Pablo Isla, le nouveau président de Nestlé a dit jeudi vouloir porter un regard «neuf et objectif» après «la période de turbulences» qu'a traversé le groupe, le géant suisse de l'alimentation s'efforçant de regagner la confiance de ses actionnaires.
Le groupe propriétaire notamment des dosettes de café Nespresso, bouillons Maggi et barres chocolatées KitKat a été secoué tour à tour par un scandale autour de ses eaux en bouteille, un rappel massif de produits dans les laits infantiles et une valse de ses dirigeants. «Nous avons traversé une période de turbulences», a reconnu Pablo Isla, son nouveau président, dans son discours d'ouverture de l'assemblée générale annuelle du groupe à Ecublens, dans l'agglomération de Lausanne.
Mais «j'apporte un point de vue neuf et objectif», a-t-il ajouté, soulignant qu'il est le premier président «depuis 25 ans» à venir «de l'extérieur». Ses deux prédécesseurs avaient fait toute leur carrière chez Nestlé. Ancien PDG du géant espagnol de la mode Inditex (Zara, Berksha, Massimo Dutti), Pablo Isla a repris la présidence de Nestlé plus tôt que prévu.
Il s'est vu confier la tête du conseil d'administration dès le 1er octobre après le départ de son prédécesseur Paul Bulcke, qui avait renoncé à sa fonction une quinzaine de jours après le licenciement du directeur général. Un an tout juste après son arrivée aux commandes, le Français Laurent Freixe avait été licencié suite à une enquête interne concernant une relation amoureuse non-divulguée avec une subordonnée directe.
«Restaurer la confiance perdue»
Mi-février, à la veille des résultats annuels du groupe, Pablo Isla avait dévoilé des mesures visant à renforcer la surveillance exercée par le conseil d'administration, notamment en prévoyant des réunions supplémentaires de ses administrateurs. Lors d'une allocution à la tribune, Vincent Kaufmann, le directeur général de la fondation Ethos, une organisation qui représente des caisses de retraites en Suisse, a dit espérer que ces mesures «contribueront à restaurer la confiance perdue» et remettre Nestlé «sur les rails d'une croissance saine et durable».
«Mais nous pensons que ces mesures ne sont pas suffisantes et attendons plus de la nouvelle équipe», après cette «succession de scandales», a ajouté le directeur de cette organisation qui intervient régulièrement lors des assemblées générales. Lors de cette assemblée qui s'est déroulée sans heurts, les actionnaires ont largement confirmé M. Isla dans sa fonction de président, avec 95,38% de voix en sa faveur.