Au fil des chapelles
Quinze balades entre terre et ciel d’un oratoire à l’autre

Lieux de calme et de recueillement, pauses fraîcheur le long du chemin, les chapelles sont des étapes idéales pour les randonneurs en quête d’histoire et de sérénité. Suivez le guide!
La petite chapelle dédiée à saint Martin au cœur des très romantiques gorges de Sainte-Vérène, à un jet de pierre de Soleure.
Photo: Thomas Senf
Jean de Preux
L'Illustré

Vaud

A la sortie du vallon des Vaux, la très ellipsoïdale chapelle de Chêne-Pâquier

Tout premier temple de véritable architecture réformée du Pays de Vaud qui privilégie la sobriété et la fonctionnalité, la chapelle de Chêne-Pâquier a été construite en 1667 déjà. Est-ce, comme le prétend la légende, une rivalité entre le maçon et le charpentier qui en est la cause? Toujours est-il que ce lieu de culte est de forme entièrement ellipsoïdale. Du coup, pas de différence entre le chœur et la nef, tous les regards convergent sur la chaire. Et de l’extérieur, l’édifice a un charme fou. 

Ce très beau site, on l’atteint au départ d’Yvonand pour, dès le spectaculaire viaduc de l’autoroute franchi, pénétrer dans les gorges du vallon des Vaux. Une montée le long du ruisseau du même nom et son affluent le Flonzel sous de hautes falaises de molasse, pour déboucher à travers les cultures sur le petit plateau de l’ancien bourg féodal de Saint-Martin-du-Chêne, pour poursuivre jusqu’au temple de Chêne-Pâquier. La randonnée emprunte ensuite le très beau pont de pierre du Covet jusqu’à Chavannes-le-Chêne, étape finale de l’escapade du jour.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare d’Yvonand. Une randonnée de 2 heures de marche en montée, le long du ruisseau des Vaux jusqu’au petit plateau de Saint-Martindu-Chêne, en passant ensuite par Chêne-Pâquier et son temple elliptique. La promenade se poursuit jusqu’à Chavannes-le-Chêne, d’où on peut prendre un car postal pour retourner à Yvonand. www.chene-paquier.ch

Photo: Mbarbey49 /Wikipedia Commons

Perdue au cœur d’un des plus célèbres giratoires autoroutiers de Suisse, la sentinelle des lépreux

Elle n’a certes pas été engloutie par la construction, en 1964, du plus grand giratoire autoroutier du pays, mais elle a en revanche été rendue presque invisible par cet aménagement. Qui connaît en effet encore l’existence de la chapelle de la Maladière, un édifice du XVe siècle coincé entre la route de Chavannes et l’entrée sud de l’autoroute? 

Vestige de la léproserie de Vidy, elle est le dernier signe tangible de cette terrible époque. Un petit sanctuaire qui servit ensuite de dépôt pour les instruments de supplice utilisés au gibet voisin de la Chamberonne. C’est là que le major Davel se recueillit avant son exécution. On peut partir à la découverte de cette chapelle gothique oubliée en empruntant, depuis la Sallaz, le chemin de Saint-Jacques qui, via l’Hermitage, la cathédrale puis l’esplanade de Montbenon, conduit jusqu’à Montoie pour rejoindre la Vallée de la Jeunesse et le fameux rond-point de la Maladière. On rejoint ensuite le bord du lac jusqu’à la Chamberonne.

Infos pratiques
Balade au départ de la station de métro de la Sallaz. Une randonnée de près de 2h15 de marche d’abord à travers le Lausanne moyenâgeux, en suivant le parcours fléché de la Via Jacobi par le parc de l’Hermitage, la cathédrale, puis l’esplanade de Montbenon, l’entrée du cimetière de Montoie, la Vallée de la Jeunesse jusqu’au rond-point de la Maladière et sa chapelle gothique pour finir par rejoindre la Chamberonne en longeant le lac. De là, retour en bus au centre-ville. www.lausanne.ch

Photo: Martine Dutruit

Berne

A travers les collines du Schwarzenburgerland à la découverte de la pyramidale Chäppeli

En 1989, avec la complicité de Moondog, Stephan Eicher remet au goût du jour une chanson populaire du XVIIe siècle, le Guggisberglied, qui conte l’amour impossible entre Vreneli et Hans-Joggeli. Le fulgurant succès de cette complainte va projeter Guggisberg, petit village bernois, sur la scène internationale. C’est de cette bourgade emblématique que débute notre balade du jour.

