Pascal Broulis commence à tendre son propre parti, rapporte ce jeudi «Le Temps». En cause: le silence de l'ancien conseiller d'Etat PLR sur l'affaire du bouclier fiscal. Pour rappel, une enquête du «Temps» sortie en avril 2025 révélait que durant treize ans, lorsque Pascal Broulis était en charge des Finances, le Canton n'avait pas respecté sa loi en sous-taxant des riches contribuables. Conséquences: des pertes publiques estimées entre 500 millions et un milliard de francs.
L'actuel conseiller aux Etats s'est, depuis, muré dans le silence, comme le révèle l'enquête de Blick. Une stratégie qui passe mal aujourd'hui, d'autant plus que «Le Temps» a révélé ce 11 février qu'il aurait pu être informé des irrégularités bien avant ce qu'il soutenait jusqu'ici.
«Il doit parler»
«Je suis vraiment fâché! Son silence est incompréhensible», déplore un élu PLR au Grand Conseil, qui plaide pour la transparence. «Il doit vraiment parler», abonde un collègue, qui se dit «fatigué» par son silence. Un mutisme qui nourrit la «suspicion» et «entache» l'image du parti.
Même la présidente du PLR vaudois, Florence Bettschart-Narbel, se montre critique: «A un moment, il faudra que Pascal Broulis parle.» Elle nuance toutefois, estimant que c'est à lui «de choisir quand» s'exprimer. Elle prend aussi sa défense, soulignant qu'il peut être complexe de se souvenir précisément de certaines séances des années plus tard. Le député libéral-radical Philippe Miauton choisit lui aussi le camp de la modération, estimant qu'il est «compliqué» pour l'ex-conseiller d'Etat de s’exprimer alors qu’une procédure pénale est en cours.
A noter que le Grand Conseil a refusé d'instaurer pour l'instant une commission d’enquête parlementaire. La mise en place d'une investigation supplémentaire à l'enquête pénale du Conseil d'Etat n'est néanmoins pas exclue.