Yoann Provenzano se livre à cœur ouvert
«Depuis que mon épouse est enceinte, je chiale pour tout et n’importe quoi»

Yoann Provenzano vient de remporter le Prix de l’humour de la Société suisse des auteurs (SSA). En plus de ses spectacles, il anime le talk-show «Le perchoir» sur RTS Couleur 3, qui reviendra le 24 août, et a présenté l’émission «Tandem», disponible sur Play RTS.
Récemment primé par la Société suisse des auteurs, Yoann Provenzano affirme s'éclater artistiquement.
Photo: GABRIEL MONNET
Sandrine Spycher
Sandrine Spycher
L'Illustré

Quel est votre sentiment après avoir remporté le Prix de l’humour, qui récompense un humoriste confirmé au «rayonnement significatif»?
Cette reconnaissance fait plaisir, surtout de la part d’une institution telle que la SSA qui est confrontée à beaucoup de spectacles. Financièrement, c’est toujours chouette de recevoir une telle somme (ndlr: 10'000 francs). En plus, ça tombe bien, parce que ma femme est enceinte, donc on va pouvoir accueillir cet enfant avec un petit matelas rempli d’argent (rires).

Depuis quand faites-vous de l’humour?
Depuis toujours, mais c’est mon métier depuis 2016 et je monte sur scène depuis 2011.

Vous avez participé au Banane Comedy Club en 2012, remporté par Thomas Wiesel...
Par qui? (Clin d’œil)

Quel souvenir en gardez-vous?
C’était au Bourg et c’était vraiment bien. Une espèce de grande fête de l’humour, comme on n’avait pas l’habitude d’en faire en Suisse romande. Je me souviens d’avoir été très stressé parce que c’était l’une des premières fois que je montais sur scène, mais je suis arrivé jusqu’en finale contre Thomas et, rien que ça, c’était incroyable.

En voyant cet article paru dans «Le Régional» en 2013, le père de Yoann Provenzano s'est rendu compte que les vidéos humoristiques de son fils étaient prises au sérieux par les médias traditionnels.

Pensez-vous que votre enfant héritera de votre humour?
On dit toujours que le cordonnier est le plus mal chaussé... Je crois que j’ai envie de lui laisser choisir ses chaussures, à cet enfant.

Qui est l’humoriste qui vous fait le plus rire?
Nathanaël Rochat. J’admire sa capacité à faire des blagues simples et très efficaces, ça tient en six mots et c’est mégadrôle.

Quel est l’artiste, dans un autre domaine que l’humour, qui vous inspire?
Bad Bunny. Je trouve la manière dont il a développé sa carrière musicale très inspirante. Il vient de Porto Rico, une toute petite île qu’il fait rayonner. Je suis allé le voir en concert à Mexico pendant ma lune de miel et c’était génial. C’est un vrai showman, mais en même temps très humain.

Parlons de l’émission Tandem: comment avez-vous été approché pour en assurer la présentation?
Je connais bien les deux réalisateurs, Robin Chessex et Pablo Delpedro. Au printemps 2025, Robin m’appelle et me dit: «On a un projet avec Pablo, on va le soumettre à la RTS, mais je ne sais pas si ce sera accepté. Est-ce qu’on peut mettre ton nom comme animateur dans le dossier?» Personne ne se doutait que le projet allait passer, j’ai dit oui pour rendre service. Trois mois plus tard, il me rappelle pour me dire que la RTS avait pris le projet! J’ai fait totalement confiance à Robin et Pedro, je sais qu’on s’aligne assez bien artistiquement. Et j’ai bien fait parce que le tournage était super, le casting était génial, le concept du jeu est cool aussi. Je suis content qu’ils aient pensé à moi.

Le film préféré de Yoann Provenzano est «Once Upon a Time... in Hollywood». Il admire le jeu d'acteur, l'intrigue et la réalisation.

Quel est le sport qui vous fait le plus rire?
Bonne question... Le foot me fait pleurer. Je vis de grandes émotions grâce au foot. Petit, je voulais être footballeur professionnel et j’ai toujours un rapport au sport qui est assez dingue. Voir l’outsider gagner contre une grande équipe et les fans exploser de joie, c’est le genre de chose qui fait couler les larmes.

Justement, on a l’impression que les humoristes rient tout le temps; quelle est la dernière fois que vous avez pleuré?
Depuis que mon épouse est enceinte, je chiale pour tout et n’importe quoi. C’est fou comme ça me touche. Je pleure régulièrement sur le fait qu’on va être parents et que je peux sentir les coups de pied du bébé sur le ventre de ma femme. Et puis de me dire: «Waouh, c’est bientôt», quoi. J’en suis submergé d’émotions.

Le dernier livre que Yoann Provenzano a lu est «Yellowface», un roman de R. F. Kuang.

Que diriez-vous au petit Yoann qui était harcelé à l’école?
Cela ne va pas durer toujours. C’est compliqué maintenant, mais c’est aussi avec ça que tu vas te construire pour affronter la vie.

Que voulez-vous laisser comme message pour le Yoann du futur?
Cela ne va pas durer toujours. Parce que c’est vrai autant pour ce qui est dur que pour ce qui est positif. En ce moment, depuis que je sais que ma femme est enceinte, la vie est tellement bien: je reçois ce prix, je m’éclate artistiquement, je vais super bien. Mais je suis conscient qu’il faut soigner cela, il faut apprendre à chérir ce que l’on a.

Un article de «L'illustré» n°32

Cet article a été publié initialement dans le n°32 de «L'illustré», paru en kiosque le 06 août 2026.

Cet article a été publié initialement dans le n°32 de «L'illustré», paru en kiosque le 06 août 2026.

Articles les plus lus