Le train pour Sion, parti de Lausanne ce jeudi 12 février peu avant 7h du matin, transportait toute la colère des proches de Trystan Pidoux (17 ans). Les parents du jeune habitant de Lutry, mort dans l’incendie de Crans-Montana, ont annoncé leur envie de «confronter» et de «regarder Jessica Moretti dans les yeux» avant son audience par le Ministère public valaisan dans les locaux de la HES-SO. A l'invitation de la famille, Blick était du voyage et vous raconte le calme avant la tempête.
A Lausanne, une équipe de dix personnes est montée de nuit dans le wagon: le papa et la maman de Trystan, ses frères et sœur Elyas, Yaëlle et Tobyas. Mais aussi des amis, parmi lesquels Allegra Petruzzi, organisatrice de la marche blanche de Lutry fin janvier. Et Ludo, un habitant de Crans-Montana qui était l’un des intervenants lors de la tragédie et qui depuis est auprès de la famille en deuil.
Une journaliste italienne suivait toute la procession. «D’autres parents doivent nous rejoindre à Sion», précise le papa de Trystan. L’audience durera toute la journée. Un second moment de réunion de plusieurs parents devant le lieu choisi par la justice valaisanne est prévu dès 18h, dans l’attente de la sortie des prévenus.
Notons que le papa d'une autre victime décédée à Crans-Montana nous a contacté ce jeudi 12 février. La raison? Il souhaite ne pas être associé au « jeu de la sur-médiatisation» qu'a «librement choisi» la famille de Trystan. Il veut que l'expression «les familles de victimes» soit utilisée avec décence.
«Je n’accepte pas, ni ne désire, en tant que parent d’une victime, être associé à ces gens, ni à leur actions, ainsi qu’à la récupération et instrumentalisation politique auxquels ils s’adonnent en faveur de Giorgia Meloni notamment», déclare ce papa endeuillé. «Grazie mille Giorgia Meloni!», avait scandé le papa de Trystan en janvier, en s'adressant à la presse lors de la marche blanche de Lutry.
Notons que le papa d'une autre victime décédée à Crans-Montana nous a contacté ce jeudi 12 février. La raison? Il souhaite ne pas être associé au « jeu de la sur-médiatisation» qu'a «librement choisi» la famille de Trystan. Il veut que l'expression «les familles de victimes» soit utilisée avec décence.
«Je n’accepte pas, ni ne désire, en tant que parent d’une victime, être associé à ces gens, ni à leur actions, ainsi qu’à la récupération et instrumentalisation politique auxquels ils s’adonnent en faveur de Giorgia Meloni notamment», déclare ce papa endeuillé. «Grazie mille Giorgia Meloni!», avait scandé le papa de Trystan en janvier, en s'adressant à la presse lors de la marche blanche de Lutry.
Le premier retour en Valais
Pour tous, c’est la première fois qu’ils retournent en Valais depuis ce tragique 1er janvier. «Je ne me sens pas du tout en sécurité, en revenant dans ce canton. Je n’ai confiance en aucune autorité valaisanne», assène Vinciane Stucky, avec ses enfants assis autour d’elle et serrant contre elle une pancarte montrant une photo de son fils décédé. Derrière eux, seul avec la journaliste italienne dans son carré de sièges, le papa de Trystan nous invite à filmer et à photographier le petit groupe.
La maman en deuil exprime à Blick sa volonté de participer à l’audience de Jessica Moretti. Elle souhaite être dans la même salle que celle qu’elle qualifie sans détour de «tueuse de [s]on fils», avant même le début d’un procès. «Si la porte de secours avait été ouverte, Trystan aurait pu sauver son copain et il serait vivant. Il n’y a pas de pardon, pas de résilience, pas d’oubli possible. C’est ce que je veux lui faire comprendre, aujourd’hui à Sion.»
En face d’elle, Ludo a fait graver sur son bras droit la date de son intervention au «Constellation»: 01.01.2026. «J’ai décidé de faire un tatouage pour immortaliser ce moment qui fait désormais partie de ma vie, glisse le Valaisan. Je veux montrer à la famille de Trystan que je ne vais jamais les lâcher.»
Voyage sans billets et conflit avec les CFF
Tous ont fait le choix de ne pas prendre de billets de train. Un signe de protestation après l’amende reçue par un père et sa fille souhaitant se rendre au chevet d’une grande brûlée. «Le contrôleur n’a rien voulu entendre de leurs explications. A la suite de cela, on a écrit aux CFF (ndlr: en leur demandant de pouvoir voyager gratuitement) qui nous ont dit… d’aller nous faire foutre», enrage le père au micro de Blick.
Ce jeudi matin, les CFF ont répondu aux accusations dont ils font l’objet par cette famille de victime. «Depuis plusieurs jours, des avocats représentant les familles exigent que les CFF accordent la gratuité de transport et qu’ils suppriment des amendes perçues lors de contrôles sans titre de transport», indique le porte-parole Jean-Philippe Schmidt. En disant comprendre que «l’on veuille que les transports publics aident les proches de victimes hospitalisées à voyager», l’ex-régie fédérale exprime toutefois que «dans un souci d’égalité de traitement par rapport aux autres clients touchés par d’autres tragiques événements, la branche des transports publics ne peut toutefois pas prendre en charge ces coûts individuels».
Les familles de victimes de Crans-Montana devront donc à l’avenir «être en possession d’un billet valable». Concernant l’amende reçue par le père et sa fille, elle s’est d’abord élevée à 351 francs. Par «souplesse commerciale», les CFF ont décidé «de réduire les montants des amendes et de ne facturer que le prix des billets avec un supplément de 10 francs». Il reste donc une amende de 121 francs à payer, qui comprend le prix des billets et deux fois un supplément de 10 francs.
