Après le fiasco
Seconde chance pour la pisciculture d'Estavayer-le-Lac

Après un investissement de 3,56 millions de francs pour sa réhabilitation, la pisciculture d'Estavayer-le-Lac (FR) s'apprête à rouvrir. La nouvelle installation vise à préserver la biodiversité des poissons des lacs suisses.
Les députés avaient accepté en juin 2024 un crédit de 3,56 millions de francs pour la réhabilitation de l'installation.
Photo: Keystone
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ATS Agence télégraphique suisse

La pisciculture d'Estavayer-le-Lac (FR) s'apprête à connaître un deuxième démarrage, après la débâcle à plusieurs millions subie à la suite de sa première inauguration en 2016. La cérémonie de remise d'un ouvrage, qui n'a jamais fonctionné jusqu'ici, se tiendra le 29 juin.

La nouvelle étape vient conclure l'assainissement du site staviacois, a fait savoir le Service des bâtiments dans la présentation de l'événement à venir. Elle marque par ailleurs «la mise à disposition d'un outil dédié à la préservation et au renouvellement de la population de poissons dans nos lacs».

Les députés avaient accepté en juin 2024 un crédit de 3,56 millions de francs pour la réhabilitation de l'installation, après un très vif débat. De quoi rappeler celui de 2020 qui avait conduit à l'instauration d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur une pisciculture inaugurée en 2016 pour 2,4 millions.

«Fiasco»

L'infrastructure n'avait toutefois jamais fonctionné, en raison de défauts. C'est pourquoi le Conseil d'Etat avait voulu à un moment donné arrêter les frais, en parlant lui-même de «fiasco». Son idée consistait à collaborer avec la pisciculture intercantonale de Colombier (NE), «à des coûts incomparablement inférieurs».

Au-delà, pour revenir à la relance de l'installation, les premiers essais ont eu lieu en mars 2025 avec le brochet, a indiqué mardi La Liberté. Des phases tests concernant les truites lacustres et les deux espèces de corégones endémiques du lac de Neuchâtel (palée et bondelle) doivent se dérouler entre la fin 2026 et le printemps 2027.

Le fonctionnement complet est prévu en mars 2027, selon la Direction de l'agriculture et des forêts (DIAF) ainsi que celle du développement territorial, des infrastructures et de l'environnement (DIME). Les tests d'alevinage ont nécessité des étapes successives indispensables pour préparer la production des différentes espèces.

Collaboration

«La pisciculture est une installation peu commune», a indiqué au quotidien Aurélie Brulhart Haenni, responsable de l'information à la DIAF, des propos confirmés à Keystone-ATS. «En raison de son caractère prototypique et des réglages, des adaptations de planning sont usuelles», a-t-elle ajouté pour motiver le retard d'un an.

Le démarrage des infrastructures doit se faire progressivement, par espèce et par cycle de production. «Cette approche est indispensable dans une nouvelle installation, car certaines adaptations techniques ne peuvent être identifiées qu'en fonctionnement réel», a expliqué encore Aurélie Brulhart Haenni.

«Le repeuplement peut soutenir certaines espèces, mais ne remplace pas les milieux fonctionnels», a averti la responsable de la communication au sein de la direction du conseiller d'Etat Didier Castella. «La pisciculture est un outil de gestion parmi d'autres, et non une solution miracle», a-t-elle insisté.

La coopération avec la pisciculture de Colombier, de l'autre côté du lac de Neuchâtel, va en outre se poursuivre, notamment pour garantir la sécurité de production. «Cette collaboration est particulièrement pertinente durant la phase de montée en puissance de la nouvelle pisciculture», a ajouté Aurélie Brulhart Haenni.

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