Drame de Crans-Montana
«Le lieu n’a pas de sortie de secours… Ces gamins n’ont eu aucune chance»

Un incendie dévastateur au bar Le Constellation à Crans-Montana, ce 1er janvier, a fait plus de 40 morts et des centaines de blessés. Des témoins évoquent une scène de chaos total, avec des victimes prises au piège des flammes.
Photo: Getty Images
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Alessia BarbezatJournaliste Blick

Un choc indescriptible. «Une horreur», «un désastre». À Crans-Montana, l’heure est à la stupeur et la sidération ce matin du 1er janvier. Un quartier bouclé, impossible de s’approcher du lieu où s’est déroulé ce qui serait la pire tragédie de l’histoire de la station et du canton.

Les autorités valaisannes évoquent des dizaines de morts – plus de 40 selon une source – des centaines de blessés, dont certains très grièvement, pris au piège de l’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation.

A proximité des lieux du drame, une maman genevoise tremble, les yeux mouillés, son téléphone n’arrête pas de biper. «On cherche les deux filles d’une amie. On est sans nouvelles depuis hier soir. Je, je, je, ne sais plus, sanglote-t-elle.» Ses deux fils de 17 et 20 devaient passer la soirée au Constellation. «Au dernier moment, ils ont changé d’avis préférant rester à la maison. Je les ai encouragés à sortir… Heureusement qu’ils ne m’ont pas écoutée.»

Ce matin, elle a pu parler avec un homme présent sur le lieu du drame, un employé d’une école internationale de la station: «Il a entendu une explosion. Il s’est précipité. Il a décrit une scène de guerre, ce sont ses mots. Des cheveux, des visages et des mains brûlés, des scènes de réanimation. Il est choqué. Un chaos total.»

Léandre a prodigué les premiers soins aux victimes
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Drame de Crans-Montana:Léandre a prodigué les premiers soins aux victimes

«Le lieu n’a pas de sortie de secours»

Cette femme de confession juive redoutait un attentat. «Mais on a entendu à la radio que la thèse avait été écartée.» Son hypothèse relayée par ses fils habitués des lieux: «Pour servir des bouteilles de champagne, les serveuses avaient pour habitude de monter sur les épaules d’employés avec des bougies d’anniversaire. Le plafond a pris feu.»

Un peu plus loin, une italienne en larmes. Elle n’a qu’un mot à la bouche: «tragedia». Elle fait les cent pas, devant le café le Plaza. Devant, la route est barrée par des rubalises et des policiers. Ses deux fils n’ont pas été blessés mais ils sont sans nouvelles de connaissances. Elle refuse d’en dire plus submergée par l’émotion.

En face, une autre dame italophone fume une cigarette sur les marches d’un établissement fermé. Elle travaille pour une entreprise de nettoyage. Elle a été réveillée à 6h du matin par des journalistes qui ont frappé à sa porte. Sa collègue, présente à ses côtés, raconte avoir vu un jeune homme la main brûlée, hagard dans la rue.

Les deux femmes pestent. «Le lieu n’a pas de sortie de secours… Il est sur deux étages… Ces gamins n’ont eu aucune chance…»

Samuel soupait avec son amie quand l'incendie s'est déclaré
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Drame de Crans-Montana:Samuel soupait avec son amie quand l'incendie s'est déclaré
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