Les CFF rappellent en outre que «d’autres services apportent un soutien ciblé dans ce domaine». Ils citent l'aide d'urgence de 10'000 francs pour chacune des familles de victimes hospitalisées, ainsi que la loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI), qui prévoit une aide d'urgence couvrant notamment les frais de voyage et de transport. «En ces temps difficiles, les CFF et l’ensemble de leurs collaboratrices et collaborateurs expriment leur profonde et sincère sympathie à toutes les personnes touchées. Leurs pensées vont aux victimes, à leurs familles et à leurs amis», fait savoir le porte parole.
Ce jeudi matin, les CFF ont répondu aux accusations dont ils font l’objet par cette famille de victime. «Depuis plusieurs jours, des avocats représentant les familles exigent que les CFF accordent la gratuité de transport et qu’ils suppriment des amendes perçues lors de contrôles sans titre de transport», indique le porte-parole Jean-Philippe Schmidt. En disant comprendre que «l’on veuille que les transports publics aident les proches de victimes hospitalisées à voyager», l’ex-régie fédérale exprime toutefois que «dans un souci d’égalité de traitement par rapport aux autres clients touchés par d’autres tragiques événements, la branche des transports publics ne peut toutefois pas prendre en charge ces coûts individuels».
Les familles de victimes de Crans-Montana devront donc à l’avenir «être en possession d’un billet valable». Concernant l’amende reçue par le père et sa fille, elle s’est d’abord élevée à 351 francs. Par «souplesse commerciale», les CFF ont décidé «de réduire les montants des amendes et de ne facturer que le prix des billets avec un supplément de 10 francs». Il reste donc une amende de 121 francs à payer, qui comprend le prix des billets et deux fois un supplément de 10 francs.
Les CFF rappellent en outre que «d’autres services apportent un soutien ciblé dans ce domaine». Ils citent l'aide d'urgence de 10'000 francs pour chacune des familles de victimes hospitalisées, ainsi que la loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI), qui prévoit une aide d'urgence couvrant notamment les frais de voyage et de transport. «En ces temps difficiles, les CFF et l’ensemble de leurs collaboratrices et collaborateurs expriment leur profonde et sincère sympathie à toutes les personnes touchées. Leurs pensées vont aux victimes, à leurs familles et à leurs amis», fait savoir le porte parole.
Juste avant Vevey, une contrôleuse CFF apparaît pour demander les titres de transport. A son arrivée, le père de Trystan se lève et la journaliste et des proches se mettent à filmer – ce que l’employée demande d’arrêter. Le papa lui explique la situation et la contrôleuse finit par continuer son chemin. Le ton de la confrontation est poli, mais ferme.
«Cette contrôleuse-là avait l’air très humaine, commente le principal intéressé peu après. Quand elle a compris, elle a dit qu’elle était de tout cœur avec nous. Quand on prend les gens individuellement, ils restent humains.» Pour autant, des agents de police attendaient le groupe sur le quai de gare à Sion lors de leur arrivée peu après 8h, mentionnant avoir été contactés par les CFF.
Une rencontre au calme, c'est non!
A la demande du papa, la famille les ignore pour se rendre directement devant le campus Energypolis de la HES-SO Valais Wallis, à quelques minutes à pied de là. Objectif? Ne pas manquer l’arrivée de Jessica Moretti dans le bâtiment réquisitionné par la justice valaisanne pour accueillir tous les avocats des parties plaignantes lors des audiences. Vinciane Stucky, elle, se rend d’abord auprès de son avocat Jean-Luc Addor, pour préparer l’audience à laquelle elle a, selon ses dires, été autorisée à participer.
«J’ai besoin de confronter cette femme, de la fixer et qu’elle n’ait pas que des avocats en face d’elle, mais aussi des mères de victimes.» La veille, mercredi, une autre mère a pu être présente lors de l’audition de Jacques Moretti. Leila Micheloud a pu s’entretenir quelques minutes en privé avec le couple de gérants, au sujet de ses deux filles blessées à Crans-Montana. Une rencontre saluée par les avocats des deux parties – Me Sébastien Fanti côté victimes, Me Yaël Hayat et Me Nicola Meier côté Moretti.
Les parents de Trystan ne sont pas dans une dynamique de justice restaurative et estiment qu’avec un enfant mort, la situation est tout autre. «Chacun est libre de vivre son deuil ou cette procédure comme il le souhaite. C’est un bon coup de pub pour les avocats, mais nous n’accorderons aucun pardon», assène Vinciane Stucky. Si Jessica Moretti s’adresse à elle pour lui présenter ses excuses, elle a préparé une réponse cinglante, sans concession.
Place aux caméras… et au chaos
Arrivés à l’extérieur de la salle d’audience, le groupe est assailli par des médias de toutes nationalités. Le papa de Trystan prend la parole dans plusieurs langues – italien, allemand, anglais et bien sûr français. Même Tobyas, le petit frère de Trystan âgé de 14 ans, fait face aux caméras internationales.
Peu à peu, ce cortège se déplace près de l’entrée. C’est là que, vers 10h, la colère renfermée durant le trajet a explosé, laissant place aux cris, aux bousculades et aux accusations. «Regardez-moi dans les yeux. Vous avez tué mon frère», lance Tobyas aux époux Moretti, protégés par deux policiers et leurs avocats dans le chaos. L’audience du jour s’annonce électrique, pas sûr que la justice avance.