Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- Le numéro de la helpline pour les familles, victimes et témoins: 0848 112 117
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 40 morts, 119 blessés dont 71 Suisses
- Une photo révélée par BFMTV révèle que l'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille. L'enquête est toujours en cours.
- La majorité des victimes est traitée à l'hôpital de Sion, le CHUV et Zurich sont mobilisés pour le traitement des grands brûlés, les HUG ont aussi pris en charge les victimes.
Le propriétaire du «Constellation» s'exprime après l'incendie
Jacques (49 ans) et Jessica Moretti (40 ans), originaires de Corse ont repris le restaurant «Le Constellation» à Crans-Montana en 2015. Jacques Moretti s'est exprimé vendredi dans le journal «20 Minuten» : «Nous ne pouvons ni dormir ni manger, nous allons très mal».
« Nous ferons tout notre possible pour aider »
Ils coopèrent avec les autorités, explique le restaurateur à «20 Minuten». «Nous ferons tout notre possible pour aider à clarifier les causes. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Nos avocats sont également impliqués.»
La présomption d'innocence s'applique. Le ministère public valaisan a ouvert une enquête pénale. Comme l'ont annoncé les autorités valaisannes lors d'une conférence de presse vendredi après-midi, les exploitants du restaurant ont déjà été interrogés. La question de savoir si certaines personnes feront l'objet de poursuites pénales reste ouverte. Il est toutefois possible qu'une enquête pour homicide par négligence soit ouverte.
«Contrôlé trois fois en dix ans»
Jacques Moretti a également été contacté par «24 Heures» et la «Tribune de Genève». S'il refuse une interview, il a toutefois tenu à assurer à nos confrères que son établissement avait été contrôlé trois fois en dix ans et que tout était dans les normes.
Le conseiller d'Etat Stéphane Ganzer a rappelé en conférence de presse qu'aucun signalement concernant «Le Constellation» n'avait été adressé au canton. Dans le cas précis, l'Office cantonal du feu n'a jamais reçu de rapport de défectuosité ou de non-conformité sur le bâtiment abritant «Le Constellation».
50 blessés suisses seront évacués dans des cliniques spécialisées à l'étranger
Des Suisses se trouvent parmi les 50 personnes grièvement blessées dans l'incendie de Crans-Montana qui seront transportées d'ici dimanche dans des hôpitaux étrangers spécialisés. L'annonce a été faite vendredi soir par l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP). Dans un communiqué, l'OFPP indique que, dans un premier temps, les 119 blessés de l'incendie ont pu bénéficier de premiers soins dans des hôpitaux suisses, mais que les capacités des structures helvétiques ne suffisent pas pour un traitement à long terme.
Selon l'office, le nombre de personnes souffrant de graves brûlures est important et leur traitement durera probablement des mois.
Selon le communiqué, la Centrale nationale d'alarme et de gestion des événements (NEOC) coordonne les évacuations médicales en collaboration avec les hôpitaux. Ces derniers ont donc dû signaler les patients qui devaient être transférés et des vols sont ensuite organisés en fonction de la capacité d’accueil des hôpitaux spécialisés dans l’UE.
Critères médicaux
La répartition des blessés entre les places de traitements disponibles se fait selon des critères médicaux. L'OFPP indique que l'état et les différentes blessures des patients sont pris en compte.
Le transfert doit avoir lieu au plus tard dans les 48 heures, pendant lesquelles les patients sont encore suffisamment stables pour être transférés. «Il est important que les proches comprennent les critères appliqués et l'urgence de la situation, aussi difficile que cela puisse être pour eux», écrit l'OFPP.
Les autorités valaisannes ont déjà annoncé vendredi après-midi lors d'une conférence de presse que 50 patients seraient transférés d'ici dimanche dans des hôpitaux en Belgique, en France, en Allemagne et en Italie. Selon l'OFPP, des transferts vers des pays plus éloignés sont également «envisagés» au vu du nombre extrêmement élevé de grands brûlés. L'office précise que des capacités de transport aérien médical ont été mises à disposition par l’Allemagne, la France, le Luxembourg, la Roumanie et l’Italie.
Aucun signalement adressé à l'Office cantonal du feu
Les autorités cantonales valaisannes n'ont jamais été saisies d'un rapport de défectuosité à l'encontre du bar «Le Constellation» de Crans-Montana, a déclaré vendredi le conseiller d'Etat Stéphane Ganzer.
En Valais, la commune est responsable du contrôle périodique des bâtiments, a expliqué le ministre en charge de la sécurité devant la presse à Sion. Dans le cas précis, l'Office cantonal du feu n'a jamais reçu de rapport de défectuosité ou de non-conformité sur le bâtiment abritant «Le Constellation», a-t-il ajouté.
L'enquête de police devra déterminer la fréquence des contrôles et ce qui a été relevé. Stéphane Ganzer présage que les contrôles ont été effectués. Le canton n'a reçu aucun rapport de défectuosité ou de demande de soutien de la part de la commune qui laisserait entendre le contraire.
Sortie de secours
Le conseiller d'Etat a également souligné que le bâtiment était «évidemment» équipé d'une sortie de secours. «Il n'y a pas qu'une seule porte, même si, au moment de l'incendie, il semblerait que la plupart des gens soient sortis par l'entrée principale.»
