Elus vaudois en soutien
A Lausanne, des collectifs haussent le ton contre le renvoi de Palestiniens

Soutenus par des élus, des collectifs lausannois dénoncent des renvois visant des Palestiniens originaires de Gaza. Réunis en conférence de presse mercredi, ils demandent aux autorités vaudoises de suspendre ces expulsions.
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Plusieurs collectifs ont dénoncé les renvois de Palestiniens, demandant aux autorités suisses d'agir.
Photo: J / CC BY-NC-SA
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Mathilde JaccardJournaliste Blick

Stop aux renvois: tel est le cri de colère de plusieurs collectifs défendant le droit d'asile. Lors d’une conférence de presse organisée par la Coalition contre les renvois, ce mercredi 25 février à Lausanne, les organisateurs ont dénoncé la poursuite de procédures d’expulsion visant des personnes originaires de Gaza, malgré «le génocide en cours et l’avancée de la colonisation israélienne en Cisjordanie».

Une cinquantaine de députés du Grand Conseil vaudois – de gauche et Vert'libéraux – a signé une pétition. Les représentants associatifs, les députés au Grand Conseil vaudois Julien Eggenberger (Parti socialiste) et Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche) ont pris part à la conférence. Deux Palestiniens, qui font l’objet de décisions de transfert vers d’autres pays européens au titre du règlement Dublin III, ont également témoigné. 

Des renvois «inhumains»

Aux côtés de Médecins du Monde Suisse, la Coalition – qui regroupe de Droit de rester Vaud, Droit de rester Fribourg, Solidarité sans Frontière et Solidarité Tattes – dénonce des renvois qu'elle juge «inhumains». Elle estime que les vulnérabilités médicales et psychiques ne sont pas suffisamment prises en compte et que la Suisse dispose, via l’article 17 du règlement Dublin III, d’une marge de manœuvre lui permettant de traiter elle-même certaines demandes.

«Si on n’applique pas cette clause pour des personnes directement touchées par un génocide, alors quand?», s'offusque Elisa Turtschi, coordinatrice de l’Observatoire romand du droit d’asile et des étrangers. Les collectifs pointent également du doigt les conditions d’accueil dans certains pays des Balkans.

En Croatie, des ONG documentent depuis des années des violences policières systématiques à l’encontre de personnes migrantes, comme en témoigne cette famille que nous avions suivie pendant plusieurs mois. En Grèce, l’obtention d’un statut de protection entraîne par ailleurs la fin des aides étatiques, laissant de nombreuses personnes sans logement ni soutien financier ou accès effectif aux soins, insiste la Coalition.

Parcours marqués par les violences

Entre les différentes allocutions, un jeune Gazaoui de 23 ans a raconté son parcours traumatique. Après avoir quitté l’enclave en 2024 pour accompagner son père blessé en Egypte, il s’exile seul vers l’Europe. En Grèce, il obtient certes un statut de réfugié mais se retrouve sans ressources et sans accès aux soins. 

Arrivé en Suisse en février 2025, il doit subir deux opérations en urgence. «En Grèce, j’étais malade, mais j’ignorais de quoi je souffrais. Ici, je vois enfin des médecins. Mais aucun médecin ne peut réparer ma vie», témoigne-t-il. Malgré son état de santé, son renvoi est actuellement envisagé en application du règlement Dublin.

Un sursis demandé

En conséquence, la Coalition demande un sursis aux renvois de ressortissants palestiniens tant que la situation à Gaza demeure invivable. Elle réclame également la suspension des renvois vers la Croatie et la Grèce, ainsi qu’une intervention des autorités suisses en faveur de l’octroi de l’asile.

Les députés présents ont appelé les autorités vaudoises et fédérales à faire usage de leur marge de manœuvre. «Nous demandons qu’elles renoncent aux renvois lorsque le pays de destination n’offre pas de garanties suffisantes en matière de sécurité, de suivi sanitaire et de conditions d’hébergement», a martelé Julien Eggenberger, par ailleurs candidat à la Municipalité de Lausanne.

Pour rappel, la majorité du Grand Conseil vaudois avait adopté en juin 2025 une résolution demandant aux autorités d’agir face à la situation à Gaza. Pour les collectifs, le moment est venu de traduire cette position politique en décisions concrètes.

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