Les Vaudois savourent leur revanche
A peine posée, la végétalisation du tram genevois vire déjà au fiasco

Dix jours après son installation, la végétalisation des voies de tram de la rue de Carouge à Genève vire au brun sous les passages interdits. La Ville va devoir replanter… pendant que certains Vaudois savourent leur revanche.
Les tronçons de végétalisation à la rue de Carouge ont laissé place à des marques de véhicules.
Photo: Blick/Solène Monney

En bref

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  • La végétalisation des voies de tram de la rue de Carouge à Genève, installée le 17 août sur 700 mètres, est déjà endommagée avec des traces brunes visibles.
  • Ce projet, qui a coûté 180'000 CHF, devait résister aux conditions urbaines mais a vite tourné au fiasco.
  • Des Vaudois se moquent de la mésaventure genevoise, alors que Lausanne avait rejeté une végétalisation similaire pour son tram en raison de contraintes locales.
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Solène MonneyJournaliste Blick

La végétalisation des voies de tram de la rue de Carouge faisait la fierté de Genève, tout en faisant grincer quelques dents côté vaudois, où le futur tram lausannois doit notamment circuler sur une plateforme en béton. Mais dix jours seulement après la pose de sept tronçons végétalisés, représentant 700 mètres au total, le 17 août, la parenthèse verte tourne déjà quelque peu au fiasco.

A la place des plantes de type sédum, une espèce de plante succulente, choisies pour leur capacité à résister «aux conditions urbaines contraignantes», de larges traces brunes apparaissent désormais sur plusieurs portions de la voie. De quoi agacer la Ville de Genève, qui a investi 180'000 francs dans la végétalisation de la rue de Carouge. Une nouvelle intervention est désormais prévue pour remplacer les parties endommagées.

Une situation qui entraînera non seulement de nouvelles nuisances pour les riverains, mais aussi des coûts supplémentaires. «Une conséquence que nous déplorons, puisqu'elle résulte du non-respect de l'interdiction de circuler», indique à Blick Anaïs Balabazan, communicante au Département de l'aménagement, des constructions et de la mobilité de la Ville de Genève.

La Ville prévient déjà qu'elle ne laissera plus passer ce type de dégradations. Des plaintes contre X seront désormais déposées systématiquement «dès que les déprédations atteignent un montant important».

Police, Sécuritas, vélos… sur les voies végétalisées

Mais d'où viennent ces traces dans une rue censée être piétonne? «Des véhicules de police, de Sécuritas, des voitures privées, des vélos et des trottinettes ont été vus circulant sur le site du tram et tout particulièrement sur le revêtement végétal», précise Anaïs Balabazan. A l'exception des pompiers, toute circulation y est pourtant strictement interdite.

Un rappel a déjà été adressé aux différents services concernés. Des documents sont également en préparation à destination des usagers, des riverains, des commerçants et des services publics afin d'éviter de nouveaux dégâts. A terme, une fois les travaux achevés, une voie spécifique pourra être empruntée par les mobilités douces, mais aussi pour les livraisons ainsi que par les services de secours et de police.

Pas question pour autant, du côté de la Ville, de renoncer à la végétalisation. «Végétaliser les voies de tram est un élément parmi d'autres qui contribue à lutter contre les îlots de chaleur», souligne Anaïs Balabazan. Les portions trop abîmées pour se régénérer seules seront donc replantées.

La revanche des Vaudois

La végétalisation genevoise avait beaucoup fait parler ces derniers temps, alors que les esprits s'échauffaient autour du tracé du nouveau tram vaudois, notamment sur son arrivée au Flon, à Lausanne. L'exemple genevois avait alors été brandi pour démontrer qu'il était possible de végétaliser les infrastructures de transport et ainsi de lutter contre les îlots de chaleur.

Interrogés par Blick, les Transports lausannois avaient toutefois expliqué que, pour le secteur Port-Franc/Flon, «les études ont confirmé que l'engazonnement ou la végétalisation de la plateforme n'étaient pas compatibles avec les contraintes spécifiques du site». En cause, la «forte densité d'usages et de déplacements», entre les piétons, les cyclistes, l'accès aux différents services et la nécessité de pouvoir traverser la chaussée sur une grande partie du tracé.

Aujourd'hui, certains Vaudois savourent donc la mésaventure genevoise. Sur les réseaux sociaux, les publications se multiplient, notamment dans des groupes Facebook comme «J'aime Lausanne». Plusieurs internautes ne se privent pas de railler le résultat: «Qui a eu cette idée géniale?» ou encore «Un bon urbaniste aurait su éviter cette horreur», peut-on notamment lire.

A Genève, le tapis vert a donc rapidement viré au brun. Une mésaventure qui, à Lausanne, risque de faire sourire encore un moment.

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