Pour sa 2e édition, le Presstival, festival consacré au journalisme romand, va à nouveau investir le stade de la Gurzelen à Bienne les 23 et 24 mai. Durant deux jours, il va reconduire la formule gagnante en proposant des débats, des expositions, des projections de films, des podcasts, des rencontres et des spectacles.
Près de 200 intervenants venus de Suisse mais aussi de l'étranger se relaieront tout au long du week-end, a annoncé jeudi Séverine Chave, responsable de la programmation. Les interventions vont se dérouler comme l'an dernier sur plusieurs lieux disséminés sur cette friche urbaine réhabilitée en lieu culturel et alternatif.
«On a vu les choses encore en plus grand», a lancé Tristan Miquel, chargé des partenariats, qui évoque un programme participatif et pléthorique. Le choix de Bienne a été reconduit, car c'était l'un des facteurs de réussite de la première édition. Le budget cette année est de 140'000 francs et la billeterie est à prix libre.
Une tente installée sur la pelouse de l'ancien stade de football qui pourra accueillir plusieurs centaines de personnes constituera le centre de la manifestation. Des conférences auront aussi lieu au pied des vieux gradins et une cabine à l'autre bout du terrain accueillera l'espace BD. «On a doublé la durée du festival, mais nous avons aussi deux fois plus d'événements», a relevé Séverine Chave. La programmation va s'articuler autour de cinq fils rouges lors de cette édition placée sous le slogan «pour y voir plus clair dans ce monde de flou».
«Mediengraben»
L'une des thématiques abordées durant ces deux jours porte sur la façon dont le journalisme est pratiqué en Suisse alémanique. Les différences de perception avec la Suisse romande apparaissent lors des votations ou dans la couverture politique. «Ce thème est né d'une volonté d'ouvrir une fenêtre sur ce qui se passe de l'autre côté de la Sarine», a expliqué Adrien Krause.
Un autre thème sera consacré à la façon de raconter la violence. «Guerres, drames, violences sexistes ou encore attaques contre les journalistes, rendre compte de la violence et des vulnérabilités ne sont pas un geste neutre», relève le festival. Autres thématiques abordées: le journalisme scientifique ainsi que le métier de journaliste sportif. La manifestation s'interrogera aussi sur le positionnement politique des journalistes, leur engagement et leur posture lors d'une table ronde intitulée «Journaliste, un métier de gauche?».
Des médias internationaux seront présents avec les Français de Médiapart, Blast et StreetPress, ainsi que les Belges de Médor et de l'émission culte Strip-Tease. Le BD journalisme et la photo de presse sont également à l'honneur. Cette manifestation, qui avait rassemblé quelque 800 personnes l'année dernière, se veut un lieu de réflexion et d'échanges sur les pratiques des métiers de la presse. Elle permet aux professionnels d'élargir leurs contacts et au public de se familiariser avec les aspects moins visibles de la profession.
Crise de la profession
Pour le comité d'organisation, cette manifestation entend en premier lieu défendre une profession qui traverse une «crise majeure marquée par la concentration des médias, la précarisation des rédactions et la fermeture de titres historiques». «Le journalisme en Suisse ne va pas bien, mais le Presstival entend lancer des initiatives positives et festives», a souligné Tristan Miguel.