Si une centaine de Lausannois se sont réunis, ce samedi 29 août au Parc de Valency, c’est pour le vernissage d’un album de rap posthume. Celui de Marvin, jeune rappeur de 17 ans mort d’un accident de scooter une année plus tôt à la suite d’une course-poursuite avec la police. Un évènement qui avait été l'étincelle des émeutes de Prélaz.
Il est 17h. L’oncle du défunt, seul sur la petite scène montée pour le festival «Afrique en Ville», prend la parole pour présenter l’album «KDO». «Sa mère a reçu cette musique comme un cadeau du ciel», explique Justin Bonga-Schärli à propos de la dizaine de morceaux, mis en musique à partir d’enregistrements réalisés par Marvin avant son décès.
«Il aurait voulu vous voir bouger»
Avant de passer chacun des 11 titres, un par un, l’oncle invite la foule multiculturelle – faites de membres de la famille, d'amis du même âge, d'habitants du quartier de Prélaz et de curieux – à s’approcher de la scène. «S’il avait été là, il aurait voulu vous voir bouger, répète l’oncle entre chaque son. Ne soyez pas timide, vous avez le droit de danser, la famille ne vous en voudra pas.»
Petit à petit, les têtes commencent à se balancer en rythme. «C’est un héritage qu’il nous transmet. C’est tout ce qu’il nous reste de lui, qui voulait devenir rappeur. On se devait de faire quelque chose de ses textes, de les partager», s’émeut auprès de Blick Justin Bonga-Schärli, satisfait de la réception de l’album et du soutien reçu.
Ses amis lui rendent hommage
A la fin du dernier morceau, au tour de l'ancien groupe de Marvin «2septG» de prendre la scène. Son grand frère Dayron le remplace numériquement aux côtés de son cousin Daryl et de son meilleur ami Kaljy. «Marvin aurait pas voulu qu'on s'arrête de faire du son, commente Daryl. Il voyait le rap comme une musique qui rassemble, véhicule des émotions positives et transmet des messages.»
Dans leurs textes, les trois rappeurs de 20 et 23 ans déversent leurs émotions et leurs revendications sans détour, notamment vis-à-vis de la police. «Merci d’être venus pour ce vernissage, ça fait chaud au cœur de voir que Marvin réunit encore autant de monde, même après sa mort», adresse Kaljy au public.
L’album «KDO» sera sur les plateformes ce samedi soir à minuit. Ce «travail collectif de longs mois», a été produit par le DJ lausannois SANTO, avec un soutien financier de la Ville de Lausanne. C’est grâce à la coordination d’Emmanuel Madior Diouf, l’un des responsables de la Permanence Jeunes Borde (PJB), le centre socioculturel où Marvin passait «presque tout son temps» que cet objet musical posthume a pu voir le jour.