Une alerte effrayante
Des femmes endormies au chloroforme en Suisse? Attention à cette vieille rumeur

Une alerte inquiétante circule sur les réseaux sociaux: des femmes seraient endormies au chloroforme en Suisse après avoir senti un parfum. Mais cette histoire, relayée depuis des décennies, est un vieux canular, alerte la police.
Le choc des parfums est un vieux canular qui a fait le tour du monde.
Photo: Shutterstock

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Une rumeur alarmiste circule en Suisse via les réseaux sociaux, affirmant que des femmes seraient endormies avec du chloroforme dans des lieux publics pour être dépouillées
  • Cette histoire, datant de 1999, est un canular mondialement connu et repose sur des détails invérifiables et des faits inexacts sur le chloroforme
  • Aucune plainte n’a été déposée en Suisse selon la police vaudoise, qui recommande de ne pas relayer ces messages non fondés
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Solène MonneyJournaliste Blick

A première vue, l’histoire a tout pour inquiéter. D’autant plus qu’elle se déroulerait en Suisse et viserait surtout les femmes. «Avis à toutes les filles: une amie a été endormie dans les toilettes d’un cinéma et tout lui a été volé», alerte un message sur les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou encore sur Whatsapp. Les villes suisses changent au fil des partages.

Le scénario est toujours le même. Des inconnus proposeraient à leurs victimes de sentir un parfum. Mais le flacon ne contiendrait pas une fragrance: il s’agirait en réalité de chloroforme, une substance souvent utilisée au cinéma par des criminels pour neutraliser quelqu’un en quelques secondes. Une fois la victime inconsciente, les malfaiteurs pourraient alors «voler tout ce qui a de la valeur sur toi». Sauf que cette affaire, qui se répand comme une traînée de poudre, est fausse.

«Cette histoire circule depuis des décennies, d’abord par email, puis sur des forums et maintenant sur les réseaux sociaux», explique l’eCop François Nanchen, inspecteur principal adjoint à la police cantonale vaudoise, sur ses réseaux sociaux. Il précise qu’aucune plainte de ce type n’a été reçue par la police vaudoise, ni par aucune police. «Ça crée de la psychose», s'alarme-t-il auprès de Blick.

«Des parfums sensationnels»

Dans la version qui circule actuellement, une femme aurait été abordée sur un parking par deux hommes. Ces derniers lui auraient proposé de sentir un «parfum sensationnel», qu’ils vendraient ensuite à «des prix chocs». Mais la femme aurait refusé, car elle avait reçu auparavant un message l’avertissant de cette prétendue affaire du «choc des parfums», comme elle la surnomme.

Le texte se termine par une demande classique dans ce type de chaîne: faire suivre l’alerte à ses proches. Pourtant, plusieurs éléments doivent immédiatement mettre la puce à l’oreille. Le récit reste vague, ne mentionne aucune date précise, aucune rue, aucun nom de cinéma ou de centre commercial. La victime n’est pas identifiable et les faits ne sont étayés par aucun dépôt de plainte connu.

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Mais alors, pourquoi certains remettent-ils ce canular au goût du jour? Il n’y a pourtant ni demande d’argent, ni tentative apparente de récupérer des données: seulement un message qui pousse à relayer l’alerte massivement. «Je ne sais pas si c’est de la pure malveillance ou une manière de tester la viralité. Il y a aussi une forme de prestige social à gagner des likes», explique François Nanchen. L’eCop tient toutefois à rappeler que les internautes qui repartagent ce type de message ne le font généralement pas en sachant qu’ils diffusent une fausse information. La plupart pensent au contraire alerter leurs proches face à un danger inquiétant.

Un vieux canular

Ce canular ne date d’ailleurs pas d’hier. Selon plusieurs vérifications réalisées au fil des années, cette rumeur circule depuis 1999. Elle a fait le tour du monde, de l’Angleterre à la France, en passant par la Malaisie ou encore l’Inde. A chaque fois, le récit change légèrement, mais le ressort reste le même: une mise en garde alarmiste, une victime anonyme, des détails invérifiables et une invitation à partager massivement le message. Le canular revient de manière cyclique.

Autre élément important: le chloroforme ne fonctionne pas comme dans les films. Une simple inhalation ne suffit pas à faire perdre connaissance instantanément. Pour provoquer une perte de conscience, il faut une exposition prolongée, généralement de plusieurs minutes. L’image du mouchoir imbibé qui endort quelqu’un en une seconde relève donc davantage de la fiction que de la réalité.

Conclusion: mieux vaut ne pas relayer cette alerte. Non seulement elle ne repose sur aucun fait établi, mais elle entretient inutilement la peur. En cas de doute face à ce type de message, le bon réflexe reste de vérifier la source, de chercher si une police cantonale ou une autorité officielle a communiqué, et d’éviter de partager une rumeur simplement parce qu’elle semble inquiétante.

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