaire qui loue son bien immobilier de 3,5 pièces à des fins commerciales peut rapidement économiser jusqu'à 2000 francs par an grâce à la négligence de la commune. «On ne peut pas continuer comme ça!»
Une grande perte pour la commune
Il va sans dire que l'argent non encaissé manque dans la caisse de la commune. «Ce sont des milliers de francs qui ne sont pas encaissés, déclare Peter Koch. Je ne comprends pas pourquoi on assiste à cette dérive depuis le premier arrêt du Tribunal fédéral en 2022.»
Il exige donc que la commune modifie le système et encaisse correctement les propriétaires de résidences secondaires qui louent à titre professionnel. Malgré la brouille avec les membres de son association, il reste convaincu que son idée était la bonne. «Nous avons toujours exigé un système équitable et un décompte correct des taxes, cela vaut bien sûr aussi pour nous-mêmes!»
Jusqu'à présent, l'Argovien n'a pas encore eu de nouvelles de la commune de Fiesch. «Mais le système actuel doit être modifié rapidement, car la commune enfreint ainsi des jugements du Tribunal fédéral et nous nous épuisons en interne.»
«Nous sommes au courant de la requête»
Bruno Margelisch, président de la commune de Fiesch, répond à Blick: «La commune a reçu la lettre d'IG Fiescheralp et y répondra en temps voulu. Nous sommes au courant de la demande qui y est formulée.»
La commune affirme respecter la loi et appliquer les décisions du Tribunal fédéral. «Les enjeux étant complexes, l'élaboration de solutions durables demande beaucoup de temps», souligne Bruno Margelisch. En d'autres termes: la discussion sur la taxe de séjour à Fiescheralp ne sera probablement pas réglée avant le printemps prochain.