On se lance d’abord à l’assaut du très escarpé Guggershörnli qui surplombe le village pour redescendre ensuite à travers les vertes collines du Berner Mittelland jusqu’à Schwarzenburg. C’est au cœur de cette ancienne préfecture qu’en 1463 déjà fut construite une chapelle dédiée à Marie Madeleine. Affectueusement surnommé Chäppeli, l’édifice perdit, dès la Réforme, sa fonction première de culte. Son clocher fut transformé en une surprenante tour de guet pyramidale de 16 mètres de haut, recouverte de bardeaux, qui se dresse toujours fièrement dans le centre de Schwarzenburg.

Infos pratiques
Balade au départ de Guggisberg à 50 minutes de train et de bus de la gare de Berne. Une randonnée de plus de 2h15 de marche à travers les collines du Schwarzenburgerland via le tracé du chemin du panorama alpin. D’abord une courte mais sportive montée sur le Guggershörnli, puis une longue descente à travers bois et prairies jusqu’à Schwarzenburg et sa Chäppeli. De là, retour en train à la gare de Berne en moins de 40 minutes. www.schwarzenburg.ch

Photo: Reformierte Kirchen Bern-Jura-Solothurn

Fribourg

De la chartreuse de la Valsainte à la chapelle Saint-Garin par le Rio de l’Essert

On est dans la verte Gruyère, côté val de Charmey. Là où, au XIIIe siècle déjà, fut fondée la célèbre chartreuse de la Valsainte, la seule communauté de cet ordre toujours en activité en Suisse. L’ensemble conventuel contourné, le chemin suit d’abord le ruisseau de Tioleyre, enjambe le Javro par une passerelle en bois, avant de rejoindre la route située en contrebas du Rio de l’Essert. Une route qu’on va suivre jusqu’au lieu-dit La Scie avant de remonter jusqu’à l’alpage du Pré de l’Essert. 

Un lieu très fréquenté par les voyageurs qui se rendaient de Charmey au lac Noir. C’est là que les moines-armaillis de l’abbaye d’Hauterive, installés sur ces terres quelques siècles plus tôt, construisirent, courant du XVIe siècle, une chapelle dédiée à saint Garin, protecteur des animaux domestiques. Dans la foulée, des lustres durant, les paysans prirent l’habitude de rejoindre la chapelle, pour y faire bénir leur bétail.

Infos pratiques
Balade au départ du couvent de la Valsainte, à quelque 40 minutes en transports publics de Bulle, train jusqu’à Broc, puis bus jusqu’à la chartreuse. Une randonnée en boucle de plus de 2h30 de marche à travers bois et prairies à portée du Rio de l’Essert jusqu’au pré du même nom, son alpage et sa chapelle. Le retour sur la Valsainte se fait via les pâturages du Crau au Cerf pour retrouver, à la hauteur de la route de l’Essert, le chemin de l’aller jusqu’au couvent. www.val-de-charmey.ch

Photo: David Andrey / Wikipedia Commons

Au cœur de la Glâne et son florilège de verres colorés pour s’éviter les limbes

Elle est seule dans la verte plaine, juste sous la colline de Romont, entre Riau Sainte-Anne et Glâne, marque de reconnaissance d’un bourgeois romontois qui, pour remercier la mère de la Vierge Marie d’avoir sauvé son fils, décida, au XVIIe siècle, de lui dédier une chapelle. Un site auquel on prêta rapidement la réputation de faire revenir à la vie les enfants mort-nés, et donc non baptisés, leur évitant ainsi d’errer dans les limbes aux marges de l’enfer. Le mythe de la chapelle Sainte-Anne d’Arruffens était né.

