«Pas les compétences en interne»
Les conducteurs du tram lausannois ont dû faire leurs armes à Genève

D'ici la fin de l'année, le tram sera de retour à Lausanne. Soixante ans après l'avoir abandonné, les Vaudois ont pu compter sur les Genevois pour se former.
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Fin 2026, le tramway lausannois reliera le Flon à la gare de Renens sur un tracé de 4,6 kilomètres.
Photo: KEYSTONE
Toan Izaguirre

45 mètres de long, 3 de large, 60 tonnes: pour dompter le futur tram lausannois, les conducteurs ont dû traverser la frontière – et s'en remettre aux bons soins de Genève. Soixante ans après avoir enterré son réseau de trams pour faire place à la voiture, Lausanne doit maintenant déterrer un savoir-faire enfoui. Le retour du tramway est prévu d'ici la fin de l'année. La ligne reliera le Flon, au cœur de la capitale vaudoise, à la gare de Renens, en 15 minutes sur un tracé de 4,6 kilomètres ponctué de dix arrêts.

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Les deux premières rames ont été livrées et dévoilées à la presse ce mardi, en présence des autorités. «Il entre littéralement dans notre paysage et bientôt dans notre quotidien», déclarait la conseillère d'Etat vaudoise Nuria Gorrite lors de la conférence de presse organisée dans les ateliers. Mais avant cela, restent quelques essais techniques et surtout, un défi humain: former les conducteurs.

Une formation à Genève

Dès 2024, c'était le «retour à l'école» pour dix collaborateurs des Transports publics lausannois (TL), envoyés à Genève pour se former sur le réseau de leur voisin avant de rentrer transmettre ce savoir-faire à leurs collègues. Ce sont les TL qui ont initié et sollicité l'aide des genevois. «On n'avait naturellement pas les compétences en interne», reconnait Alexandra Gindroz, porte-parole des TL. 

Pendant trois mois, des Vaudois ont suivi une formation initiale, avant de travailler durant environ cinq mois en «autonomie sur le réseau genevois afin de consolider les acquis», explique, pour sa part, François Mutter, porte-parole des Transports publics genevois (TPG).

Deux différences entre le tramway lausannois et genevois

1. L'écartement des rails: A Genève, comme dans de nombreuses autres villes, l'écartement des rails est d'un mètre. Dans la capitale vaudoise, il sera de 1,435 mètre. Cette particularité est rendue possible par le tracé rectiligne et permet de faire circuler un tramway du fabricant Stadler, «le plus capacitaire du marché».

2. Une circulation quasi exclusive sur site propre: Dans de nombreuses villes, les tramways partagent la route avec automobilistes ou cyclistes – c'est le cas à Genève, Bâle ou Zurich. A Lausanne, le tramway circulera presque uniquement sur une voie réservée, à l'exception des extrémités de la ligne, au Flon et aux abords de la gare de Renens. Ce qui devrait limiter le risque d'accidents; les TL communiquent déjà sur le sujet et mènent des actions de prévention. Dans son dernier rapport, l'Office fédéral des transports fait état d'une hausse des accidents impliquant des tramways, avec 80 incidents recensés en 2024 pour 11 décès.

1. L'écartement des rails: A Genève, comme dans de nombreuses autres villes, l'écartement des rails est d'un mètre. Dans la capitale vaudoise, il sera de 1,435 mètre. Cette particularité est rendue possible par le tracé rectiligne et permet de faire circuler un tramway du fabricant Stadler, «le plus capacitaire du marché».

2. Une circulation quasi exclusive sur site propre: Dans de nombreuses villes, les tramways partagent la route avec automobilistes ou cyclistes – c'est le cas à Genève, Bâle ou Zurich. A Lausanne, le tramway circulera presque uniquement sur une voie réservée, à l'exception des extrémités de la ligne, au Flon et aux abords de la gare de Renens. Ce qui devrait limiter le risque d'accidents; les TL communiquent déjà sur le sujet et mènent des actions de prévention. Dans son dernier rapport, l'Office fédéral des transports fait état d'une hausse des accidents impliquant des tramways, avec 80 incidents recensés en 2024 pour 11 décès.

Ces heures de conduite en terres (ou plutôt sur rail) genevoises ont permis d'atteindre le minimum légal des 500 heures requises pour conduire un tram. Les TPG jugent la collaboration entre les deux entreprises «très enrichissante». Au total, six formateurs de la cité de Calvin ont enseigné la conduite du tram à dix de leurs homologues lausannois. Après une phase de tests et d'homologation, les futurs wattmans vaudois pourront, dès le mois de juin, rouler et s'entraîner sur le tracé.

Avoir «la main tram»

Quarante-cinq conducteurs se relaieront aux commandes des dix rames que comptera la ligne. Tous ont déjà été sélectionnés et sont actuellement en formation. «On a recruté en interne», explique la porte-parole des TL. Un choix logique, explique-t-elle, ces collaborateurs connaissant le réseau pour y conduire quotidiennement bus et trolleybus. «On a capitalisé sur l'expérience de notre personnel actuel.»

Pour autant, les nouveaux conducteurs ne seront pas cantonnés à la ligne, histoire de «diversifier» leur activité. «Ils ne seront pas tous les jours sur la ligne du tram», souligne encore la porte-parole. Dans le jargon, lorsqu'un collaborateur est habilité à conduire bus, trolleybus et tram, «on dit qu'il a trois mains», glisse-t-on du côté des TPG. A Genève, 566 conductrices et conducteurs possèdent la «main tram», «ce qui reflète l'importance du réseau tramway dans l'exploitation des TPG», assure François Mutter.

Dans les années soixante, le tram roulait entre Renens et Lausanne. Il a été retiré pour faire place à la voiture. Une rame des TL ici le 3 septembre 1963.
Photo: Capture d'écran / notrehistoire.ch

Pas de nouveaux recrutements

Au TL, le recrutement est habituellement ouvert en permanence. Mais là, les candidatures sont «temporairement suspendues jusqu'en mai», peut-on lire sur la page dédiée, signe du volume de dossiers reçus. «Nous avons 134 personnes qui ont été formées en 2024», souffle la porte-parole. 

Le public pourra avoir un premier aperçu du tram le samedi 2 mai, lors d'une journée portes ouvertes.

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