Jeudi soir, les proches des victimes de l'incendie du bar «Le Constellation» se sont rassemblés devant le parquet de Sion. Déception, indignation et colère unissaient la foule. Un appel à manifester avait été lancé sur les réseaux sociaux à 18h. La raison? Les propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti, étaient à nouveau auditionnés ce jour-là. Les proches des victimes comptaient les confronter à l'issue de l'interrogatoire. Or, celui-ci s'est terminé prématurément à 17h, et les Moretti étaient introuvables.
Des scènes tumultueuses avaient éclaté plus tôt ce jeudi devant le bâtiment du Ministère public. Des proches des victimes de l'incendie ont interpellé Jacques et Jessica Moretti. L'interrogatoire interrompu de Jacques Moretti a notamment provoqué la colère des proches de Trystan, un garçon de 17 ans victime de l'incendie.
Samhare Saleh, une amie de ce dernier, trouve étrange que l'interrogatoire ait été interrompu si tôt, avant la manifestation prévue. «Nous attendons des réponses. Nous verrons comment les choses évolueront», dit-elle
«Nous voulons que justice soit faite»
Démunis, les proches des victimes se sont finalement réunis à la cafétéria de l'HES-SO Valais-Wallis. «La justice doit agir maintenant pour les victimes et les blessés qui souffrent encore à l'hôpital», a déclaré une proche aux médias, ajoutant que sa confiance dans le système judiciaire suisse était rompue. «Les responsables de la mort de tant de jeunes doivent répondre de leurs actes!»
La famille d'une autre jeune victime de l'incendie est aussi présente. «Elle était au bar à 1h15 et à 1h30, elle était morte», raconte un proche. «Nous lui avons envoyé des messages, mais elle ne répondait pas. Tout le monde a essayé de l'appeler, mais elle était partie.»
Eux aussi exigent réparation: «Nous voulons que justice soit faite. Tout le monde est d'accord pour dire que le propriétaire du bar est responsable.» Le désespoir et la colère sont immenses. Un proche, indigné, fond en larmes et accuse Jacques Moretti: «Pourquoi prétend-il n'avoir rien fait? C'est lui le responsable!»