Son épouse reste libre
Le gérant du «Constellation» placé en détention préventive

Jacques Moretti, le gérant du bar «Le Constellation», a été placé en détention préventive après l'incendie à Crans-Montana. Le Ministère public valaisan craint une fuite, tandis que sa femme reste libre.
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Le gérant du bar «Le Constellation» a été placé en détention provisoire ce vendredi après-midi.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Le Ministère public valaisan a décidé de placer le gérant du bar «Le Constellation» en détention préventive, à la suite de l'incendie du 1er janvier. La décision a été prise à la suite de l'audition de ce jour des époux, gérants du lieu. Sa femme reste libre.

Le patron du bar a été placé en détention après son audition qui aura duré près de six heures. Le Ministère public invoque un risque de fuite pour justifier cette mesure, selon une information de la procureure générale du canton du Valais, Beatrice Pilloud.

«Compte tenu des déclarations de M. Moretti, de son parcours de vie et de sa situation en Suisse et à l’étranger, le Ministère public a estimé que le risque de fuite était concret», précise-t-il dans un communiqué. «Concernant la gérante, vu son parcours et ses attaches personnelles, le Ministère public a estimé qu’une demande de mesures de substitution permettait de pallier le risque de fuite.»

Trois procureures présentes

Jacques et Jessica Moretti sont arrivés à l'office central du Ministère public valaisan, en compagnie de leurs trois avocats soit: Mes Yaël Hayat, Nicola Meier et Patrick Michod, vers 8h. Le couple français s'est présenté, escorté par la police cantonale valaisanne. Ils ont dû se frayer un chemin parmi les quelque 50 journalistes et photographes suisses, français et italiens présents.

Ressortie libre, Jessica Moretti s'est «excusée», au micro de plusieurs journalistes. «Mes pensées constantes vont vers les victimes. C’est une tragédie inimaginable et ça s’est passé dans notre établissement. Je peux m’excuser pour toutes les victimes et les personnes qui se battent encore aujourd’hui», a déclaré Jessica Moretti, visiblement très marquée, selon des images publiées sur le site de Léman Bleu. Ses avocats se sont refusés à tout commentaire.

Trois procureures ont mené les débats, dont Catherine Seppey (en charge de l'enquête) et la procureure générale du canton du Valais, Beatrice Pilloud, pourtant visée par de multiples appels à la démission. «L'audition du couple corse a tourné autour de leur situation personnelle», précise cette dernière à Keystone-ATS. Le couple s'est montré coopératif. Les questions liées proprement au drame seront éclaircies prochainement par la justice valaisanne. Plusieurs avocats de victimes ont pu assister à ces auditions et poser des questions.

En quête de réponses

«Il n’appartient pas à la partie plaignante de commenter les enjeux de détention préventive», a précisé, au terme de l'audience du jour, Me Romain Jordan, avocat de plusieurs familles de victimes, dans un communiqué. «La préoccupation principale des familles reste le risque de disparition de preuves ou d’influence néfaste sur les témoignages à recueillir, aussi bien auprès des prévenus et que des autorités ayant reconnu des manquements. Il appartient au Ministère public de mener sans tarder les investigations nécessaires afin d'y pallier.»

Depuis les premières heures du drame, «des dizaines d’auditions» ont déjà été menées par la Police cantonale valaisanne et/ou le Ministère public, rappelle la procureure générale, Beatrice Pilloud. Concernant le statut de partie civile demandé dans cette affaire par la commune de Crans-Montana, le Ministère public valaisan n'a pas tranché la question vendredi.

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