Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 41 morts, 115 blessés dont 70 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
«Elle veut rentrer»: le calvaire d'une Suissesse hospitalisée à l'étranger
Quatre-vingt-dix jours le terrible incendie de Crans-Montana, plusieurs victimes sont toujours hospitalisées, parmi lesquelles Anaïs, 19 ans, brûlée sur près de 70% de la surface du corps. Sa mère, Julie, est revenue mercredi au micro de la Matinale de la RTS sur le combat de sa fille. Après un passage par Berne, cette dernière été transférée à Hanovre, en Allemagne, pour y être soignée. «Médicalement parlant, elle est stable aujourd'hui, mais les deux mains ont été très brûlées, elle ne peut pas les utiliser.»
Depuis le drame, Julie a loué une chambre d’hôtel à proximité de l’hôpital pour rester auprès de sa fille. Mais l’éloignement de la Suisse, la barrière de la langue à l’hôpital et l’absence de soutien psychologique en français compliquent la situation. «Elle se se vraiment isolée. Au-delà des douleurs, au-delà du fait qu'elle réalise que sa vie ne sera pas comme elle l'avait voulu, elle se sent seule. Elle veut retrouver ses amis, sa famille, et rentrer.»
Depuis le 10 mars, son état est jugé suffisamment stable pour un transfert en Suisse. Pourtant, malgré plusieurs évocations par le CHUV d'un rapatriement «dans les prochains jours», rien n’a encore été mis en place. L'intervention prévue pour sa fille a par ailleurs dû être repoussée de plusieurs semaines en raison de cette incertitude. «Elle doit se faire amputer des phalanges de sa main gauche. Nous aurions préféré que cela se fasse en Suisse. Sans soutien psychologique en français, c’est très difficile.»
Interrogée par la RTS, la directrice générale du CHUV, Claire Charmet, admet que le manque de lits pour les grands brûlés et la nécessité de conserver des capacités pour les urgences ont retardé le transfert. Elle précise que des discussions sont en cours avec l’Hôpital universitaire de Zurich afin de trouver une solution.
«Même un lit devient insupportable»: une victime témoigne de sa vie d'après
Le chemin vers la guérison est toujours aussi long pour les victimes du drame de Crans-Montana. Sur Facebook, la Française Mélanie Van de Velde, 32 ans, partage régulièrement son quotidien. Dimanche, elle a publié un nouveau message.
«J’ai vu la mort. De très près. Assez pour croire que je n’allais pas m’en sortir. Et pourtant… je suis là. Pas intacte. Pas comme avant. Mais vivante», poursuit la rescapée, d'abord soignée à Zurich avant d'être transférée à Nantes. Elle raconte des nuits qui s'arrêtent à 5 heures du matin, tant la douleur est intense. «C’est finir en fauteuil parce que même un lit devient insupportable. C'est des pansements, tous les jours. Une peau qui brûle encore. Un corps qu’il faut réapprendre à habiter.»
Elle évoque aussi le port constant d’orthèses, qu’elle doit enfiler et retirer sans cesse, ainsi que deux masques de compression pour son visage. «Des dispositifs qui font partie de moi maintenant. De mon quotidien. De ma reconstruction.» A cela s’ajoutent de nombreux rendez-vous médicaux: physiothérapie, ergothérapie, orthopédie, suivi psychologique. Chaque jour, l'objectif est de faire de plus en plus de pas. «Pour certains, c'est banal. Pour moi, c’est immense.» Chaque pas est marqué par la douleur et l’épuisement.
Mais ce qui lui pèse le plus reste l’absence de sa fille, qu’elle n’a plus vue depuis le 12 février. «Depuis, il y eu le silence. L'absence. Le manque qui prend la gorge.» Elle conclut: «On peut soigner un corps. On peut accompagner une reconstruction. Mais on ne soigne pas une mère séparée de son enfant.» Les raisons de cette séparation ne sont pas précisées, même si la Française laisse entrevoir de possibles retrouvailles. «Au milieu de tout ce chaos… elle est ma force. Ma vision. Ma vie.»
