L'affaire des enfants roms sans abris privés d'école, qui dorment notamment dans des voitures à Lausanne, remonte jusqu'au Grand Conseil. A la suite d'un article de Blick fin janvier, le Service des écoles lausannoises a rétropédalé. Evoquant un «malentendu, il a assuré qu'il scolarisera les enfants originaire de Roumanie identifiés. Ce mardi 10 février, en séance, le député Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche) à posé une question orale à ce sujet.
«Que fait le Conseil d’État pour favoriser l’accès au logement et à la scolarisation de ces enfants sans domicile fixe?», a interrogé l'élu, qui estime que cette situation «contrevient gravement aux engagements pris par la Suisse dans le cadre de la Convention relative aux droits de l’enfant de l’ONU». Il a trouvé une réponse de Frédéric Borloz (PLR), chef du Département de l'enseignement et de la formation.
«Le Conseil d'Etat souhaite réaffirmer qu'il est particulièrement sensible à la situation de ces enfants», a entamé le ministre libéral-radical. Le Gouvernement distingue la question de l'hébergement de celle de la scolarité et rappelle que selon la loi, chaque enfant domicilié ou résidant dans le canton a le droit d'aller à l'école.
«Lorsque les enfants n'ont pas de domicile fixe, la mise en oeuvre de ce principe peut s'avérer particulièrement complexe», continue Frédéric Borloz. Identifier l'établissement scolaire concerné, organiser la communication entre l'école et la famille et mettre en place un programme pédagogique adapté: tels sont les enjeux soulignés par le Conseiller d'Etat, qui renvoie la plupart des responsabilités à la Commune – ici, Lausanne.
Enfin, Frédéric Borloz salue que le cas évoqué par Blick a «évolué positivement» et évoque un flou sur l'hébergement: «La direction générale de la cohésion sociale ignore tout des situations d'enfants qui vivent avec les parents en dehors des lieux d'hébergement d'urgence, notamment les parkings.» Une réponse qui n'a pas vraiment convaincu Hadrien Buclin, que Blick a interviewé.
Hadrien Buclin, au fond, rien de nouveau à signaler dans la réponse donnée par Frédéric Borloz à votre question sur la scolarisation des enfants sans domicile fixe?
Il reconnait lui-même qu'il est à l'aveugle sur ce sujet. Frédéric Borloz dit que ses services ignorent tout de ces enfants qui n'ont ni logement ni scolarisation. Ils sont restés passifs, dans l'attente d'une enquête des médias, que je salue. Il y a un contexte de crise du logement qu'il faut dénoncer. J'attends des services de l'Etat une approche plus active de détection des situations à risque.
Selon le Conseil d’Etat, il est difficile de scolariser des enfants sans domicile. Quelle solution voyez-vous pour améliorer la situation?
Les communes ont des travailleurs sociaux hors-mur, des services de santé et des associations qui passent auprès des personnes concernées. Ils doivent faire remonter les informations. Il ne s'agit pas de les traquer, mais de prendre contact, d'essayer de favoriser une insertion et une scolarisation. Donc j'attends de la direction de la cohésion sociale, en collaboration avec les communes et les services scolaires, d'être un peu plus actifs dans la détection précoce de ces situations.
Pour vous, le Canton et la Ville de Lausanne n'en font pas assez...
On peut en faire plus. Il y a des réponses à long terme: augmenter l'offre de logements à loyers abordables, subventionnés et sociaux. Et la réponse à court terme, c'est d'essayer de détecter les situations plus tôt, de mieux prendre en charge les personnes concernées.
Vous espérez une «vigilance particulière» sur cette question à l’avenir de la part du Département de Frédéric Borloz. Y croyez-vous?
Non, le Canton préfère se réfugier derrière le rôle des communes, qui sont plus actives. Via la police et les travailleurs sociaux, elles sont en première ligne pour observer ces situations sur le terrain. Cela mériterait de revenir sur la question, au moins par un postulat. On pourrait ainsi savoir combien d'enfants sont concernés.