Si l’on fait désormais halte à cet oratoire, c’est pour y admirer ses petits vitraux, première étape du Sentier du vitrail qui, de Romont, parcourt la Glâne. Je vous propose de poursuivre ensuite par Mézières, d’écourter le chemin en ralliant Mottex pour rejoindre la Fille-Dieu et les magnifiques vitraux de Brian Clarke avant, bien sûr, de grimper sur la colline pour une visite de la collégiale et du Vitromusée de Romont.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Romont. Une randonnée en boucle de 2h30 de marche à travers la Glâne et son Sentier du vitrail dûment balisé. Une virée qui passe par la chapelle Sainte-Anne, le village de Mézières au sortir duquel on bifurque à gauche sur Mottex, raccourcissant le circuit, pour rallier ensuite l’abbaye de la Fille-Dieu avant de grimper sur la colline romontoise. Après une visite de la cité médiévale, on rejoint la gare de Romont en contrebas. www.romontregion.ch

Photo: Laure Mussilier

Jura

Au Vorbourg et sa chapelle votive, haut lieu de l’unité historique du peuple jurassien

Elles sont à l’origine de simples tours destinées, sur les hauteurs de la Birse, à surveiller le passage des voyageurs qui empruntent l’ancienne voie romaine de Pierre-Pertuis. Mais, avec le temps, les chevaliers qui les occupent les transforment en châteaux, rebaptisés bien plus tard de Vorbourg. Si le supérieur n’est plus qu’une ruine, l’inférieur constitue, lui, la base de la chapelle du Vorbourg accolée à la tour carrée Saint-Anne et au rocher. Elle a été consacrée en 1049 déjà, et ses vitraux portent les armoiries des sept districts qui entourent celles du Jura. 

C’est dire l’attachement de la population jurassienne à ce lieu riche, de surcroît, de plus de 200 ex-voto, l’une des collections les plus remarquables de Suisse. Une curiosité à découvrir au départ de Delémont en empruntant la ViaJura. Depuis la gare, le chemin grimpe sur les hauts de la ville jusqu’au lieu-dit Le Mexique, pour gagner un très beau sentier d’abord bordé de chênes, puis à travers bois et prés jusqu’à la chapelle vénérée.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Delémont. Une randonnée en boucle d’à peine 2 heures de marche en suivant la ViaJura, section Delémont-Laufen, qui grimpe jusqu’à la chapelle du Vorbourg. Le retour se fait d’abord via la route du Vorbourg, puis direction Les Halwyl via le chemin escarpé qui surplombe la Birse jusqu’à la route de Bâle, pour rejoindre la ViaJura, section Delémont-Moutier, jusqu’à la gare de Delémont. www.vorbourg.ch

Photo: Association des Amis de Notre-Dame du Vorbourg

En mission dans les Franches-Montagnes sur la trace de la cloche du Kulturkampf

On est là au cœur des Franches-Montagnes. Depuis la petite gare de La Combe, le chemin file, mystérieux, entre larges sapins, prairies, étangs et marais jusqu’au Pré-Petitjean. Après l’ombre forestière, on est soudain en pleine lumière pour mieux grimper sur la crête de Montfaucon. Sa vaste église contournée, une pente douce nous conduit alors aux Enfers, le hameau suivant, qui n’a rien de diabolique, bien au contraire. Juste derrière son école, le chemin reprend légèrement de la hauteur pour rallier notre chapelle du jour, celle des Esserts. 

Un petit oratoire ouvert sur les prairies qui lui font face, construit en 1968 à l’issue d’une mission, période intensive de prière et de réflexion dans la paroisse. Une chapelle qui abrite une cloche historique, celle qui appelait au rassemblement les paroissiens du lieu restés fidèles au culte catholique en plein Kulturkampf. Une période qui vit notamment l’Etat bernois révoquer des dizaines de prêtres jurassiens.

Infos pratiques
Balade au départ de la petite gare de La Combe sur la ligne des Chemins de fer du Jura-Saignelégier-Glovelier. Une randonnée de près de 2h30 de marche via le Plain-de-Saigne, le Pré-Petitjean, montée vers Montfaucon pour redescendre sur les Enfers avant de grimper sur le haut des Esserts jusqu’à l’oratoire du même nom. Le retour se fait via les Enfers, Montfaucon jusqu’à la gare du Pré-Petitjean où le train vous attend. www.montfaucon.ch

Photo: Jonathan Vallat

Neuchâtel

De Cornaux à Combes en suivant les murets moussus

A peine descendu du train à Cornaux, on gagne le vignoble qui domine la plaine de la Thielle autrefois inondable, pour rallier le château de Jeanjaquet. Une route étroite bordée tout du long de charmants murets moussus qui va vous conduire ensuite au cœur du bourg de Cressier avant de grimper en direction du Creux des Raves. On entre alors sur les terres du Landeron et son hameau de Combes. C’est là, sur une petite colline, qu’à la fin du XVIIe siècle fut construite une double chapelle richement décorée, dédiée à sainte Anne et à Notre-Dame de Lorette. 