«Je sens constamment une odeur de brûlé»
Près de trois mois après le drame du Nouvel-An à Crans-Montana, les témoignages des victimes continuent d'affluer. «C'était terrible. A l'intérieur, on entendait des cris, des appels à l'aide. L'odeur de brûlé... Une odeur qui me hante encore aujourd'hui», raconte un jeune homme de 18 ans, rescapé de l'incendie, au micro de la télévision RSI.
Selon lui, les couloirs bondés rendaient toute fuite impossible. «Quelqu’un est tombé devant moi, je suis tombé sur lui, et d’autres sont tombés sur nous», raconte-t-il. Le jeune homme a été sauvé par une personne qui l’a tiré de là, en le saisissant par la main.
Outre les blessures physiques, il y a aussi les dégâts psychologiques. La jeune victime bénéficie aujourd'hui d'un suivi. «On m'a diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique. Je sens constamment une odeur de brûlé. J’entends des sirènes, même s’il n’y en a pas», explique-t-il.
Une porte a été verrouillée moins d'une minute avant le début de l'incendie
D'après «24 heures», les rapports de police et les images de caméras de surveillance ont révélé un nouveau détail choquant sur l'incendie du «Constellation». A 1h26, moins d'une minute avant le début de l'incendie, un serveur a ouvert la porte au petit ami d'une collègue.
Ce dernier a alors tendu le bras en direction de la porte (hors du champ de caméra) et aurait baissé le verrou métallique de la porte. Quelques secondes plus tard, le feu s'est déclaré sur la mousse isolante du plafond du sous-sol. Grièvement blessé, l'homme ne se souvient pas s'il a verrouillé ou non la porte.
Jessica et Jacques Moretti ont toujours affirmé qu'il s'agissait d'une porte de service pour le personnel et qu'ils avaient donné explicitement l'instruction de ne jamais la fermer. A l'inverse, l'avocat du serveur a insisté auprès de «24 heures» sur le fait que toute instruction de verrouiller la porte devait provenir de la famille Moretti.
Jacques Moretti contredit le nombre de clients de son bar
Jacques Moretti riposte aux graves accusations portées contre lui. Le patron du «Constellation» fait référence aux récents articles concernant le nombre de clients autorisés dans son établissement. «Rien de tout cela n'est vrai, pas un seul chiffre n'est correct, lance-t-il au «20 Minuten». Ces informations doivent être rectifiées.»
La polémique a été déclenchée par un article de la «NZZ» . Selon cet article, 132 clients se trouvaient au sous-sol et 32 au rez-de-chaussée le soir de l'incendie. Or, l'établissement n'aurait été autorisé qu'à accueillir 100 personnes au sous-sol et 50 à l'étage. Un expert en sécurité incendie a également déclaré qu'avec une seule sortie, l'établissement aurait dû fermer ses portes « même avec 50 clients ». Jacques Moretti réfute catégoriquement ces allégations: «Tout est faux!»
Il existe effectivement des incohérences dans les chiffres officiels. Selon les documents judiciaires, le parquet dispose d'un rapport de sécurité de la municipalité datant de juin 2019. Bien que ce document ne figure pas directement dans le dossier pénal, il est mentionné à plusieurs reprises par les enquêteurs et par un inspecteur de la sécurité incendie interrogé.
L'aide versée aux 156 victimes de Crans-Montana sera soumise à l'impôt
La contribution de solidarité de 50'000 francs versée par la Confédération aux 156 familles des victimes de Crans-Montana sera soumise à l'impôt. En effet, le Parlement a choisi de ne pas adopter de règle spéciale pour cette contribution, a expliqué le Département fédéral des Finances à 20 Minutes.
