Réaction à Lausanne
L’expo polémique suspendue, les organisateurs dénoncent des «intimidations»

Les panneaux polémiques «Le génocide suisse en Palestine?» ont été décrochés après plusieurs réclamations. Stop Pillage hurle anonymement à la censure.
Les panneaux polémiques «Le génocide suisse en Palestine?» ont été décrochés après plusieurs réclamations.
Photo: DR
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Claude AnsermozRédacteur en chef en charge des contenus

L’exposition qui visait nommément des médias et journalistes suisses à Lausanne reste suspendue – mais la controverse est loin d’être close. Alors que Pôle Sud invoque la protection de la personnalité pour justifier le décrochage de certains panneaux, les organisateurs dénoncent, eux, des «intimidations» et parlent d’atteinte à la liberté d’expression.

Comme révélé par Blick, le centre socioculturel lausannois a pris une décision rapide après avoir pris connaissance du contenu de l’exposition «Le génocide suisse en Palestine?». «Nous avons décidé mercredi soir de fermer immédiatement l’accès au public de cette exposition et de la suspendre dans sa forme actuelle», explique le comité.

En cause: des panneaux mentionnant des personnes nommément identifiées. Pôle Sud affirme avoir «immédiatement décroché les plaques […] portant plusieurs noms et données personnelles», invoquant un souci de protection de la personnalité et la nécessité d’un examen juridique. Une éventuelle réouverture n’est pas exclue, mais uniquement après une analyse approfondie. De leur côté, Ringier et la RTS avaient envoyé des courriers juridiques de mise en demeure.

Les organisateurs parlent de «censure»

Du côté du collectif Stop Pillage, le ton est tout autre. Dans un communiqué collectif qui se passe, lui, de signatures individuelles responsabilisant la réponse, les organisateurs expliquent avoir suspendu l’exposition «en raison d’intimidations».

Ils évoquent des «menaces juridiques» faisant suite au succès de l’événement, qui aurait attiré près de 500 personnes en deux jours. «Nous considérons que ces tentatives de censure constituent des attaques inacceptables à la liberté d’expression», écrivent-ils. Une étude juridique est en cours, et le collectif annonce son intention de rouvrir l’exposition «au terme de ce processus».

Une ligne inchangée sur le fond

Malgré la suspension, les organisateurs ne nuancent pas leur propos. «Nous continuons à dénoncer l’impérialisme de la Suisse et sa complicité dans le génocide du peuple palestinien», affirment-ils dans leur communiqué.

L’exposition, présentée dans le cadre du sommet Stop Pillage à Pôle Sud, se veut le résultat d’un «minutieux travail d’investigation» sur les liens entre la Suisse – politique, médias, universités ou économie – et la colonisation en Palestine. Un “minutieux travail d’investigation” qui n’a visiblement pas convaincu pour l’instant le lieu d’accueil. Pôle Sud insiste de son côté sur un principe: si le lieu se veut ouvert au débat, «cela impose une rigueur et une attention particulière aux sources, à la contextualisation, au respect du droit et des personnes».

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