Il faut dire qu’on est sur l’unique entité du comté de Neuchâtel restée catholique. Sa tour-clocher munie autrefois d’une grosse lanterne faisait en quelque sorte office de phare pour les bateliers oscillant du lac de Bienne au lac de Neuchâtel. Le site visité, toujours en longeant les vignes, on redescend sur Le Landeron proprement dit, son débarcadère ouvrant sur le lac de Bienne et son incontournable partie médiévale.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Cornaux à 11 minutes en train de Neuchâtel. Une randonnée de 2 bonnes heures de marche avec quelques solides raidillons, le long du chemin du vignoble via Cressier, Combes et sa charmante chapelle avant de rallier Le Landeron. Comptez une bonne demi-heure de plus si vous faites un crochet par le débarcadère et le bourg médiéval. Le retour à Neuchâtel se fait en train depuis la gare du Landeron. www.landeron.ch

Photo: R.Hinkel

En longeant le lac des Taillères vers une chapelle d’appoint pour les jours de grand froid

Dans le Val-de-Travers, il n’était pas toujours évident de se rendre au culte en hiver par les jours de neige et de grand froid. Ainsi, au Bémont, l’un des hameaux de la commune de La Brévine, afin d’éviter aux paroissiens les plus âgés de devoir se rendre au temple du chef-lieu par des conditions extrêmes, on fit construire, courant du XVIIIe siècle, une chapelle d’appoint ouverte au culte 15 fois l’an. Un petit sanctuaire aujourd’hui très prisé pour les mariages que l’on rejoint au départ de La Brévine. 

Après avoir contourné le Crêt Michaud, le chemin file à travers forêts et pâturages jusqu’au fameux lac des Taillères qu’il longe par la gauche jusqu’à son extrémité, via le Bas de la Charrière avant de remonter vers les Cotards de Vent et le Coin du Bois. Le sentier redescend alors en direction des Placettes pour rejoindre Le Bémont et sa chapelle, petite certes, mais avec cloche et harmonium.

Infos pratiques
Balade au départ de la poste de La Brévine, à un peu plus d’une heure de transports publics de Neuchâtel. Une randonnée facile de près de 2h15 de marche entre bois et pâturages via les rives du lac des Taillères, côté forêt, le Bas de la Charrière, les Cotards de Vent, le Coin du Bois, les Placettes jusqu’au Bémont. Du hameau et sa chapelle, rentrée en car postal sur La Brévine en moins de 10 minutes. Les plus déterminés peuvent faire le retour à pied par le même chemin. www.labrevine.ch

Tessin

Un bijou de l’architecture romane lombarde au cœur du val Blenio

Courant du XIe siècle, les villes lombardes prennent peu à peu le contrôle sur le Tessin. Les communautés des vallées antérieures en profitent pour museler l’influence de la noblesse locale et s’arroger le droit de construction. C’est notamment le cas d’Acquarossa, dans le val Blenio, où l’on bâtit une chapelle d’abord dédiée à Sant’Ambrogio devenue ensuite une église consacrée à San Carlo. Idéalement placé sur un promontoire au milieu des prés qui dominent la commune, cet édifice demeure, plus de 800 ans plus tard, l’un des joyaux de l’architecture romane lombarde au Tessin. 

Une église ornée de surcroît de fresques remarquables réalisées entre le XIe et le XVe siècle. Un joyau que l’on rejoint en grimpant depuis Acquarossa par un cordon boisé en passant par Leontica pour revenir à plat en direction de San Carlo di Negrentino. C’est par une petite passerelle métallique qui enjambe le ruisseau de Prugiasco que l’on rejoint le splendide édifice.

Infos pratiques
Balade au départ d’Acquarossa à 40 minutes en train puis en bus de Bellinzone. Une randonnée en boucle de 2 heures de marche pour plus de 300 mètres de montée par Leontica jusqu’au promontoire de San Carlo di Negrentino. La descente se fait via Prugiasco sur l’autre rive du ruisseau du même nom jusqu’à Acquarossa. Pour pénétrer à l’intérieur de San Carlo, demander les clés au Ristorante Stazione d’Acquarossa. De là, retour sur Bellinzone en transports publics. www.acquarossa.ch

Photo: Alamy Stock Photo

Valais

Des terres épiscopales au bastion savoyard en enjambant la Morge

Au XIIIe siècle, le bourg qui surplombe Conthey est l’un des postes avancés de la puissance savoyarde, à la limite des terres de l’évêché de Sion qui s’arrêtaient au cours de la Morge voisine, cet affluent du Rhône qui prend sa source sur les hauteurs du Sanetsch. C’est à cette époque qu’est construite la chapelle Sainte-Pétronille, au cœur du bourg fortifié. Ce petit édifice, maintes fois transformé depuis, est un des derniers témoins de cette époque moyenâgeuse. 

