«J'étais folle d'inquiétude»
Cinquante chats s'échappent d'un refuge par une clôture vandalisée à Noiraigue

A l'aube du 7 avril, la fondatrice du refuge SOS chats Noiraigue (NE) a été horrifiée de constater un trou dans l'une de ses clôtures. Certaine qu'il s'agit d'un acte volontaire, elle a toutefois pu retrouver tous ses protégés qui s'étaient évadés.
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Tomi Tomek, fondatrice du refuge SOS chats Noiraigue, a appelé la police en constatant un trou béant dans l'un de ses grillages. Une cinquantaine de chats s'était évadée.
Photo: DR
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

Pour Tomi Tomek, présidente et fondatrice du refuge SOS Chats Noiraigue (NE), l’aube du mardi 7 avril s’est levée sur une terrible surprise: l’un des grillages entourant la propriété présentait un trou béant, que la propriétaire a immédiatement perçu comme étant un acte volontaire.

«J’ai l’habitude de laisser sortir les chats en me levant, nous raconte-t-elle par téléphone. Or, ce matin, j’ai constaté avec effroi que ma chienne ne réapparaissait pas après sa balade, comme elle le fait toujours. C’est alors que j’ai aperçu le trou, dans un coin bien dissimulé du terrain. Une cinquantaine de chats étaient dehors. Cela m’a rendue malade, j’étais très inquiète qu’ils s’aventurent du côté de la forêt et se perdent.»

Tomi Tomek s’empresse d’appeler la police et demande aussitôt l’aide de son équipe, qui se rue à son secours. Le groupe dresse la liste des 98 félins hébergés au refuge et s’évertue alors à appeler les chats évadés, qui rentrent, un par un, se réfugier dans leur foyer d’adoption. «On a déployé tous les moyens possibles, en tentant de les appâter avec des bâtonnets et d’autres friandises qu’ils apprécient, poursuit la fondatrice. Heureusement, le tiers d’entre eux est rentré tout de suite.»

Après une heure d’efforts, tous les chats réapparaissent, au grand soulagement de l’équipe. Pour notre interlocutrice, il s’agit d’une preuve que ses petits protégés se sentent en sécurité chez elle.

«Je pense que nous avons des ennemis»

La police s’est rendue sur place pour évaluer le grillage vandalisé. «Ils se sont montrés très empathiques, affirme Tomi Tomek. Je voulais qu’ils relèvent des empruntes, car nous avons aussi trouvé les portes de la grange grandes ouvertes. Or, ce n’était malheureusement pas possible, d’autant plus que les responsables portaient probablement des gants.»

Mais qui aurait l’idée d’endommager une clôture abritant près d’une centaine d’animaux, en compromettant leur sécurité? «Même si j’ignore ce que cet acte a pu leur apporter, je pense que nous avons peut-être des ennemis, explique la responsable du lieu. Nous nous occupons de chats errants, maltraités ou ayant eu un comportement agressif envers les humains. Ce sont des chats que les vétérinaires ou les autres refuges cherchent généralement à euthanasier. Nous sommes par ailleurs engagés dans d’autres combats, notamment en faveur de la protection du loup et de l’interdiction du foie gras. Certaines personnes n’aiment pas cela.»

«On était perçus comme des sorcières»

Le refuge, qui fêtera son 45e anniversaire en octobre 2026, n’avait pourtant connu aucun incident depuis une dizaine d’années. A cette époque, Tomi Tomek se souvient d’avoir affronté une vague de critiques véhémentes: «On était perçus comme des sorcières, un chat a même été brûlé avec de l’essence.»

Depuis, les chats n’ont plus l’autorisation de quitter le refuge le soir et ne sortent que le matin. En plus de cela, l’équipe fera désormais en sorte de vérifier l’ensemble des grillages avant la promenade matinale des matous, afin d’éviter que ce type d’événement ne se reproduise. L’équipe a également contacté un expert, afin de faire installer un système de caméras.

Lorsqu’on lui demande si elle ressent de la peur, Tomi Tomek répond, sans hésiter, par la négative: «Nous avons une chienne qui se montre agressive avec les personnes qu’elle ne connaît pas, d’autant plus si elles se permettent d’entrer dans la maison, indique-t-elle. Et il est presque impossible de voler nos chats, car ils ne se laissent pas faire. Ce sont de vrais petits tigres!»

Le 17 octobre, le refuge organisera une fête, en l’honneur de ses 45 ans d’existence, avec la présence probable de personnalités rattachées à la cause animale, comme Lauriane Gilliéron. 

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