Bruno Huggler, comment vivez-vous ces jours-ci personnellement?
Cet événement est omniprésent. On ne pense plus en termes d’heures ou de jours. Cela relativise beaucoup de choses, redéfinit les priorités, change la perception de ce qui est important. C’est très difficile pour tout le monde. Ce qui aide, c’est la solidarité. Se serrer les coudes, échanger.
Combien de visiteurs étaient à Crans-Montana?
Je le sais seulement en partie. Les hôtels ont une obligation de déclaration, nous disposons donc de données à ce sujet. Ce n’est pas le cas dans les résidences secondaires. Crans-Montana compte environ 2600 lits d’hôtel mais environ 12'000 résidences secondaires, soit un total d’environ 45'000 à 50'000 lits. On estime qu’entre 30'000 et 40'000 personnes se trouvaient dans la station.
Vous êtes père de deux filles adultes. Cela donne-t-il une dimension supplémentaire?
Oui, absolument. Mes filles ont 22 ans. L’une d’elles m’a immédiatement écrit pour me dire qu’elle n’était pas là. Elle travaille dans un hôtel à proximité et aurait pu théoriquement s’y trouver. Beaucoup d’entre nous auraient pu y être. Cela rend l’événement très proche et très réel.
Des événements ont-ils dû être annulés?
Très rapidement, des concerts et des événements prévus ont été annulés, dont le traditionnel concert du Nouvel An. La musique a été supprimée, les mises en scène évocatrices ont été réduites. Il s’agissait de s’adapter à la situation.
Des critiques ont reproché que la station «continue de fonctionner»...
Ces réactions existent. Certains se demandent pourquoi le site n’est pas fermé. Mais Crans-Montana n’est pas seulement une destination touristique, c’est toute une communauté. On ne peut pas mettre la vie complètement en pause. Il faut des perspectives, même si cela est parfois difficile à comprendre pour les personnes extérieures.
Quels sont les dégâts pour la destination Crans-Montana?
Impossible de le dire pour l’instant, que ce soit sur le plan économique ou en termes d’image. C’est un accident tragique qui restera gravé dans l’histoire de cette localité. Par respect pour les victimes et leurs proches, il est juste de s’en souvenir. En même temps, il faudra faire de la place pour autre chose, pour des choses positives. Cela fait aussi partie de la vie.
Cet article est issu de l'édition spéciale de «L'illustré» consacrée au drame de Crans-Montana, à retrouver en kiosque le jeudi 8 janvier 2026.
Cet article est issu de l'édition spéciale de «L'illustré» consacrée au drame de Crans-Montana, à retrouver en kiosque le jeudi 8 janvier 2026.