A l’image des incursions des soldats des dizains du Haut-Valais qui, à de réitérées reprises, vinrent guerroyer en terre alors savoyarde, votre périple pacifique à l’assaut de Sainte-Pétronille débutera au cœur de Sion, pour gagner les hauteurs de Montorge et son petit lac magique. Après l’avoir longé, vous emprunterez le Chemin du vignoble en direction de Vuisse pour rejoindre les rives de la Morge. La rivière frontière traversée, toujours à travers les vignes, le chemin grimpera jusqu’à Sensine pour redescendre ensuite en direction du bourg de Conthey et sa fameuse chapelle.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Sion. Une randonnée de moins de 3 heures de marche, pour l’essentiel le long du Chemin du vignoble qui, des hauts de Montorge, conduit jusqu’à Sensine. A la première bifurcation sur la gauche après le hameau, le sentier descend sur le bourg de Conthey et la chapelle Sainte-Pétronille. De là, en 30 minutes de marche, vous rejoignez l’arrêt de bus de Pont-de-la-Morge qui vous conduira jusqu’à la gare de Sion. www.conthey.ch

Photo: Commune de Conthey

Vers la colline des Sept Douleurs en remontant le Rhône sauvage

«Le Rhône, c’est le grand cerf sauvage qui détale, qui se presse entre deux solitudes: Camargue et glacier», disait Maurice Chappaz. Ce fleuve sauvage qu’il aimait tant, resté en l’état à la hauteur du bois de Finges, sera votre décor une bonne partie de votre randonnée du jour. Une balade qui, du cœur de Sierre, va vous conduire, via le très beau lac de Géronde, jusqu’aux confins de la Cité du soleil pour longer le seul secteur du Rhône qui n’a jamais été canalisé. Une succession de bras, d’îles, de forêts alluviales qui va vous accompagner jusqu’aux vignes de Salquenen. 

De là, en suivant la trace du lézard vert qui colonise encore cet espace, vous gagnerez la principale colline du vignoble sur laquelle se dresse depuis le XVIIe siècle la chapelle des Sept Douleurs de Marie. Un merveilleux petit édifice baroque voûté avec son maître-autel et sa pietà centrale. Le site aurait d’ailleurs servi bien plus tôt de sanctuaire dédié à l’une des déesses celtiques.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Sierre. Une randonnée de plus de 2h15 de marche facile. Depuis la plaine Bellevue, le chemin file en direction du lac de Géronde, qu’il longe par le sud, pour gagner ensuite les jardins de la Bourgeoisie de Sierre jusqu’à l’embouchure de la Raspille et remonte le Rhône sauvage en rive droite pour rejoindre le vignoble de Salquenen et grimper jusqu’à la chapelle des Sept Douleurs de Marie. Retour à Sierre en train depuis Salquenen. www.salgesch.ch

Photo: Christian Pfammatter

Genève

De Genthod à Cornavin en passant par la chapelle des Cornillons

Elle a plus que de beaux restes, la rive droite genevoise du Léman qui, dès le XVIIIe siècle, va devenir le lieu de villégiature favori des riches Genevois. Il en est resté une succession de maisons de maître dont on devine encore largement l’opulence, à travers les hautes haies et les longs murs qui jalonnent le parcours qui, de la gare de Genthod, va vous conduire jusqu’à la rade par la Via Jacobi. Peu après la gare de Chambésy, notre chapelle du jour, celle des Cornillons. 