«Avec la fumée qui plonge les personnes dans l'incapacité de se déplacer, de voir, et ensuite l'embrassement généralisé, on peut estimer que peu de personnes sans doute ont trouvé ces sorties», a-t-il expliqué.
Les drapeaux en berne en Suisse et dans le monde
Comme annoncé la veille par le président suisse Guy Parmelin, les drapeaux ont été mis en berne vendredi sur le Palais fédéral à Berne, pour une période de cinq jours, en signe de deuil après la catastrophe de Crans-Montana. Vaud et Fribourg ont fait de même.
Le conseiller fédéral Guy Parmelin a par ailleurs donné l'ordre de mettre les drapeaux en berne sur les bâtiments de toutes les ambassades suisses dans le monde, a indiqué le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard vendredi devant la presse.
Deuil et solidarité à travers la Suisse
A Fribourg, les drapeaux de l’Hôtel cantonal et de la Chancellerie ont été de même mis en berne pour cinq jours en signe de solidarité avec les victimes du drame de Crans-Montana et leurs familles. La décision s'inscrit dans la foulée de celle du Conseil fédéral.
Le Conseil d'Etat vaudois a pris la même décision et met en berne les drapeaux sur tout le territoire vaudois, en signe de deuil et de solidarité. Il invite les communes à rejoindre cette action, qui débute vendredi et durera pendant cinq jours.
Une équipe de médecins militaires français dépêchée à Crans-Montana
Une équipe de médecins militaires français a été dépêchée en Suisse pour une «mission d'évaluation des blessés brûlés en vue de leur évacuation», après l'incendie dans un bar de Crans-Montana qui a fait 119 blessés, dont onze seront soignés en France d'ici vendredi soir, selon le gouvernement français.
Cette équipe, composée d'un plasticien, d'un anesthésiste et d'une infirmière spécialisée ainsi que d'un médecin des pompiers, doit arriver sur place vendredi en début d'après-midi, a déclaré à l'AFP le ministère des Armées.
«Elle restera plusieurs jours pour soutenir le travail des autorités sanitaires suisses» et participera à l'évaluation des personnes brûlées «en vue de leur évacuation dans les structures compétentes selon l'état des lésions».
Drame de Crans-Montana: instruction pénale possible
La responsabilité pénale qui implique des personnes pourrait être examinée, selon les résultats de l'enquête, a déclaré vendredi la procureure général du Valais Béatrice Pilloud. Elles pourraient être poursuivies pour incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles par négligence.
«Selon les résultats de l'enquête et au fur et à mesure des mesures prises de l'instruction et de l'enquête, il y aura la possibilité ou non d'examiner s'il y a une responsabilité pénale qui implique des personnes», a déclaré Mme Pilloud devant la presse.
«Si tel est effectivement le cas, et si ces personnes sont encore en vie, l'instruction sera ouverte contre elles pour incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles par négligence», a-t-elle ajouté, précisant que plus de 30 personnes s'affairent actuellement pour permettre aux familles de savoir si leurs proches figurent parmi les victimes.
Dispositif de soutien et écoute psychologique mis en place
Un dispositif de soutien et écoute psychologique pour les personnes affectées a été mis en place par les communes de Crans-Montana et le CMS de Sierre.
Les consultations ont lieu ce vendredi jusqu'à 19h à Crans-Montana, puis de 10h à 18h dès ce samedi 3 janvier.
Les personnes qui en ressentent le besoin peuvent composer le numéro suivant: 0768349705.
La conférence de presse du CHUV a pris fin
Les équipes du CHUV reprennent leur travail
Les grands brûlés demandent beaucoup de soin
Les médecins du CHUV expliquent le déroulement de la prise en charge des grands brûlés: ils sont régulièrement lavés, leurs pansements changés au bloc. La peau peut parfois être à nouveau ouverte pour être traitée.
Le CHUV a précisé plus tôt que tous les blessés accueillis étaient des grands brûlés. Pour être considéré comme tel, il faut qu'au minimum 20% de la surface corporelle soit brûlée. La plupart sont brûlés à 60% ou plus.
Plusieurs pays ont offert leur aide: l'Italie, la France, la Belgique, la Roumanie...
Plusieurs pays ont proposé leur aide. Le CHUV a pour l'instant décliné l'offre, ayant suffisamment de moyens pour faire face à l'afflux.
Par contre, des équipes sont venues pour organiser le rapatriement des victimes. Ce qui est d'une grande aide, affirme l'Hôpital vaudois.
«On s'attend à des hospitalisations longues», affirme un médecin
Les patients ont inhalé beaucoup de fumée, informe un médecin. «On s'attend à des hospitalisations longues.»
Un grand brûlé demande beaucoup de soins, explique le CHUV. Il y a plusieurs personnes mobilisées dans la réanimation, aux soins intensifs une grande équipe de différents domaines est active, puis le bloc opératoire gravite avec 6-8 personnes. «C'est une énorme prise en charge, avec au total environ 60 personnes mobilisées pour le traitement d'une personne.»