Quatre ans après le drame
Un rassemblement célèbre la mémoire de Nzoy à Lausanne

Quelque 300 personnes selon les forces de l'ordre, 800 selon les organisateurs, se sont rassemblées samedi à Lausanne pour les 4 ans de la mort de Nzoy, ce Zurichois décédé des tirs de la police à la gare de Morges (VD). L'événement se voulait festif et rassembleur.
Publié: 30.08.2025 à 20:20 heures
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Dernière mise à jour: 30.08.2025 à 20:24 heures
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300 personnes selon les forces de l'ordre, 800 selon les organisateurs, se sont rassemblées samedi à Lausanne pour commémorer Nzoy.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Entre 300 personnes, selon la police, et 800, d’après les organisateurs, se sont réunies samedi à Lausanne pour marquer les quatre ans de la mort de Nzoy, un Zurichois tué par des tirs policiers à la gare de Morges. 

Pas moins de cinq concerts étaient prévus de 16h à 21h sur la Place du Château à Lausanne. Les artistes se produisaient sur une estrade dressée devant trois portraits de Nzoy et à côté d'un panneau proclamant «Justice pour Nzoy». Des prises de parole des différents collectifs contre les violences policières devaient avoir lieu entre les prestations.

Un événement représentatif de Nzoy

«Une manifestation traditionnelle avait eu lieu lors des autres anniversaires de la mort de Nzoy. Cette année, en accord avec sa famille, nous avons voulu mettre sur pied un événement rassembleur et représentatif de Nzoy, qui jouait de la musique et avait une personnalité joyeuse et motivante», a déclaré Sasha, l'une des organisatrices à Keystone-ATS.

«Par rapport à Marvin, il était également important de donner de la place aux jeunes», a-t-elle ajouté en référence à l'adolescent de 17 ans, décédé au guidon d'un scooter, alors qu'il tentait d'échapper à la police dimanche dernier dans le quartier de Prélaz. Une marche blanche en son honneur, réunissant 900 personnes, a eu lieu plus tôt dans la journée. «Des membres de son groupe de musique donneront un concert dans la soirée», a-t-elle encore précisé.

Vers 19h, l'événement se déroulait dans le calme. Dans le public, des panneaux proclamaient entre autres «Black lives matter» et «Aucune solidarité, aucune pitié avec les criminels policiers». Une manifestation pour Nzoy se déroulait en parallèle à Zurich.

Une enquête classée puis réouverte

L'affaire de Roger Nzoy Wilhelm, dit «Nzoy», un Zurichois de 37 ans d'origine sud-africaine, tombé le 30 août 2021 sous les balles d'un agent sur un quai de la gare de Morges, a connu plusieurs rebondissements ces derniers mois.

En novembre 2024, le Ministère public avait décidé son classement, estimant que le policier auteur du tir mortel avait agi en légitime défense. L'avocat de la famille de la victime avait cependant saisi le Tribunal cantonal vaudois, qui a décidé en mai dernier de la réouverture de l'enquête.

La thèse de la légitime défense remise en question

Lundi dernier, un rapport réalisé par l'agence de recherche et d'investigation Border Forensics, en collaboration avec la commission indépendante sur la mort de Nzoy est venu contredire la thèse de la légitime défense des policiers.

En effet, selon une analyse vidéo combinée à des reconstructions en 3D, les mains de Nzoy étaient ouvertes avant les deux premiers coups de feu, rendant «hautement improbable» le fait qu'il ait pu tenir un couteau. En outre, selon une analyse spatiale en 2D reconstituant les pas de Nzoy et de l'agent qui lui a tiré dessus, il semble que Nzoy cherchait à fuir plutôt qu'à attaquer le policier.

«La légitime défense présuppose une attaque imminente ou en cours. Si Nzoy a fui, il n'y a pas de légitime défense», avait déclaré l'avocat de sa famille, Me Ludovic Tirelli lors de la présentation du rapport aux médias.

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