Beat Jans s’attaque à l’initiative des 10 millions. Il y voit une menace pour la prospérité et les soins. L'initiative UDC qui veut limiter la Suisse à 10 millions d'habitants menace la prospérité, les soins et les institutions sociales, estime le conseiller fédéral Beat Jans. Elle ajouterait des incertitudes dans un monde incertain, a déclaré samedi le socialiste devant ses camarades de parti à Bienne.
Beat Jans a comparé l'initiative à une image qui circule sur la toile. Elle montre un cycliste qui met un bâton dans les rayons de sa roue et tombe. Le conseiller fédéral y pense souvent lorsqu'il fait du vélo. Le bâton sous la forme d'une Suisse limitée à 10 millions d'habitants est déjà prêt selon lui.
«Cette initiative ne résout aucun problème, elle en crée», a poursuivi le ministre du Département fédéral de la justice et de la police. Plafonner le nombre d'habitants ne résoudrait pas les embouteillages, ne rendrait pas les logements moins chers et ne libérerait pas de places dans les trains.
Situation géopolitique incertaine
Tout le monde serait au contraire moins bien loti sans la libre circulation des personnes, l'accès au marché intérieur de l'UE et les mesures d'accompagnement en matière de protection des salaires.
La crédibilité de la Suisse serait compromise sans accords internationaux, selon le conseiller fédéral. De plus, l'immigration est nécessaire au bon fonctionnement du pays. Sans immigration, le ministre prédit l'effondrement du système hospitalier. Il manquerait 460'000 employés à temps plein d'ici dix ans, a détaillé Beat Jans.
Le Bâlois a aussi évoqué la situation géopolitique incertaine, considérant que le monde était «en plein chaos, sens dessus dessous». A ses yeux, les expériences politiques sont donc la dernière chose dont la Suisse a besoin.