Bientôt extradé?
Un Brésilien arrêté à Neuchâtel rattrapé par son passé

Un Brésilien vivant à Neuchâtel depuis 2015 restera en détention en vue d'une possible extradition vers son pays. Condamné en 2013 à 12 ans de prison pour une tentative de meurtre, il conteste cette décision.
Condamné au Brésil, il restera en détention à Neuchâtel.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Un Brésilien établi à Neuchâtel depuis plus de dix ans restera en détention avant d'être éventuellement extradé, a tranché le Tribunal pénal fédéral. Avant de s'établir en Suisse, il avait été condamné en 2013 à douze ans de prison par un tribunal brésilien pour avoir blessé un tiers en usant d'une arme à feu. Les faits remontent à plus de 20 ans: il avait tenté en 2004 de tuer trois personnes «pour un motif futile» en faisant feu, blessant l'une de ces personnes, comme l'a retenu la Cour de Santana - Sao Paulo.

Il n'avait pas purgé sa peine, s'établissant en Suisse en 2015. Les autorités brésiliennes ont requis en janvier 2024 son extradition. Rattrapé par son passé, l'homme se trouve en détention depuis mai 2026, arrêté sur la base d'un mandat d'arrêt en vue d'extradition. Le Brésilien s'opposant à son extradition, les juges doivent déterminer si les conditions en sont remplies.

En attendant, le Brésilien a recouru contre son maintien en détention extraditionnelle : il a relevé dans son recours qu'il est installé dans le canton de Neuchâtel depuis plus de 10 ans, qu'il y est employé à temps plein et n'émarge pas à l'aide sociale.

Trois enfants et un travail en Suisse

Il s'occupe de ses deux filles de 15 ans et 13 ans, alors que son fils de 9 ans vit avec sa mère. Il conteste ainsi le bien-fondé d'être maintenu en détention le temps que les juges se prononcent sur une éventuelle extradition. Il n'y aurait selon lui aucun risque de fuite, conclut-il.

Les juges de Bellinzone, dans un arrêt publié mardi, n'ont pas été convaincus par ses arguments. Ils relèvent qu'il n'est pas exclu au vu de la gravité de la peine que le Brésilien cherche à se soustraire à l'exécution de cette peine s'il était remis en liberté en Suisse, et ce avant la décision sur la demande d'extradition. Ce risque de fuite n'est pas contrecarré par la présence des enfants du recourant en Suisse, estiment les juges.

Enfin, le recourant allègue que le temps a passé depuis les faits reprochés et la condamnation: il argumente qu'il a depuis reconstruit sa vie en Suisse, y fondant une famille et y travaillant. Il lui est rétorqué qu'il n'a hésité à quitter le Brésil en y laissant ses deux premiers enfants pour venir se réfugier en Suisse. L'une de ses filles ne l'y a rejoint qu'en 2023. Son recours a dès lors été rejeté.

En principe, dans une procédure d'extradition, la détention de la personne poursuivie est la règle. Elle vise à parer tout risque de fuite, rappellent les juges de Bellinzone.

(arrêt du 30 juin 2026, RH.2026.6)

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