Les CFF ont travaillé d'arrache-pied lundi pour réparer les 40 câbles qui se sont embrasés dimanche soir à la suite du probable lancer d'un engin pyrotechnique à la gare de Lausanne. «Un travail énorme», ont-ils expliqué, déplorant un «acte de vandalisme et d'inconscience». Le dispositif de remplacement des trains sera reconduit mardi.
La restriction du trafic ferroviaire devrait durer au moins jusqu'à mercredi à 4h00 du matin, ont annoncé les CFF lundi en fin de journée sur leur site. Les voyageurs entre Lausanne et Renens et inversement utilisent les bus de remplacement. Deux trains par heure et par direction circulent également entre les deux villes. Le nombre de liaisons devrait progressivement augmenter.
En matinée, David Fattebert, directeur régional des CFF pour la Suisse romande, avait annoncé à la presse conviée à la gare de Lausanne ne pouvoir faire de pronostic précis pour le rétablissement de la ligne». Abrités sous deux tentes, entre dix et quinze collaborateurs se relaient pour réparer patiemment les câbles endommagés.
Quarante d'entre eux, contenant chacun des dizaines de fils, ont brûlé. Au total, cela correspond à environ mille fils qu'il faut reconnecter, a détaillé le responsable. «On ne peut le faire au hasard. Etant donné qu'une partie importante a brûlé, nos collègues doivent réaliser deux connexions par fil, soit 2000», a-t-il précisé.
«Leur bon fonctionnement doit ensuite être testé. Cela concerne la sécurité, on ne peut se permettre de le faire à la va-vite», a-t-il expliqué. Les travaux se poursuivront donc mardi également.
De retour du match
David Fattebert est revenu sur les circonstances qui ont conduit à cette paralysie partielle du trafic ferroviaire. Dimanche, vers 20h20, un train a quitté la gare direction Genève avec à bord environ 750 supporters du FC Servette qui rentraient après le derby opposant leur équipe au Lausanne-Sport.
Quelques minutes plus tard, vers 20h45, un incendie s'est déclaré sur des passages de câbles de la gare de Lausanne en direction de Renens. Ces manchons, installés normalement sous terre, se trouvaient près de la voie 1, hors des caniveaux, en raison de travaux.
Les services de secours sont rapidement intervenus, mais les CFF ont perdu l'entier du contrôle sur les installations de sécurité du tronçon Lausanne-Renens, notamment les signaux et les aiguillages, a admis le responsable, précisant qu'il n'existe pas de redondance pour ces câbles pour des raisons de sécurité.
Etat-major de crise
Le trafic a été interrompu. «La priorité a été de rapatrier la clientèle du dimanche soir à destination», a poursuivi le directeur. Un état-major de crise a été mis en place pendant la nuit et un «travail énorme» accompli.
Quelque 90'000 passagers fréquentant chaque jour la ligne, l'objectif était de remettre un train toutes les demi-heures entre Lausanne et Renens. La sécurité est assurée à 100% par le personnel. Trente bus ont été mobilisés en parallèle.
«Ce matin à l'heure de pointe, le dispositif a bien fonctionné», a assuré M. Fattebert. Il n'y a pas eu de gros bouchons au niveau de la clientèle. La Protection civile vaudoise a notamment mis de ressources humaines à disposition pour guider les clients.»
Acte de vandalisme
Concernant les causes de l'incendie, tout porte à croire que l'engin pyrotechnique a été lancé depuis le train, un modèle ancien utilisé pour les supporters et dont les fenêtres peuvent s'ouvrir, a rapporté M. Fattebert. L'engin a été retrouvé sur la voie près de l'endroit où les câbles ont pris feu. D'autres auraient d'ailleurs été tirés à l'intérieur du convoi.
«Il s'agit d'un acte de vandalisme et d'inconscience vraiment regrettable», a souligné M. Fattebert. Un dépôt de plainte est en cours. La police scientifique s'est rendue sur les lieux.
«Cela fait longtemps que les CFF alarment sur le comportement inadéquat des supporters transportés par trains spéciaux. C'est au législateur de prendre enfin les choses en main», a-t-il ajouté, regrettant que les dépôts de plainte ne débouchent que rarement sur des sanctions. Quant aux coûts, «il est encore trop tôt pour les évaluer», a indiqué le responsable.
Le Servette FC a condamné de son côté «avec la plus grande fermeté» ces agissements. Selon lui, cet acte serait «isolé». Le club souhaite que le responsable soit identifié et réponde de ses actes devant la justice.