C'est donc aux autorités cantonales de régler cette question avec les familles concernées. Interrogée par 20 Minutes, l'administration fiscale cantonale de Genève précise que l'impôt sur cette aide financière pourrait être de 1300 francs pour les bénéficiaires majeurs, ou de 400 francs pour les familles monoparentales et les parents d'un enfant ayant moins de 18 ans.
Recours rejeté: Crans-Montana ne sera pas partie civile
Le Tribunal cantonal valaisan a rejeté le recours de la commune de Crans-Montana, qui souhaitait se porter partie civile dans l'affaire du drame survenu la nuit de Nouvel an. Le Ministère public avait déjà refusé ce statut à la commune le 27 janvier.
La Chambre pénale du Tribunal cantonal du Valais a pris cette décision par un arrêt daté de lundi, indique-t-elle mardi dans un communiqué. La commune avait déposé son recours le 5 février, est-il rappelé.
Entre-temps, le président de Crans-Montana Nicolas Féraud a été inculpé le 5 mars dans l'affaire du drame du bar «Le Constellation» qui avait fait 41 morts et 115 blessés.
Source: ATS
Une rescapée témoigne
Eleonora P., a survécu de justesse à l'incendie qui a ravagé «Le Constellation». Mais l'Italienne de 29 ans souffre encore de graves blessures, comme elle l'a raconté à la chaîne TG1. «Je ne peux pas plier les doigts, car les cicatrices tirent», explique-t-elle.
Les températures qui régnaient dans le bar en flammes auraient littéralement fait fondre sa peau. «A partir de là, c’est de l'instinct: soit tu vis, soit tu meurs, raconte la jeune femme. J’étais convaincue que j’allais mourir.» Une fois sortie du bar, elle a d'abord dû reprendre ses esprits. « Je n'oublierai jamais l'image des flammes qui jaillissent.»
La journaliste demande finalement à la jeune femme si elle éprouve de la colère envers le couple de gérants, Jacques et Jessica Moretti, et ce qu’elle leur dirait si elle les rencontrait. «J’aimerais parler de la négligence avec laquelle ils ont géré leur établissement, ce qui a mis en danger les personnes qui le fréquentaient depuis si longtemps. Il est inutile d’éprouver de la colère, car la colère ne fait pas du bien à un corps qui a besoin de guérir. J'essaie de rester sereine et de penser à mon avenir, et je laisse à ceux qui doivent mener l'enquête le soin de rendre justice. »
De nouvelles accusations portées contre le «fils adoptif» de Jacques Moretti
Une nouvelle plainte a été déposée dans le cadre de l’incendie meurtrier la nuit du Nouvel-An à Crans-Montana. Xavier Thévenot, père de la plus jeune victime de la catastrophe, a porté plainte contre Jean-Marc G., l'homme présenté comme «le fils adoptif» de Jacques Moretti, rapporte le «Tages-Anzeiger».
La plainte porte sur le rôle qu’il aurait joué dans le bar «Le Constellation» au moment du drame. Selon un agent de sécurité, Jessica Moretti, Cyane Panine et Jean-Marc G. auraient décidé ensemble de verrouiller toutes les issues, ne laissant ouverte que l’entrée donnant sur la véranda. Leur objectif aurait été d’empêcher toute personne d’entrer ou de sortir du bar sans payer.
L’agent de sécurité conteste en outre les propos de Jean-Marc G., qui aurait affirmé ne pas avoir occupé de fonction officielle ce soir-là. Selon lui, l’intéressé travaillait bel et bien dans l’établissement. «Il se trouvait lui aussi à l’entrée de la véranda, contrôlait les entrées et s’occupait des recettes de la caisse», relève le «Tages-Anzeiger » en se référant à la plainte. Des images vidéo analysées par la police cantonale valaisanne confirmeraient ces éléments.
