Après la polémique suscitée par le dessin «Les brûlés font du ski», le journal satirique Charlie Hebdo a publié un second dessin pour moquer la réaction de l'opinion publique suisse.
Cette nouvelle caricature publiée le lundi 12 janvier met en scène deux arbalétriers et les membres de la rédaction du journal décimés par leurs flèches, avec la mention: «A-t-on le droit de blasphémer avec les Suisses?»
Les deux arbalétriers font référence au couple de Sédunois ayant déposé une dénonciation pénale auprès du Ministère public valaisan contre la publication de la première caricature. «Le dessin du jour», publié vendredi, croquait deux skieurs, accompagnés de l'inscription «Les brûlés font du ski» et, plus bas, «La comédie de l'année», en référence au film comique de 1979 «Les Bronzés font du ski».
«Aucun intérêt»
Cette caricature diffusée le jour des obsèques nationales a choqué dans l'opinion publique valaisanne et suisse. A tel point qu'une dénonciation pénale contre Charlie Hebdo et l'auteur du dessin, Eric Salch, a été adressée à la procureure générale du canton du Valais, Beatrice Pilloud. Selon les co-auteurs de la dénonciation, l'avocat Stéphane Riand et l'autrice Béatrice Riand, la caricature tombe sous l'article 135 du Code pénal, qui définit les formes de représentations de la violence.
«Le dessin de Salch porte atteinte à la dignité des victimes. Il ne montre pas la violence subie pour la dénoncer, mais neutralise la violence subie par le rire», s'offusque le couple. Et d'ajouter que «la caricature ne présente aucun intérêt culturel, artistique, scientifique ou informatif prépondérant.»
«Nous demandons qu'une instruction pénale soit ouverte et qu'en cas de condamnation du Tribunal, qu'il soit prononcé une créance compensatrice, dont le produit sera affecté par l'Etat à toutes les victimes», concluent-ils.
Victimes «pas visées»
Interrogé lundi soir par la RTS dans Forum, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, affirme que le dessin ne vise pas les victimes mais «l'absurdité de cette tragédie.»
Il reconnaît que le curseur a été «poussé assez loin pour se moquer du tabou suprême», la mort et les graves blessures de ces jeunes. Il ajoute que l'humour noir ne doit «pas forcément être agréable» et pouvait «choquer».