Un édifice Heimatstil très largement inspiré du Village suisse de l’Exposition nationale de 1896, construit cinq ans plus tard dans le but de structurer les enseignements religieux protestants sur la commune. Une chapelle qui, depuis treize ans, est à la disposition d’une communauté copte orthodoxe. De Chambésy, le chemin file via le château de Penthes, le Jardin botanique et les parcs Moynier et Mon Repos, jusqu’au quai du Mont-Blanc pour finir par rallier Cornavin.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Genthod à 10 minutes en train de Cornavin. Une randonnée de plus de 2 heures de marche facile le long de l’opulente rive droite du Léman sur terre genevoise par la Via Jacobi avec halte non loin de la gare de Chambésy, à la chapelle Heimatstil des Cornillons, qui abrite une fresque de Thierry Vernet. La suite passe par le château de Penthes, le Jardin botanique, les parcs Moynier et Mon Repos, le quai du Mont-Blanc jusqu’à la gare de Genève. www.pregny-chambesy.ch

Photo: Jérémy Toma /Wikipedia Commons

Entre Charmilles, Roulave et Allondon, vers une chapelle longtemps sans clocher

C’est là, au fond du vallon de l’Allondon, affluent du Rhône, qu’au Xe siècle déjà des moines installèrent un petit prieuré dédié à sainte Madeleine. Un modeste édifice transformé deux siècles plus tard en chapelle aujourd’hui propriété de l’Eglise protestante de Genève. Un sanctuaire qui dut attendre dix siècles – on est en 1938 – pour posséder enfin son propre clocher. Jusque-là, la cloche d’alerte se trouvait au centre du hameau de Malval qui domine le vallon. 

Une chapelle que l’on rejoint à l’issue d’une délicieuse promenade au départ de la gare de La Plaine qui longe d’abord le ruisseau des Charmilles, puis traverse le village de Dardagny pour arpenter son vignoble. De là, on s’enfonce dans les bois qui bordent le spectaculaire ruisseau du Roulave jusqu’à la hauteur de la route de l’Allondon. On entre alors dans la zone protégée du vallon, que l’on remonte durant quelques minutes en rive droite pour déboucher sur notre chapelle de Malval.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de La Plaine, à 25 minutes en train du centre de Genève. Une randonnée de 2h15 de marche à travers forêts, vignobles et plaine alluviale, via le village de Dardagny, puis le long du Roulave et le fond de l’Allondon jusqu’à la chapelle de Malval. A quelques minutes de là, le Centre Nature du vallon de l’Allondon. Retour à Genève d’abord en bus depuis Dardagny, Malval chapelle, jusqu’à La Plaine, puis en train jusqu’à Cornavin. www.dardagny.ch

Photo: Lucien Fortunati

Soleure

Du cœur de la plus française des villes suisses à l’ermitage de Saint-Martin

Plus de deux siècles et demi d’intense présence française ont durablement marqué la ville de Soleure, indéniablement la plus hexagonale des cités suisses. Vous vous en rendrez compte dès le début de votre randonnée du jour, ne serait-ce qu’en contournant la cathédrale Saint-Ours avant de filer en direction des très romantiques gorges de Sainte-Vérène. Une remontée du Chesselbach, bordé de singulières falaises, vers le lieu de vie du premier ermite qui s’y installa visiblement au XIIe siècle déjà. 

Devant la grotte d’origine, trois siècles plus tard, on a construit ensuite une petite chapelle dédiée à saint Martin ornée de remarquables fresques aux murs comme au plafond. A proximité immédiate, à même le rocher, la très mystérieuse chapelle de Sainte-Vérène, lieu de pèlerinage aujourd’hui encore. Le retour vers Soleure se fait d’abord via le chemin de méditation avec une halte à Kreuzen et sa chapelle gothique, avant de retrouver l’entrée de la gorge.

Infos pratiques
Balade au départ de la gare de Soleure. Une randonnée en boucle de moins de 2 heures de marche, d’abord à travers la très belle ville de Soleure, jusqu’à l’entrée des gorges de Sainte-Vérène, que l’on remonte jusqu’à la chapelle de Saint-Martin et celle de Sainte-Vérène qui lui fait face à même le rocher. Parcours balisé «Weissenstein-Passwang-Weg». Depuis Saint-Martin, le retour se fait via le chemin de méditation Kreuzen-Sankt Niklaus, jusqu’à la gare de Soleure. www.solothurn.ch

Photo: IMAGO/Sabine Gudath
Un article de «L'illustré» n°14

Cet article a été publié initialement dans le n°14 de «L'illustré», paru en kiosque le 02 avril 2026.

Cet article a été publié initialement dans le n°14 de «L'illustré», paru en kiosque le 02 avril 2026.

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