Il a vécu l'horreur avec son fils: un père raconte
L’incendie de Crans-Montana a bouleversé toute la Suisse, et bien au-delà. De nombreuses familles ont dû enterrer leurs enfants ou les accompagner durant leur longue convalescence. Dans le podcast «Nous autres» de la RTS, un père qui a vécu l’incendie du «Constellation» témoigne. Philippe a retrouvé son fils Charles, âgé de 15 ans, dans le bar où l’adolescent fêtait le passage à la nouvelle année avec ses amis.
Tous deux étaient présents lorsque des cierges magiques accrochés à des bouteilles de champagne ont engendré le dramatique incendie. Père et fils ont été grièvement blessés ce soir-là. Philippe, dentiste de profession, a été brûlé à la tête et aux mains. «Aujourd'hui, il m'est impossible de retravailler», confie-t-il dans le podcast.
Le sort de Charles a été encore plus tragique. Le garçon a dû être intubé pendant deux mois et subir 20 opérations. «Il a perdu huit doigts», raconte Philippe. Mais le plus dévastateur, ce sont les séquelles psychologiques que l'incendie a laissées sur Charles. Des huit amis avec lesquels il avait prévu de fêter le Nouvel An, il est le seul survivant. «Il est déprimé et a des pensées suicidaires», confie son père. Tous deux veulent désormais se reconstruire ensemble, du mieux qu'ils le peuvent.
Le Parlement valaisan veut revoir les contrôles incendie
Trois mois après le drame, le Grand Conseil valaisan a tacitement accepté, jeudi 12 mars, deux postulats demandant une réforme de la périodicité des contrôles incendie dans le canton, rapporte «Le Temps».
Le texte, signé par les huit formations du Parlement, réclame une distinction claire entre établissements «sensibles», soumis à un contrôle annuel, et lieux «non sensibles», pour lesquels les inspections pourraient être espacées. L’objectif est de concentrer les moyens disponibles sur les lieux présentant les risques les plus importants, explique le journal. Aujourd’hui, l’ordonnance cantonale exige que des contrôles annuels soient effectués dans tous les établissements accueillant du public. Ce qui en fait la législation la plus stricte de Suisse, mais «tout indique qu’elle n’est pas appliquée», souligne «Le Temps».
Le ministre de la Sécurité Stéphane Ganzer a annoncé qu'une nouvelle ordonnance devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2027. Le parlement a par ailleurs voté un crédit de 10 millions de francs pour les victimes.
Le DJ du «Constellation» aurait payé son héroïsme de sa vie
Les vidéos de surveillance du bar «Le Constellation» offrent de nouveaux éclairages sur le tragique incendie du 1er janvier 2026. Un groupe d’enquêteurs a analysé ces séquences et rédigé un rapport dont «Le Parisien» a obtenu une copie. Les vidéos semblent prouver que deux hommes sont intervenus de façon héroïque avant de le payer de leur vie.
Le responsable de la sécurité, Stefan I., et le DJ Matéo L., auraient réagi immédiatement après le début de l'incendie. Quelques secondes seulement après l'embrasement du plafond, les deux hommes se seraient activés pour tenter de sauver les clients du bar. Le DJ serait tout de suite parti chercher un extincteur tandis que le responsable de la sécurité aurait ordonné à la foule de quitter les lieux à coups de grands gestes.
Les vidéos montreraient ensuite les flammes se propager à une vitesse fulgurante dans les minutes qui suivent. La panique s’empare alors des convives, qui tentent tous désespérément de fuir. Le DJ et le videur ne survivront pas.
Selon «Le Parisien», les enregistrements cessent deux minutes après le début de l'incendie. Juste avant la fin de la vidéo, Jessica Moretti apparaît sur la terrasse du bar, rapporte le média français. On la verrait apparemment quitter l’établissement aux côtés d'autres clients, avec ce qui semble être un téléphone à la main. En revanche, elle ne serait pas partie avec la caisse du bar, contrairement à ce qu'affirmait la presse italienne.